DE l’anteciirist
Le septième âge, enfin, s’inaugurera par le règne de l’Antéchrist, et durera jusqu’au jugement général qui n’aura lieu qu’à la fin du monde. On l’appelle à bon droit l’âge de la désolation, œtns desolationis, parce qu’alors il y aura chez les peuples chrétiens défection totale de la foi ; que la plus terrible des persécutions sévira contre l’Eglise, et que « l’abomination de la désolation » prédite par le prophète Daniel, et annoncée si positivement de nouveau par Noire- Seigneur, s’accomplira dans tout lieu saint.
Mais ces malheurs seront suivis de la conversion des Juifs et de toutes les nations infidèles,
• d’une nouvelle ère de bonheur et de piété dont ' il n’est pas possible d’assigner, même approximativement, la durée, et que clora l’apparition au ciel du redoutable signe du Fils de l’homme venant juger les vivants et les morts.
Au sujet de la détermination de ces âges, nous devons faire remarquer ici qu'un grand nombre des commentateurs, dont nous avons parlé au commencement de ce chapitre, diffèrent de sentiment avec les auteurs de la Bible de Vence et le vénérable Holzhauser. Comme ces derniers, ils placent bien le commencement du cinquième âge à l’avénement de Léon X et à la naissance
FIN DU SIXIÈME AGE DE e’ÉGLISE 157
de l'hérésie prolestante. Mais ils le font durer jusqu’à l’apparition de l’Antéchrist. Alors, selon eux, le sixième inauguré par le règne de cet exécrable tyran, durerait jusqu’au jugement général ; et le septième ne serait autre que l’éternité, bienheureuse pour les élus et malheureuse pour les réprouvés-
S’il nous était permis d’émettre ici notre sentiment, nous adopterions de préférence la première division. Elle nous paraît plus simple et plus naturelle. Il nous semble que l’éternité, n’ayant point de bornes et n’appartenant point par conséquent aux choses passagères du monde terrestre, ne pouvait être l’im des âges de l’Eglise militante^ mais seulement la magnifique récomfpense, mcrces magna iiimis, de celte même Eglise lorsqu’elle sera tout entière triomphante.
Quoiqu’il en soit de la légitimité de ces deux méthodes,, et quelle que soit celle que l’on préfère, notre proposition ou plutôt la conjecture fortement prononcée, que nous avons émise en tête de ce chapitre, n’en reçoit aucune atteinte. Dans le premier cas, nous sommes au milieu et peut être vers la fin du sixième âge, lequel précède la venue de l’Antéchrist; et dans le second cas, nous avons déjà vu passer près de trois
cent cinquante années du cinquième âge, c’està-dire incontestablement la plus grande partie ; et il se termine de même à l’avénement o du fils de la perdition (1). »