LA VIE DE JÉSC8-CHRIST
que communément l’on entend par ces mots la promesse solennelle de l’assistance continue du Saint-Esprit; mais aussi, d’après les Pères et les docteurs, on a remarqué que la parole féconde des saintes Ecritures avait ordinairement plusieurs sens ’ également admissibles.
Pourquoi donc ce dernier texte ne signifierait-il pas encore : Ma vie va se reproduire en vous et se continuera en mon Eglise jusqu’à la consommation des siècles ?
Omettons, pour ne pas être long, d’aulres passages du nouveau Testament qui pourraient prouver la même proposition. S’il est donc plus que probable que la vie terrestre du Christ prophétisait celle de son église, comme plusieurs saints personnages de l’ancienne alliance figuraient à l’avance cet aimable Sauveur, nous devons en retrouver la plupart des circonstances dans l’histoire des années qu’a déjà vécues je Catholicisme.
La naissance si pauvre de l’Enfant-Dieu à Bethléèm, l’effusion de son sang dans la Circoncision, le massacre des Innocents à son sujet, sa fuite en Egypte se trouvent parfaitement retracés dans le premier âge de l’Eglise, qui se compose des trois premiers siècles, pendant lesquels
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elle eut tant à souffrir des tyrans païens, alors que ses fidèles enfants étaient emprisonnés, mis à mort, ou obligés de fuir dans les déserts, de se cacher dans les catacombes, de déguiser leur culte, leur foi, jusqu’au nom même de leurs familles.
De retour à Nazareth, Jésus y mène une existence humble, laborieuse et pauvre jusqu’à l’âge de trente ans. Il ne soulève qu’une seule fois le voile dont il s’y couvre : ce fut lorsque, âgé d’une douzaine d'années, il vint seul au temple et y étonna, par sa science et sa sagesse, les plus vieux docteurs de la synagogue. L’Evangile n’emploie que deux ou trois mots pour nous raconter la vie cachée de Jésus : « Il était soumis à ses parents, il croissait en âge et en vertu devant Dieu et devant les hommes (1). »
Nous voyons clairement prédit ici le second âge de l’Eglise, sa florissante jeunesse, qui a duré depuis la cessation des persécutions du paganisme, procurée par Constantin, vers l’an 320, jusqu’au religieux règne de Charlemagne. Pendant cette longue période de près de* cinq cents années, l’Eglise grandissait, pénétrait doucement chez les nations idolâtres, les enrôlait sous sa brillante bannière et les gagnait au serti) Evang. selon saint Luc, cb. ii, t. 61 etS2.