‹ De l'Antechrist, recherches et considérations sur sa personne, son règne, l'époque de son arrivée et les annonces qu'en font les événements actuelsChapitre 50 sur 66 · LA VIE DE JÉSCS- CHRIST · texte numérisé non relu

LA VIE DE JÉSCS- CHRIST

vice de Jésus-Christ, son divin maître. Rien de plus beau que le spectacle de ses progrès ! Voyez comme elle s’empare habilement de ces peuplades sauvages du Nord qui accourent se jeter sur l’empire romain et bientôt le renversent ! Comme elle sait les assouplir et les soumettre insensiblement au joug suave, mais sévère de l’Evangile! La foi, qui déjà domine dans l’Asie-Mineure, l’Egypte, l’Italie et la plus grande partie des Espagnes et des Gaules, porte rapidement son céleste flambeau dans l’Afrique, la Germanie, les îles Britanniques, la Hongrie, la Pologne et les provinces méridionales de la Moscovie. La doctrine chrétienne, en même temps, se précise et s’affermit par les décisions des conciles et les savantes explications des docteurs, à qui ^ l’on donne le nom vénérable de Pèm, parce qu’ils engendrent à la vie spirituelle du Christ les âmes d’élite qui se laissent attirer et séduire par la douce éloquence de leurs écrits et de leurs discours, aussi bien que par l’autorité de leurs vertus sacerdotales.

A l’âge de trente ans, le Sauveur se manifeste au monde, puissant en paroles et en œuvres, pendant trois années, qu’on appelle le temps de sa vie publique : troisième phase de l’histoire

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de l’Eglise. Sa puissance, jusque-là restreinte, militante et latente pour ainsi dire, prend, à dater de Charlemagne, un développement immense. Le pouvoir public lui est dévolu; elle domine la société européenne qui, sous son influence, se constitue catholiquement. La religion opère alors vraiment des prodiges de sainteté, de science, de charité. Elle devient la règle unique des individus, des familles, des gouvernements, L’Europe entière se soumet à son enseignement ; et, directrice souveraine des peuples civilisés ; elle les arme, elle les lance contre les Sarrazins et les Turcs, ces barbares du moyenâge, qui menaçaient de la détruire. De même donc que pendant le court espace de sa vie publique le Fils de Dieu s’était montré le maître et l’arbitre des éléments, de la maladie, de la santé, de la mort ; ainsi pendant l’époque ecclésiastique dont nous parlons, l’Eglise qu’il avait fondée se montra la' dominatrice absolue des esprits et des cœurs, des familles et des Etats. Les nations, en foule, ‘écoutaient sa doctrine et suivaient ses commandements, comme autrefois les habitants de la Judée et des pays voisins accouraient de toutes parts, se précipitant sur

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les pas de Jésus jiour profiter de ses miracles et de ses discours.

Mais, après trois années de bienfaits et de gloire, ses ennemis se saisissent de sa pérsonne vénérable, l’enchaînent comme un malfaiteur, l’accablent d’ignominie, le condamnent à mort et l’attachent à la croix, sur laquelle il expire. Tel encore a été le sort du catholicisme. Après qu’il eut gouverné le monde sans contrôle jusqu’au milieu du xvi” siècle et fondé la société moderne avec ses lumières, sa civilisation et ses mœurs, il s’élève tout à coup des clameurs ennemies contre sa discipline et ses dogmes. A la voix de Luther et de Calvin, la défection lui enlève une partie de la Grande-Bretagne, des peuples allemands et Scandinaves. Néanmoins l’Italie, la France et l’Espagne lui demeurent encore fidèles. Mais malheureusement cette fidélité finit par succomber à l’épreuve ; et, vers le commencement du xviii® siècle, l’impiété, inoculée à toute l’Europe par le protestantisme, s’y glisse d’abord timidement par les livres et les écoles; et puis, fière de son succès inespéré, elle jette son masque hypocrite et marche ouvertement à la perversion des âmes. Ses ravages deviennent si rapides que, cinquante ou soixante ans plus

tard, l’Eglise se voit calomniée, outragée, attaquée de toutes parts, avec une malice et une •rage jusqu’id sans exemple dans sonhistoira.

Autant qu’il a été en leur pouvoir, ses implacables ennemis l’ont enchaînée, emprisonnée,

livrée au mépris de la populace ; et comme il y a déjà quelque temps de cela, nous pouvons dire que nous avons vu se renouveler pour elle les scènes de la montagne des Oliviers, ce premier théâtre de la passion du Sauveur.

Maintenant nous venons d’arriver au second.

L’Eglise, en effet, a comparu, en la personne de son chef, par-devant le Sanhédrin des princes et des nations, par-devant le prétoire des gouverneurs et des diplomates. Et voyez ce qu’on lui fait souffrir ? Manque-t-il quelque chose à son tourment ? La trahison de Judas, les dérisions des scribes et des pharisiens, les sentences d’Anne et de Caïphe, les soufflets et les crachats de la soldatesque, les moqueries d’Hérode, le lavement des mains de Pilate, le dépouillement et la flagellation, le couronnement d’épines et le portement de la croix, tout ce qu’endura le Fils de Dieu devant les tribunaux et dans les rues de Jérusalem ne se reproduit-il point actuellement sur la personne de son véné-

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