OBSERVATION V
(Due à l'obligeance de M. le professeur Tédenat)
Rétrécissement de l’urètre consécutif à une blennorrhagie. — Urines purulentes. — Accès de fièvre à chaque cathétérisme. — Salol et quinine. — Urétrotomie interne. — Guérison.
Maurice P..., âgé de 42 ans, bien constitué, sans antécédents morbides de famille ou personnels autres que les suivants : blennorrhagie à 18 ans qui n'a jamais été guérie ; le malade n’a jamais fait d'injections ; il a pris de grandes quantités de copahu, de cubèbe et de santal.
Depuis 1879, mictions fréquentes (douze, quinze fois en vingt-quatre heures), et autant la nuit que le jour, et avec efforts. Au bout de trois ans, rétention d'urine qui nécessita pendant trois jours des bains tièdes ; une bougie fine fut laissée à demeure pendant deux jours, des frissons survinrent. Depuis cette époque, le malade urine avec difficulté, il souffre au bas ventre ; l'urine contient une notable quantité de pus.
En 1888 (février), épididymite gauche ; appétit généralement mauvais, le malade est devenu frileux. Une dizaine de fois, à des intervalles variables, des cathétérismes ont été pratiqués avec des bougies fines : chaque fois, ils ont déterminé des frissons violents suivis de sueurs. Une fois, arthrite aiguë du genou traitée avec succès par l’enveloppement ouaté
LRQ compressif durant trois semaines. Depuis le mois de mars 1889, le malade n'a plus voulu se laisser sonder par crainte des accès de fièvre.
Il urine très souvent, péniblement, toutes les heures environ. Son urine contient du pus en abondance. |
1° mai. — M. Tédenat conseille : salol, 4 grammes, sulf. quinine, o gr. $o par jour en cachets ; un purgatif huileux tous les huit jours ; régime lacté ; lotions tièdes, deux fois par jour, suivies d’une friction sèche.
1$.— Grande amélioration ; mictions un peu moins fréquentes; urines presque claires ; état général meilleur.
16. — Lavages de la vessie au moyen des canules de Lavaux ; bougie fine introduite difficilement. Un rétrécissement n. 14 existait à la région pénienne, un rétrécissement 8 à la région bulbaire.
18. — Bougie très bien supportée. Urétrotomie interne avec l'instrument de Maisonneuve. Sonde trouée aux deux bouts n. 17. Lavages de la vessie avec 3 litres de solution créolinée tiède.
20. — Au matin, sonde enlevée. Le malade n'a eu ni frissons, ni ascension thermique, ni suintement sanguin.
26.— Pas de fièvre depuis l'opération. Urine claire; état général bon. Le malade urine toutes les trois ou quatre heures avec un jet assez large et sans douleurs. On passe pour la première fois des Béniqué 40- 42-45.
29. — Très bien. Le 49 Béniqué passe. Urine claire émise toutes les quatre heures environ le jour, une fois la nuit.
OBSERVATION VI (Due à l’obligeance de M. le professeur Tédenat)
Rétrécissement étroit de l’urètre, compliqué de cystite. — Accès de fièvre après cathétérismes supprimés par l’usage du salol. — Dilatation. — Guérison
Louis V..., âgé de $7 ans, fortement constitué, a eu plusieurs attaques de rhumatisme subaigu articulaire aux genoux. Blennorhagie à l'âge de 20 ans, passée à l’état chronique. Rétrécissement très étroit traité par l’urétrotomie interne, en 1873, par Courty.
Le malade n'a pas passé de bougies depuis 1874 ; le rétrécissement s'est peu à peu reproduit.
PEphes
En 1888, mictions fréquentes, pénibles ; plusieurs essais de cathétérisme, suivis chaque fois de frissons violents.
Le $ juin 1889, rétention complète de l'urine pendant deux jours. M. Tédenat conseille des bains de siège très chauds, de grands lavements tièdes, trois cachets par jour, contenant chacun o gr. $o de salol, o gr. 20 de sulfate de quinine. Ponction capillaire le 6 au soir.
Le 7 juin, à midi, injection d'eau tiède créolinée dans l'urètre antérieur.
Après injection d'huile créolinée, une bougie armée est introduite, à partir de midi et demi; l'urine coule goutte à goutte ; la bougie est supportée sans gêne, sans frissons, sans fièvre jusqu’au 10 juin. À partir de ce moment, la dilatation progressive se fait sans accidents ; le 20 juin, l'urine est claire, la miction a lieu toutes les 8 heures (bougie n«1$) ; le 30 juin 1889, la bougie n. 31 de la filière Charrière passe facilement.
Mai 1890. — Le malade passe tous les 8 jours le n. 21 ; il n'éprouve aucun trouble fonctionnel du côté de l'appareil urinaire ; l'urine ne contient pas de pus.