‹ De L'Antisepsie Pulmonaire Par la voie rectale Chez les PhtisiquesChapitre 14 sur 16 · OUR · texte numérisé non relu

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La diarrhée persiste les jours suivants ; elle est réfractaire à toute médication. La malade, s’affaiblissant progressivement, traîne une dizaine de jours au bout desquels survient la terminaison fatale.

Observation II

(Communiquée par M. le docteur Pignol).

Mr Leb..., 28 ans. Pas d’antécédents héréditaires nets. La maladie actuelle remonte à peu près à deux ans. Elle a commencé à se manifester après une fausse couche qui s’est accompagnée de troubles généraux graves et de troubles mentaux qui ont nécessité l’internement.

Etat presque cachectique. Râles abondants aux deux sommets. Fièvre. Sueurs. Nombreux bacilles dans les crachats. Urines rares, pauvres en urée et en phosphate.

21 mars 4894. — Néanmoins, comme il y a encore un peu de rèsistance, je conseille des injections hypodermiques de gaïacol à petites doses (0.10 par jour). Les premières injections bien supportées, à part une légère sueur, amènent une amélioration légère. Je tente de l’augmenter à 25 cent., réaction violente, frissons, sueurs, etc. Je reviens à la dose primitive qui cette fois est mal supportée: ne voulant pas laisser la malade sans traitement, j'essaie des lavements à 0.20 pour 50 gr. d'huile ; ils déterminent les mêmes réactions. J'essaie alors des suppositoires à

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0.15, à 0.10, à 0.05 cent. de gaïacol pour 3 gr. de beurre de cacao. Même à la dernière dose ils ne sont pas supportés, et leur introduction assez douloureuse, est suivie au bout d'une demie heure des mêmes accidents de réaction. Mort le 6 juillet 1897.

Cette observation semble démontrer que l’absorption rectale est aussi rapide que l'absorption sous-cutanée, et que les antiseptiques qui ne sont pas tolérés quand on les administre par une voie, ne le sont pas davantage quand on change de méthode.

Observation III

(Communiquée par M. le D' Pignol)

Mie P..., 17 ans, nous consulte pour la première fois le 27 août 1897.

Au point äe vue héréditaire nous notons une paralysie agitante en évolution chez le père; la malade a une sœur plus jeune qu’elle et très bien portante.

Pas de phtisiques dans la famille.

Les antécédents pathologiques sont nuls. Réglée à 15 ans.

La maladie actuelle aurait débuté il y a 2 ans (?) par une bronchite.

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Actuellement, nous constatons ce qui suit :

La malade est maigre, elle paraît fatiguée, tousse beaucoup, transpire la nuit et a maigri considérablement.

Le percussion donne de la matité sous les deux clavicules. À droite, il y a de l’expiration prolongée et de l’inspiration rude ; à gauche du retentissement de la toux et des craquements.

Bacilles de Koch dans l’expectoration. Urines à peu près normales. Teneur faible en urée (ia malade ne s’alimente pas). Légère augmentation des phosphates.

Appétit nul. Pas de diarrhée. Foie normal à la percussion et à la palpation.

Traitement : Hygiène générale, fenêtres ouvertes, régime alimentaire approprié, frictions sèches matin et soir. |

Solution de biphosphate de chaux.

Lavements quotidiens contenant 0,20 centigr. de gaïacol pour 50 gr. d'huile d'olives.

Ces lavements sont très bien tolérés. Je revois la malade plusieurs fois par mois et je fais augmenter la dose de gaïacol, qui passe progressivement de 0.20 à 4 gr. par jour. sans amener d'accidents locaux.

Amélioration notable de l'étal général ; retour de l’appétit et des forces. La malade a gagné 2 kilog., (Janvier 1898).

Le traitement s’est continué sans interruption jusqu’à présent, sauf pendant les périodes menstruelles, et a toujours été bien supporté.

Actuellement, (10 décembre 1898), l’état de la malade est le suivant:

Au point de vue général, amélioration manifeste. Elle est gaie, alerte, dort bien, mange bien, digère parfaitement. Il n'y a plus de sueurs. De temps en temps, il y a des poussées congestives, coïncidant avec l’époque menstruelle : deux fois en août et en octobre 1898, il y a de légères hémoptysies qui d’ailleurs n’ontamené aucun trou: ble de l’état général. Localement, le sommet droit respire parfaitement et on n'y entend aucun bruit anormal. A gauche, le foyer de craquements persiste sous la clavicule, mais il ne s’est pas étendu.

Observation IV

(Revillet)

L. D... 27 ans. Pas d’antécédents héréditaires. Estomac très dilaté. En août 1890, hémoptysies assez abondantes, qui se renouvellent mi-septembre.

Depuis cette époque, toux sèche, persistante. Perte d’appétit. Sueurs nocturnes. Amaigrissement et déperdition des forces. Vient à Cannes en décembre 1890. À ce moment, submatité dans la fosse sus-épineuse droite avec atrophie notable des muscles de la région. Au même point respiration rude, prolongée et saccadée, râles assez fins et secs aux deux temps, de la respiration. Résonnance

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exagérée de la toux, de la voix. Exagération des vibrations thoraciques.

En avant du même côté, saccades respiratoires. Rien au poumon gauche. Peu d'expéctoration. Bacilles.Quelques jours après son arrivée, le malade est vu en consultation par M, le Professeur Bouchard; celui-ci constate l'existence des signes énumérés plus haut et confirme le diagnostic. Le malade pèse, en ce moment, 57 kilog.

Le traitement des lavements créosotés est commencé immédiatement. On débute par 1 gr. 50 centig. par jour, puis les doses sont portées à 3 gr. 50 centig. par jour. Les. urines deviennent noires et le malade a le goût de créosote dans la bouche après chaque lavement. Il prend environ 100 gr. de créosote par mois. En mars 1891 M. le Professeur Bouchard revoit le malade avec moi et constate l'état suivant : disparition complète de la matité, des saccades respiratoires et des râles.

Le murmure respiratoire est redevenu normal en avant et en arrière. Les vibrations thoraciques ne sont plus exagérées. La toux et l’expectoration ont cessé. Pas de bacilles. Les sueurs nocturnes ont cessé. Appétit meilleur. Retour des forces. Le malade pèse 62 kilogrammes 500 grammes.

Il a donc pris 5 kilogr. 500.

M. le professeur Bouchard considère le malade comme étant en état de guérison apparente.

Observation V

(Révillet).

Louis M..., 39 ans. agent de change. Père mort diabétique. Fièvre typhoïde, il y a six ans. Tousse depuis cette époque. À eu des hémoptysies répétées et abondantes. Estomac dilaté. Malade très amaigri. Fièvre, sueurs nocturnes. Diarrhée fréquente.

Début du traitement en novembre 1890. À ce moment je constate l'existence d’une énorme caverne qui occupe toute l'étendue de l'omoplate gauche. A ce niveau matité et perte d’élasticité: Respiration amphorique. Voix et toux caverneuses. Pectoriloquie aphone.Gargouillements à timbre presque métallique. En avant sous la clavicule du même côté, gros râles humides aux deux temps de la respiration. À droite submatité et obscurité respiratoire dans la fosse sus-Gpineuse ; au dessous, dans toute l'étendue du poumon, sonorité exagérée avec respiration humée. Expectoration purulente, excessivement abondante, au moins un litre de pus, dans les 24 heures. Le malade.a de véritables vomiques qui gènent le sommeil et - qui surviennent dès qu’il baisse un peu la têle : le pus s'écoule alors presque sans toux et sans effort. Pas d'albumine dans les urines. Le malade prend en moyenne et régulièrement 3 gr. 50 cent. de créosote par jour, qui est parfaitement tolérée. Ses urines deviennent noires.

Au bout de quinze jours, la diarrhée, la fièvre, les sueurs nocturnes disparaissent. L'expertoration diminue rapidement, et l’état général s'améliore.

Actuellement en avril 1894, disparition complète des vomissements, crachats rares, muqueux, aérés. Persistance du souffle amphorique et des autres signes de caverne, mais ils s'entendent dans une étendue bien moindre.

Les gargouillements sont rempacés par des râles humides de moyen volume.

-L'appétit est revenu avec le sommeil. Pas de diarrhée, ni de fièvre. Le malade a pris 4 kil. 200 gr.

Les forces reviennent et il marche longtemps sans essoufflement.

Observation VI

(Révillet.)

Jeanne B..., 17 ans. Père mort tuberculenx à 35 ans, malade depuis deux ans, a craché plusieurs fois et crache assez souvent du sang. Matité sous la clavicule gauche avec expiration soufflante et prolongée, retentissement de la voix et de la loux. Du même côté à la base, en arrière, matité dans le tiers inférieur du poumon, 5bsence du | murmure vésiculaire; au-Gessus souffle pleurélique avec égophonie et froltements pleuraux, abolition des vibrations thoraciques.

Point douloureux au-dessous du sein gauche. Cépha-

NE lalgie. Sueurs nocturnes. Fièvre. Diarrhée opiniâtre.Amaigrissement considérable. Pèse 48 kilog.

Début du traitement en novembre 1890, par les lavements créosotés d’abord à 1 gr. puis 3 gr. 50 cents. La diarrhée cesse au bout de quelques jours et ne reparaît plus, l'appétit revient et l'état général s'améliore.

Actuellement, en avril 4891, le point de côté a disparu. La sonorité est redevenue normale à la base gauche, les frottements et l’égophoni: ont disparu. Le murmure vésiculaire s'entend bien. Pas de sonorité skodique. Persistance des signes observés sous la clavicule gauche. Pas de sueurs ni de fièvre. Les forces reviennent. La malade pèse 56 kilog., elle a donc pris 8 kilog.

Observation VII FR Tuberculose au premier degré. — Guérison apparente.

(Thèse de Blanc)

P... Alexandre. 19 ans, entre ie 14 sep 94 à l'hôpital Cochin, salle Chauffard, lit 21.

Antécedents héréditaires. Pére âgé de 52 ans, bien portant; mère morte à 41 ans. N'a jamais tonssé. Le malade a eu 18 frères et sœurs. I! lui reste un frère et quatre sœurs, tous bien portants. Il a perdu 3 frères de méningite.

Antécédents personnels. Bronchite à 4 ans. Angine

diphtérique à 8 ans. Il a été opéré à l’hônital Trousseau à l'âge de 43 ans, pour adénite inguinale tuberculeuse.

À 18 ans, refroidissement, point de côté, hémoptysie. Il crache du sang pendant 3 jours. Soigné à Lariboisière.

Il entre à l’hôpital pour un point de côté à gauche. A l'examen du malade, ce qui frappe tout d’abord, c’est qu’il est de constitution très faible. On lui donnerait volontiers 15 ans.

Signes d'induration au côté gauche.Toux quinteuse et expectoration légère. Poussées fébriles le soir. Anorexie, sueurs la nuit. On donne comme traitement le vin créosoté, le sulfate de quinine, un todd au quinquina et une pilule de cinq centigrammes d’extrait thébaïque. L'état malgré cette médication, reste stationnaire ; le malade ne peut plus supporter le vin créosoté, qu’on remplace le 24 septembre par un suppositoire créosoté.

Le poids du malade à cette date est de 36 kilog. 700 grammes.

Tous les signes de l’absorption de la créosote sont perçus par le malâde. Le suppositoire est très bien supporté et ne gêne en aucuue façon le malade. A partir de cette époque l’état du malade va en s’améliorant.

La toux disparait ainsi que l'expectoration. La fièvre tombe, l'appétit renaît, les sueurs nocturnes cessent et les lésions pulmonaires deviennent silencieuses.

Le malade pèse le 1° octobre, 39 kilogr. 900 gr.

— 9 octobre, 41 kilogr. 800 gr.

— 13 octobre, 42 kilogr. 300 gr.

— 29 octobre, 43 kilogr. 350 gr,

On cesse toute médication et le malade convalescent est dirigé à Vincennes.

Observation VIII Tuberculose à la première période. Amélioration

(Blanc, loc. cit.)

Le nommé Pr. Abel, serrurier, entre le 22 septembre, salle Voillez, lit 19.

Antécédents héréditaires. — Père et mère bien portants. Il a 6 frères et 7 sœurs ; pas un ne tousse. Un de ses frères est mort à 18 ans, de fièvre typhoïde, une sœur est morte à 23 ans de méningite. |

Anlèécèdents personnels. — Bronchite à 13 ans et à 15 ans ; depuis il a des bronchites tous les hivers.

Depuis un mois, il tousse ia nuit, a des sueurs nocturnes, maigrit et ne mange plus. On constate à l’examen tous les signes de l'induration pulmonaire au sommetdroit, une bronchite localisée à ce niveau.

Trailement. — Suralimentation, opium et un suppositoire de créosote tous les jours.

Signes d'absorption manifestes, tolérance complète. amélioration progressive et embonpornt.

Pèse le 23 sept: 52 kil, 300

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— je oct:53 kil. 200 — 9 oct : 55 kil. 400 — 16 oct: 58 il. ».

Le malade se sentant beaucoup mieux, quitte de luimême l'hôpital.

Gbservation IX Tuberculose à la première période. — Amélioration

(Blanc, loc. cit.)

F.., W..., 30 ans. comptable, entre le 7 juin 1894, salle Beau.

Antécédents héréditaires. — Pas de tuberculeux dans sa famille.

Antécédents personnels. — Il n’a jamais été malade jusqu’en 1891. Il a été marié deux fois avec des femmes qui sont mortes de la poitrine.

En 1891, à la suite d’une bronchite, il commence à tousser et à cracher.

En 1892, nouvelle bronchite avec augmentation de la toux et de l’expectoration ; amaigrissement, sueurs nocturnes, anorexie. L’affection ne fait qu’augmenter, et le 7 juin, amaigri et cachectisé, il entre à l'hôpital.

A l'examen du malade, on constate des signes d’induration et d’emphysème. On lui donne tout d’abord le trai-

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tement par le vin créosoté, qui, mal supporté, est remplacé le 29 juin par les suppositoires créosotés. Le malade s’en trouve très bien et s'améliore de jour en jour.

L’appétit reparait et avec lui remonte l’embonpoint. L’expectoration et les sueurs nocturnes diminuent; la fièvre s’amende et les forces reviennent. Le malade augmente de 4 kil. en un mois.

pese ler). MONTRE MNT D: 45 kil. 200 SON MP ET ENT 46 kil. 300 HUALIe LES RL EARLE 48 kil.

LU DCE) CREME NES 48 kil. 700 PA CUT EURONEXT 49 kil. 100

Se trouvant beaucoup mieux, il quitte l'hôpital.

Observation X

Tuberculose à la première période. — Pas d'amélioration

(Thèse de Blanc)

C... Pierre, 26 ans, infirmier, entre le 7 mai 1894, salle Voillez, lit n° 18.

Tuberculose pulmonaire datant de février 1892, ayant été traité par la méthode créosotée sous toutes ses formes sans amélioration. Son estomac ne tolère pas ce médicament. La médication par les suppositoires créosotés est commencée le 19 juin à raison d'un suppositoire par jour, Le malade pèse 62 kil. 700.

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Malgré cette nouvelle médication, le malade qui a de la diarrhée, continue à diminuer de poids ; il ne pèse plus que 61 kil. 300. On double alors les suppositoires et la diarrhée ne s'arrête enfin que le 30 juin, malgré l'ingestion du laudanum et de salicylate de bismuth en même temps.

À cette date le malade ne pèse plus que 60 kilog. 800. Avec la disparition de la diarrhée, l'appétit revient; Île malade pèse 62 kilog. le 3 juillet, mais retombe à 61 kilog. 800 le 7 juillet.

L'état général et l'état pulmonaire n'ont pas changé. Malgré cela, le malade quitte l'hôpital sur sa demande.

Observation XI

(Thèse de Blanc)

R. Antoine, 32 ans, cordonnier, entre le 19 maï 1894, salle Beau, lit n° 14, pour une tuberculose pulmonaire à la deuxième période datant de 1892. ,

Ce malade est traité pendant un mois au vin créosoté aux capsules de créosote. On le lui retire sur sa demande et on le remplace par les suppositoires créosotés le 21 juin.

On constate une amélioration et une augmentation de poids de 2 kilog. jusqu'au 80 juin; le malade pése alors 47 kil. 400. Mais cette amélioration est de courte durée : l’anorexie reparaît bientôt, le malade tombe à 47 kil. 700 le 7 juillet, puis à 45 kil. 400 le 21 juillet.

La toux a repris, l'expectoration a augmenté, le malade se cachectise de nouveau ; quelaues foyers se cavernulisent et malgré mes conseils le malade quitte l'hôpital,

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