OBSERVATIONS
Observation I
Communiquée par M. le D' Fonlladosa (de Biarritz)
Accidents dus à l'emploi des lavements créosotés dans le traitement de la tuberculose puimonaire
La nommée Henriette C.., Pas d’antécédents héréditaires ; père et mère actuellement vivants; un frère, deux sœurs tous de bonne santé habituelle.
Rien de saillant dans ses antécédents personnels jusqu’à l’âge de 18 ans (fin 1895), époque à laquelle elle : embrasse la vie religieuse, |
Trois mois après son entrée au couvent où elle était arrivée très robuste, sa santé commence à s’ébranler.
C’est d’abord un amaigrissement progressif, puis elle commence à tousser, elle a des sueurs nocturnes, des hémop-
tysies surviennent, bref au bout d'un an et demi ne pou-
vant plus supporter les fatigues et les privations de sa
nouvelle existence la malade retourne dans sa famille. Amené à la voir au commencement de cette année,
soit deux ans environ après ie début de la maladie, un examen sommaire nous fournit les indications suivantes sur son état. ‘
Le poumon droit est farci de tubercules à divers degrès d'évolution ; leur stade le plus avancé est représenté par une cavité du sommet. Le poumon gauche est douteux. La malade tousse peu et n’a pas de crachement de sang. L'examen bactériologique des crachats est douteux.
Il n'y a ni diarrhée, ni constipation, l'appétit est conservé, la digestion stomacale normale.
Rien au cœur, pas d'albumine urinaire.
L'état général est très mauvais, la malade est faible, émaciée, elle a des accès fébriles le De ges sueurs Le fuses la nuit. S
En dehors du traitem enthygiénique usuel, nouscroyons devoir prescrire la créosote administrée par la voie rectale à la dose d'un gramme incorporée à un mélange d'huile d'amandes douces, de jaune d'œuf et de décoction de racine de guimauve. LE
Les deux premiers jours la malade tolère parfaitemedt son lavement : le troisième une légère sensation de brûlure fait suite à l’ingestion médicamenteuse. Le phénoméne persiste pendant quelque temps puis il s affaiblit progressivement ; au bout de deux heures toute sensation subjective désagréable a disparu. Le jour suivant l’administration créosotée est positivement douloureuse, la brûlure éprouvée est telle que la malade rend sou lavement au bout d'un quart d'heure l’accusant d’être l'origine de la
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douleur éprouvée: ui Souilañciicntimmédiat suit cette évacuation.
En présence de ces symptômes, l'usage rectal de la créosote est provisoirement suspendu pour le recommencer au bout d'un septénaire.
À la reprise, la dose du médicament est diminuée ; chaque lavement ne contient plus que 0,50 centier. de créosote..Ils sont parfaitement supportés; la malade accuse bien quelques vagues malaises au ventre, mais en somme rien de bien net ; le quatrième jour, nous croyons pouvoir revenir impunément au gramme initial de créosote.
Une crise est le fruit de cette nouvelle dose ; à peine la malade a-t-elle pris son lavement qu’elle ressent une sensation de brûlure si intolérable qu'elle pousse de véritables cris; il lui semble, dit-elle, que son abdomen est entouré d’un cercle de fer rougi au feu. Le lavement est immédiatement évacué ; néanmoins les phénomènes dou” loureux ne cédent pas, ils persistent au contraire; le ventre se ballonne ; les souffrances endurées sont telles qu'un confrère est mandé en toute hâte ; une injection de morphine est pratiquée.
Le lendemain matin, l’état de la malade est le suivant: le ventre est comme le siège d’une douleur sourde, continue, spontanée, le ventre est très ballonné. Le frottement des parois ne dénote pas la moindre hyperesthésie cutanée ; la pression au niveau des colons est excessivement douloureuse ; à la percussion, le ventre rend un son tympanique. La malade a eu pendant la nuit plusieurs évacuations diarrhéiques ; les selles sont jaunâtres, sans traces de sang.