‹ De l'aphasieChapitre 1 sur 15 · PLACE DE L’ÉCOLE-DE-MÉDECINE · texte numérisé non relu

PLACE DE L’ÉCOLE-DE-MÉDECINE

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La faculté du langage articulé constitue une des plus hautes attributions de l’espèce humaine; mais comme toutes les autres facultés, elle peut être atteinte par la maladie et elle peut l’être isolément.

Sous le nom d 'aphasie, on a désigné primitivement la perte plus ou moins complète de la faculté du langage articulé.

Ce symptôme , longtemps confondu par les auteurs avec les troubles variés de la parole, de la mémoire ou de l’intelligence, n’a été bien analysé que depuis les cinquante dernières annéps, et l’on s’est aperçu alors que les autres formes du langage pouvaient être troublées simultanément, de telle sorte que le mot aphasie sert aujourd’hui à désigner la perte ou la perversion de la faculté du langage en général , c’est-à-dire de cette faculté qui nous permet d’établir une, relation constante entre une idée et un signe, que ce signe soit un mot, un geste ou un tracé quelconque, Broca).

La maladie, ayant réalisé ce que la physiologie expérimentale eût été impuissante à produire, a permis d’étudier

sur dos données infiniment plus positives que celles sur lesquelles Gall avait élevé son système, la localisation des facultés intellectuelles, et en particulier celle de la faculté du langage) question dont on ne saurait méconnaître l’intérêt philosophique et physiologique*

L 'aphasie nous impose en eiïct l’idée qu’il existe dans l’encéphale un organe créateur ou coordinateur de la parole, qui sert de trait d’union aux sources de la pensée, de la mémoire, de la volonté, et à l’appareil d’innervation préposé à l’exécution des signes, à l’articulation des mots. On conçoit alors avec quelle ardeur son étude a pu être poussée, combien nombreuses ont dû être les hypothèses formulées; mais jusqu’à présent, malgré les notions réelles que nous avons sur le siège de la faculté du langage, il faut reconnaître qu’il nous est encore impossible de prévoir le moment où cette question sera définitivement tranchée.

Ce n’est pas d’ailleurs dans ce travail que nous devons traiter cette large question de la localisation des facultés intellectuelles : nous ne voulons faire ici qu’un chapitre de pathologie. Nous nous bornerons à étudier le symptôme aphasie, à décrire ses variétés, à montrer dans quelles circonstances il se présente, et à indiquer l’état de nos connaissances au point de vue anatomo-pathologique, afin d’établir en dernière analyse sa valeur diagnostique et pronostique.

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