OBSERVATIONS
N. B. — Nous n'avons rapporté que les cas cliniques suffisamment observés, donnant des détails sur toutes les modalités du langage et suivis d’autopsie ; nous avons omis de parti pris les cas sans autopsie, ou manquant de renseignements cliniques suffisants.
$ I. — Aphasie vraie par lésion de la zone du langage.
OBSERVATION 1. — WERNICKE. Der Aphasische Symptomencomplez, 1874. (Obs. IT, résumée.)
Suzanne R..., 75 ans. — Parole spontanée : paraphasie et jargonaphasie. — Surdité verbale. — Rien sur l'écriture, ni la lecture. AUTOPSIE. — Lésion de la première temporale gauche.
OBSERVATION 2. — WERNICKE. Loc. cit. (Obs. X, résumée.)
Withold v. S..., 20 ans. — Parole spontanée : paraphasie, n’en a pas conscience. — Articulation des mots, bonne. — Donne parfois le nom exact d’un objet présenté, parfois se trompe. — Lecture à haute voix : mêmes troubles que dans la parole spontanée.
Lecture : remplace les mots écrits par d’autres mots. Mélange incompréhensible de mots lus régulièrement, et de mots faux.
Écriture : pas examinée.
Surdité verbale : Comprend la plupart des paroles qu’on lui adresse.
AUTOPSIE. — Abcès du lobe temporal gauche.
OBSERVATION 3. — KussmauL. Die Stürüngen der Sprache. In Æandbuch von Pathot. und Therapie von Ziemssens. Bd. XIT, 1876, p. 168.
Homme, 66 ans. — Paraphasie.
Lecture lente; ne peut lire certains mots; pour les mots longs il ne les lit qu'en deux fois.
Peut écrire des lettres (voyelles). Pour les mots il présente de la paragraphie et de la paraphasie en écrivant. Il peut cependant écrire régulièrement quelques mots.
Surdité verbale. Ne comprend pas l’ordre donné.
Légère hémiparésie gauche. Le malade était gaucher, mais écrivait de la main droite.
AUTOPSIE. — Hémisphère droit. Dans le lobe temporal, foyer du volume d’un œuf d’oie occupant la partie postérieure de ce lobe. Lobe frontal intact.
OBSERVATION 4. — RIEDEL. Dissert. Inaug., Breslau, 1877. (Obs. prise dans ALLEN STARR. Brain, 1889, p. 82.) (Résumée.)
Clinique : Surdité verbale. — Lecture mal comprise. — Parole altérée. — Ecriture spontanée, altérée.
AUTOPSIE. — Lésion des première et deuxième temporales gauches.
OBSERVATION 5. — BROADBENT. Royal med. and Surg. Soc., 26 février 1878. The Lancet, 2 mars 1878. (Résumée.)
Homme, 49 ans. Cocher d’omnibus. — Jargonaphasie. — Surdité verbale. — Cécité verbale. — Pas de renseignements sur l'écriture.
Parésie du côté droit de la face. Troubles de la sensibilité du côté droit du corps et de la face.
AUTOPSIE. — Hémisphère gauche. Ramollissement de la moitié postérieure de la face externe du cerveau gauche : Gyrus supra marginalis, partie adjacente de la première temporale, lobule pariétal inférieur, gyrus angulaire, partie de la deuxième temporale.
Lébe occipital moins atteint.
OBSERVATION 6. — GIRAUDEAU. Rev. Méd., 1882, p. 448. (Résumée.)
Marie B..., 46 ans.
Clinique : Surdité verbale presque complète. — Pas de cécité verbale, mais réfléchit pour comprendre. — Parole spontanée. — Ne semble pas altérée. — Pas de détail précis sur ce point. — Pas de renseignement sur l'écriture.
AUTOPSIE. — Tumeur occupant la partie postérieure de la première temporale gauche et la partie adjacente de la deuxième.
OBSERVATION 7. — WEIss. Wiener Medizin. Woch., 1882, n° 12, p. 338. (Résumée.)
G. J..., 74 ans. — Aphasie complète pour la parole spontanée. — Surdité verbale. — Ecriture spontanée : agraphie complète. N’écrit même pas son
nom. — Copie : copie la première lettre de son nom. — Hémiplégie droite.
AUTOPSIE. — Hémiplégie gauche : lésion de la pariétale inférieure de la partie postérieure de la première temporale et de la partie voisine du lobe occipital, Dégénérescence des faisceaux pyramidaux.
OBSERVATION 8. — D'HEILLY et CHANTEMESSE. Bull. Soc. Anat., 1882, p. 324-338 (résumée).
Aphasie sensorielle : surdité verbale. — Aphasie motrice : ne prononce que les mots « parce qué ». — Cécité verbale. — Agraphie. — Copie seulement la première lettre de son nom. — Pas d'hémiplégie. — Pas de renseignement sur l'état du champ visuel.
AUTOPSIE. — Hémisphère gauche. Lésion de la moitié supérieure de la partie postérieure-de la première temporale gauche, de la plus grande partie du lobule pariétal inférieur, du lobule du pli courbe dans sa partie antérieure. — Pas de lésion de la deuxième ni de la troisième frontales.
OBSERVATION 9.— AMIDON. The Med. Rec., 1884, novembre, p. 556, t. 26, et New-York Med. Journ., 1885, 31 janvier, p. 113, t. 41 (obs. I, résumée).
Marie S..., 60 ans. — Parole spontanée : intelligible, correcte. Cependant légère paraphasie : appelait son fils, son père. — Cécité verbale : ne peut ni compter, ni lire les lettres (cécité littérale). — Surdité verbale : incomplète.
Réponse inappropriée aux questions. Quand on lui demandait : « Comment vous portez-vous ? » elle répondait : « Est-ce de M. X... que vous parlez ? » —
Ecriture : spontanée, impossible. — Sous dictée : impossible. — La malade savait d’ailleurs peu écrire.
AUTOPSIE. — Hémisphère gauche : lésions du lobule pariétal inférieur, pli
courbe en totalité, des trois quarts postérieurs de la première temporale, de la moitié postéro-supérieure de la deuxième temporale et d’une partie de la deuxième occipitale.
OBSERVATION 10.— MaAGNAN. La première partie de l'observation est publiée in th. SKWORTZOFF, 1881, p. 70; la fin in Bull. [Soc. Biol., 1883, p. 351 (résumée). L
H..., 54 ans. — Début de l'affection progressive.
Parole spontanée. Diminution du registre vocal, avec surdité verbale, mais comprend les mots écrits.
1re attaque d’apoplexie sans paralysie, cinq ans après début.
2me attaque quatre mois après. Parole spontanée : répond toujours la même phrase : « Boulevard de Grenelle, 131 » (son adresse). — Ecrit spontanément : son nom, son adresse (qu'il prononçait spontanément). — Lit l’en-tête de sa feuille d'observation. — Copie les mots : « Préfecture de la Seine ». — Copie sous dictée : nulle. — Surdité verbale totale. — Répondait cependant à l'appel de son nom.
Plus tard, amélioration de la parole spontanée : alors il écrivait spontanément toutes les phrases qu'il pouvait prononcer.
Lecture : n'achète plus le journal, ce qu’il faisait à son entrée dans l’asile. — S'irrite et refuse de lire le journal qu'on lui présente. — Il ne lisait sur le journal que la date qu'il copiait sur son calendrier et qu’il prononçait à haute voix. — Tout en lisant facilement, il ne comprenait que quelques mots de ce qu'il lisait. — Reconnaît les noms des villes de son département ; le nom d’une ville qu'habitaient ses parents (il prononçait immédiatement le nom de ses parents et leurs professions). Mais ne peut répondre à ce qu'on lui demande par écrit : il copie la phrase et la signe de son nom. Cependant rectifie sa profession, l’âge et la profession de ses parents.
AUTOPSIE. — Hémisphère gauche, foyer ancien sous-cortical au niveau de la troisième frontale ; foyer récent ayant détruit la première temporale.
OBSERVATION 11. — BALZER. Gaz. Méd. Paris, 1884, 1er mars, p. 97 (résumée).
Clinique : Aphasie motrice. — Agraphie. — Alexie. — Surdité verbale. AUTOPSIE. — Hémisphère gauche : lésions de la première temporale, et de la troisième frontale.
OBSERVATION 12. — ROSENTHAL. Centralbl. f. Nervenheilkunde, 1884, t. VII, p. 1 (résumée).
H. : Clinique : Hémiplégie gauche. — Aphasie motrice. — Ecriture spontanée : n'écrit que son nom. — Lecture : ne comprend pas ce qu'il lit. — Sur- ‘dité verbale.
AUTOPSIE. — Double lésion cérébrale. — Lésions du gyrus central droit.
— Destruction de la première circonvolution temporale gauche.
OBSERVATION 13. — SEppici. Riv. di frenatria, 1884 (obs. I, résumée).
Femme, 51 ans. — Ne comprend pas la parole parlée : surdité verbale, — Parole spontanée : paraphasie et jargonaphasie. Applique les mots à contre sens et forge des mots. — Reconnaît les objets et leur rôle. Parfois prononce
exactement quelques mots de conversation courante. — La malade ne sait ni lire, niécrire.
AUTOPSIE. — Ramollissement de la première temporale gauche remontant
avec le gyrus supra marginalis. — Foyers de ramollissement disséminés dans la pointe et la partie moyenne du lobe frontal. Rien dans les pieds des deuxième et troisième frontales.
OBSERVATION 14. — HEcxT. Th. Nancy, 1887 (obs. I), recucillie dans le service de M. BERNHEIM (résumée).
Marie D..., 68 ans. — Parole spontanée : aphasie motrice légère et para-
phasie. — Lecture. Reconnaît son nom écrit. Tient le livre à l’envers et semble lire ainsi. — Cécité verbale. = Surdité verbale. AUTOPSIE. — Ramollissement de la première temporale gauche.
OBSERVATION 15. — ROSENTHAL. Centralbl. für Nervenheillunde, 1886, p. 225, 15 avril (résumée).
Ingénieur, 43 ans. — Syphilitique, attaque apoplectique avec perte complète de la parole; plus tard, amélioration. — Parle péniblement et lentement. Difficulté à trouver le mot approprié, emploi des périphrases ; a oublié un grand nombre de mots. — Comprend bien ce qu'on lui dit. — Lecture très lente ; reconnaît les lettres, décompose le mot en syllabes, mais mélange ces syllabes et rend le mot méconnaissable ; ne comprend pas tout ce qu'il lit. — Peut écrire une lettre spontanément, mais en écrivant il reproduit les phrases ‘ qu'il prononce ordinairement, et des circonlocutions pour les mots principaux.
UTOPSIE. — Foyer de ramollissement détruisant les deuxième et troisième circonvolutions temporales et empiétant sur la partie moyenne de la moitié inférieure de la première temporale; en arrière, le foyer s'arrête à la limite de la deuxième temporale avec le gyrus angulaire.
OBSERVATION 16. — WIGLESWORTH. The Lancet, 17 juillet, 1886, p. 117
(résumée).
Femme, 65 ans. — Parole spontanée : jargonaphasie avec paraphasie. Le plus souvent répondait son nom à toutes les questions. — Agraphie. — Surdité verbale. — Cécité verbale. — Pas de paralysie des membres.
AUTOPSIE. — Hémisphère gauche : ramollissement du lobule pariétal infé-
rieur, du pli courbe, du gyrus supra marginalis, du gyrus angulaire et de la partie postérieure de la première temporale.
OBSERVATION 17. — ScHUTZ. Charité Annalen, 1888, p. 471 (obs. I, résumée:.
Homme, 48 ans. Paraphasie. — Impossibilité de la lecture à haute voix. — Lecture mentale : altérée. — Surdité verbale. — Agraphie partielle : écriture spontanée, possible bien que difficile. — Pas d'écriture sous dictée. — Pas d'hémianopsie. — Pas d'hémiplégie.
AUTOPSIE. — Lésions de la troisième frontale gauche, des circonvolutions ascendantes à leur partie inférieure, et des temporales.
OBSERVATION 18. — SCHUTZ, loc. cit. (obs. IT, résumée).
Homme, 56 ans. — Paraphasie et jargonaphasie. — Surdité verbale partielle : Ne comprend pas tout ce qu’on lui dit. — Alexie. — Agraphie. AUTOPSIE. — (Grosse lésion du lobe occipital gauche.
OBSERVATION 19. — SCHUTZ, loc, cit. (obs. ITT, résumée).
Femme, 56 ans. — Paraphasie. — Surdité verbale partielle. — Agraphie totale. — Alexie. — Pas d’hémiopie.
Auropsie. — Destruction de la première temporale gauche.
OBSERVATION 20, — FREUND. Arch. f. Psych., 1888-1889, L. XXAND 6210 (obs. I, résumée).
Homme, 57 ans. — Paraphasie. — Agraphie. — Alexie. — Pas de surdité verbale.
2e attaque. La surdité verbale apparait.
AUTOPSIE. — Ramollissement du lobe temporal gauche et du lobe occipital.
OBSERVATION 21. — FREUND, loc. cit., p. 371 (obs. IT, résumée).
Clinique : Jargonaphasie pour la parole spontanée. — Agraphie totale. — Surdité verbale. — Cécité verbale sans cécité littérale. AUTOPSIE. — Lésion du lobe temporal gauche, et en particulier de la pre-
mière temporale.
OBSERVATION 22. — SCHLOSS. Jahrbücher f. Psychiatrie, 1888, p. 33-38
(résumée).
A. S..., 56 ans. — Parole spontanée : n'a à sa disposition qu'un petit nombre de mots. — Surdité verbale incomplète. — Cécité verbale sauf pour son nom personnel. — Agraphie totale, n'écrit que son nom.
AUTOPSIE. -- Lésion de la première temporale gauche, du gyrus supra mar-
ginalis, de l'insula, des circonvolutions orbitaires et de la partie inférieure du lobe temporal.
OBSERvVATION 23. — EiseNLonr. Beiträge zur Lehre vonder Aphasie. Deutsche Med. Woch., 1889, p. 737 (résumée).
P..., 43 ans. — Surdité verbale totale ; ne comprend même pas son nom. — Parole spontanée : paraphasie. — Parole répétée : impossible ; il ne peut répéter que son nom et Hambourg. — Il ne reconnait que quelques lettres : a, m,n; cécité verbale complète, sauf pour certains noms propres : Hambourg, Théodore, Auguste. — Compréhension de l'écriture presque nulle. — Reconnait les nombres. — Écriture spontanée : pour les chiffres il écrit de 1 à 18 ; ne peut faire une addition ; écriture spontanée pour les mots : nulle, ne trace que des traits incompréhensibles. — Copie son nom, Hambourg, et les comprend en les écrivant ; ne copie pas machinalement, mais transcrit les lettres latines en lettres allemandes. — Écriture sous dictée complètement impossible.
AUTOPSIE. — Plaque jaune occupant le tiers moyen de la première temporale, empiétant sur la deuxième temporale ; la corticalité de la partie postérieure de la première temporale est dégénérée dans sa partie qui confine au sillon parallèle. La corticalité sons-jacente au sillon interpariétal, partie antérieure du gyrus angulaire, point d'union avec la deuxième temporale sont ramollis.
OBSERVATION 24. — EISENLOHR, loc. cit., p. 739 (résumée).
L..., 35 ans : Ne prononce que quelques mots : oui, non, gottieb. Pas de paraphasie — Impossibilité de la parole répétée. — Cécité verbale totale. — Impossibilité de l'écriture d’après copie. — Compréhension de la parole parlée n'existe que pour les questions très simples.
AUTOPSIE. — Ramollissement du gyrus supra marginalis, de la partie adjacente du lobe temporal, et du lobe pariétal inférieur.
OBSERVATION 25. — LACROIX. Lyon Médical, 1890, t. LXV, p. 107 (résumée).
Clinique : Hémiplégie droite. — Aphasie motrice : ne peut prononcer qu'un petit nombre de mots. — Cécité verbale. — Surdité verbale. — Pas de renseignement sur l'écriture. |
Mort quinze jours après l'attaque.
AUTOPSIE. — Lésion de la deuxième pariétale gauche. Surtout lésion de la partie postérieure de la première temporale. Rien à la troisième frontale.
OBSERVATION 26. — HENSCHEN. Pathologie des Gehirns, 1890, p. 394 (obs. 41, résumée).
Elin A..…., 72 ans. — Surdité verbale totale. — Reconnaît les objets et leur
usage. — Parole spontanée : Aphasie motrice, ne peut prononcer que quelques mots. — [Il peut nommer les pièces de monnaie en les appelant par leur ancien nom suédois. — Parole répétée nulle. — Cécité verbale et littérale; ne semble
même pas reconnaître son nom. — Agraphie totale, ne peut même pas copier son nom; était d'ailleurs peu habitué à écrire.
AUTOPSIE. — Ramollissement des lobes temporal, pariétal et occipital gauche. La destruction porte surtout sur le lobe temporal qui est complètement détruit et la partie adjacente du lobe occipital. La partie supérieure de la pariétale inférieure est relativement respectée.
OBSERVATION 27. — HENSCHEN. Loco cût., p. 415 (obs. 42, résumée).
B..., 73 ans. — Surdité verbale incomplète. — Paraphasie. — Cécité verbale complète. — Le malade ne savait pas écrire.
AUTOPSIE. — Ramollissement de la partie inférieure du lobe occipito-tem-
poral gauche. Cette céphalomalacie a gagné en profondeur jusqu'au niveau de la pariétale inférieure.
OBSERVATION ?8.— CRAMER. Arch. f. Psychiatrie, t. XXII, p. 141, 1891 (résumée).
Cas d’aphasie sensorielle. — Malade suivi pendant quatre ans et demi. — Parole spontanée : diminution du nombre des mots et paraphasie. — Ne peut dénommer les objets, mais emploie des circonlocutions pour faire comprendre leur usage. Il peut réciter l’alphabet et la série des chiffres. — Parole répétée mauvaise. — Surdité verbale. — Lecture : lit les Jettres séparées ; pas de cécité littérale. — Cécité verbale incomplète : se trompe souvent en lisant les mots. — Écriture : oublie des lettres et des syllabes. Emploie .des mots faux ou, dans un mot, des syllabes fausses. Répétition fréquente des mots. -— Écrit bien son nom. — Il ne peut écrire les noms des objets qu'il ne peut dénommer. — Écriture sous dictée : paragraphie. — Copie très altérée. — Cécité physique : ne reconnait pas les photographies des personnes qu’il connaît. Prend une pièce de 1 mark pour une pièce de 3 marks.
À un second examen. — Le malade a un assez grand nombre de mots à sa disposition; mais il a de la paraphasie. — Il peut nommer beaucoup d'objets vulgaires, mais pour beaucoup il ne peut le faire : Ne comprend pas la plupart des noms propres. — Parole répétée très mauvaise. — Lecture à haute voix : paraphasie. — Comprend mal ce qu'il lit. — Écriture sous dictée : mauvaise. — Copie : régulière. — Calcule bien.
AUTOPSIE. — Hémisphère gauche : destruction presque totale de la première temporale, sauf de sa pointe, lésion de la partie limitante de la deuxième frontale, et surtout du gyrus angulaire. Sur une Coupe transversale, perpendiculaire à T”, le foyer s'étend jusqu'au gyrus longus de l'insula. — Destruction de la substance blanche de la corne postérieure du ventricule latéral.
OBSERVATION 29. — DEJERINE. Bull. Soc. biol., 1891, p. 167. In thèse VIALET, 1893, page 295 (résumée).
Surdité verbale complète avec paraphasie extrêmement pronancée. Alexie. Agraphie absolue pour l'écriture spontanée et sous dictée. Copie très défectueuse, comme un dessin. Hémianopsie droite probable. Pas d'aphasie: optique ni de cécité psychique. Intégrité de la sensibilité et de la motilité. Mimique très développée. .
AUTOPSIE. — Plaque jaune de la face externe de l'hémisphère gauche, s'étendant en avant jusqu'au niveau des deux tiers inférieurs de la circonvolution pariétale ascendante.
Dao ans Pas d'hémiplégie appréciable.
Parole spontanée : Paraphasie très marquée avec jargonaphasie. N'applique correctement que les mots « bonjour » et « merci ».
« D. Comment vous appelez-vous ? » — « R. Je suis et surtout c’est-à-dire, c'est-à-dire, non, je ne peux pas, po pas. » — « D. Quel métier faisiez-vous? » — € R. Mon père se nommait, non, peux pas. » — Cinq mois plus tard : « D. Comment vous appelez-vous ? » — « R. Leudot. » — « D. Quel métier faisiez-vous? » — «R. Je me nomme Leudot. » — « D. Quel âge avez-vous? » — « R. Leudot Jules. » — « D. Où êtes-vous né? » — « R. Leudot-Leudot. » — Quelques instants après on recommence l'expérience. » — « D, Quel âge avez-vous? » — « R. J'avais cent soixante-trois. » — « D. Quel métier faisiez-vous ? » — « R. Trois ans, Six, six ans, trente-trois, jamais trente-un ans jamais, trente, trente, trente, trente-trois ans, jamais trente, trente, trente-trois ans. » — Quelques jours après : « D. Comment vous appelez-vous ? » — «KR. Je, je; mais, tout, tout, et un petit moment après : Je n'ai pu rien fermer. » — « D. À quel hôpital êtes-vous? » — «© R. J'ai reperdu tout, tout, non, du tout. » — « D. Comment vous appelez-vous? » — « R. Leu, Leufons, Leudot. » — « D. Comment allez-vous ? » — « R. Comment Je me nonvme Leudot, monos, ah ah Leu, jeujeu, dub, Leudot. » — « D. Avez-vous bien dormi? » — « R. Leudot. » — « D. Quel âge avez-vous? » — « R. Demain je verrai ce qu'on, ce qu'on dedre, viendrai. » — « D. Quel est votre nom ? » — « R. Ce qu'on vient, ce qui vient, eh bien hier. » — « D. Comment allez-vous? » « R. J'ai to, té, té, pin, pur, pur, non c'est-à-dire que, non peux pas. Ca va je suis suis pleurple, mais je dis, je te te te ». — « D. Avez-vous bien dormi? » — « R. Je le le pu pousson un peu pompier, j'ai te pon pon jan, j'étais te te, je suis be be be ton ton tonton tonton. » — « D. Allez-vous vous lever ? » — « R. Je sais pas monton. Je sais pas trop. J'ai pas bien né, ne non. Je suis assez sé sé per pron pron des fois. »
La vue d’un objet ne réveille pas l’image motrice du mot, bien qu’il reconnaisse l'objet. On lui présente une montre, il la regarde, l'applique contre son oreille, puis la remet dans sa main et nous dit : « C’est onquefron, non, si onquefron. » Quelques secondes après on lui dit : C’est une montre; et il dit : « Oui c'est une montron. » On lui montre un lorgnon, il le prend, essaie de l’assujettir sur son nez, l’enlève et nous le montre en disant : « Ah, voilà une paire de tontaine. »
Surdité verbale très accusée; complète au début. Plus tard le malade comprend la question : « Comment vous appelez-vous ? »
Lecture : complètement impossible au début. Plus tard le malade reconnaît son nom et peut le prononcer à haute voix : C’est le seul mot qu'il puisse comprendre et lire à haute voix. — On écrit le mot Bicétre sur une feuille de papier et on le lui montre. — « R. Je voulais dire, je voulais dire dix-sept. Je peux pas
lire bica. Non je ne peux pas nana. Je peux pas lire bicé ». — « D. On écrit le mot hôpital ». — « R. Je ne vois pas, titi non lolo non ». Écriture spontanée et sous dictée : impossible. — Le malade ne trace que
des traits informes.
Copie : très défectueuse ; on peut cependant reconnaître les caractères généraux des lettres.
AUTOPSIE. — Hémisphère gauche. — Plaque jaune intéressant le lobe pariétal
inférieur en entier, le pied d'insertion de la pariétale inférieure, les plis de pas- sage unissant cette circonvolution à la pariétale supérieure, la partie postérieure de la premiére et de la seconde temporale et de la deuxième circonvolution occipitale, la circonvolution postérieure de l'insula. — Intégrité de la partie antérieure du lobe temporal et de la troisième frontale.
La coupe de Flechsig montre que la lésion gagne en profondeur jusqu'à la paroi ventriculaire du prolongement occipital du ventricule latéral détruisant toute la substance blanche sous-jacente, y compris les radiations de Gratiolet. Les noyaux gris centraux sont intacts.
L'examen microscopique (Thèse de Vialet) montre que la lésion s'étend verticalement depuis le sillon interpariétal jusqu'à la troisième occipitale. Les trois couches de fibres qui entourent normalement le ventricule ont été complètement détruites sur la paroi externe de ce dernier. La paroi interne au contraire est épargnée. La zone des radiations thalamiques présente cependant une décoloration qu'il faut attribuer en partie à la lésion directe, en partie à la dégénérescence secondaire. Le faisceau longitudinal inférieur est rémarquablement conservé à sa partie inférieure. — Sur une coupe que élevée, au niveau du pli courbe, la lésion s'étend du sillon interpariétal jusqu’à la troisième occipitale, pénètre également dans la profondeur en détruisant toutes les fibres qui cheminent sur la paroi externe du ventricule et en ne laissant intactes que celles qui doublent ses faces interne et inférieure, ainsi que le faisceau des fibres du forceps major. Les fibres de la courbe 1 radiations et du faisceau longitudinal inférieur, bien que assez bien différenciées, ont subi cependant un amaigrissement notable. — Sur un plan plus antérieur il existe une destruction de l'écorce occupant tout le lobe pariétal inférieur, le pli courbe, les première et deuxième temporales et s'étendant jusqu’au sillon qui sépare la deuxième de la troisième temporale. Les radiations optiques et le longitudinal inférieur ne sont visibles que sur la paroi inférieure du ventricule.
Outre ces lésions, on observe une dégénérescence secondaire ascendante des zones de la substance blanche sagittale des parois inférieure et interne du ventricule, surtout des radiations optiques.
En avant, le ramollissement intéresse tout le lobule pariétal inférieur, le pied de la pariétale ascendante et les circonvolutions postérieures de l’insula La lésion pénètre dans la profondeur en intéressant la partie postérieure de la capsule interne, depuis le centre ovale jusqu’à sa partie inférieure. La dégénérescence occupe toute la partie postérieure de la couche optique. Le champ de Wernicke est surtout détruit dans ses parties supérieure et antérieure. Le pulvinar est manifestement dégénéré, surtout à sa partie antérieure. Toute la capsule de fibres blanches du corps genouillé externe est dégénérée, ainsi que les couches de fibres disposées sous forme de lamelles dans son intérieur. Le corps genouillé interne est également le siège d’une atrophie très nette. Le tubercule quadrijumeau antérieur présente également une diminution notable de ses fibres.
OBSERVATION 30. — MILLS. Brain, 1891, p. 465 (résumée).
Femme, 46 ans. — Surdité verbale. — Cécité verbale. — Paragraphie. — Ne pouvait pas parler.
AUTOPSIE. — Lésions des première et deuxième circonvolutions temporales
des deux hémisphères.
OBSERVATION 31. — SHAW. British med. Journal, 1892, p. 438, 27 février.
Femme, 72 ans. — Démence. — Parole spontanée : on distingue à peine deux ou trois mots intelligibles au milieu de mots inintelligibles. — Agraphie complète. — La surdité verbale semble probable. — Pas de renseignements sur la cécité verbale.
AUTOPSIE. — Ramollissement de la première temporale gauche, de la partie supérieure de la deuxième temporale, du gyrus angulaire et de l’insula. — Lésion du pied de la deuxième frontale gauche et légère altération Le la frontale ascendante.
OBSERVATION Fe — FRAZER. Glasgow med. Journal, 1893, 11 février, p. 81, t. XXXIX (résumée).
Homme, 60 ans. — Paraphasie. — Pas de cécité verbale. — Écriture. Homme illettré, écrivait son nom, mais lentement. Pas d’autres renseignements. — Surdité verbale.
AUTOPSIE. — Lésion de la partie postérieure de la scissure de Sylvius gauche. Atrophie de la partie postérieure de la première temporale, et de la partie postérieure du lobule pariétal inférieur.
OBSERVATION 33.— LEVA. Arch.f. Path. Anat.und Physiol.,1898,t. CXXXII, p: 333 (obs. I, résumée).
Hess, 26 ans. Deux jours après l'attaque apoplectique. — Surdité verbale :
complète. — Parole répétée : perte absolue. — Parole spontanée : nulle. — Reconnaissance d'un objet : nulle. — Lecture à haute voix : impossible. — Écriture d'après copie : nulle. — Écriture spontanée : nulle. — Écriture d’ après dictée : nulle. — Compréhension de l'écriture : nulle. — Impossibilité de calculer.
Trois mois plus tard. — Amélioration de la surdité verbale. — Parole répétée : normale. — Parole spontanée : bonne. — Reconnaissance d'un objet : très altérée. — Lecture à haute voix : très altérée. — Ecriture d’après copie : perte absolue. — Écriture d'après dictée : très altérée. — Compréhension de. l’écri-
ture : perte absolue. — Impossibilité de calculer. Hémianopsie homonyme latérale droite.
AUTOPSIE. — Altération de la partie moyenne de la première temporale gauche, et du bord supérieur (sur deux millimètres détendue) de la deuxième temporale. La lésion s'étend sur la substance blanche sous-jacente jusqu’au segment moyen du noyau lenticulaire.
OBSERVATION 34. — LEVA. Loc. cit. (obs. IV, résumée).
S..., 33 ans. — Pas d’aphasie motrice. — Aphasie sensorielle. — Alexie his — Agraphie pour l'écriture spontanée. — Écriture sous copie : défectueuse; fait des fautes en copiant.
Auropsie.— Lésions des deux premières'circonvolutions de l’insula gauche, et, sur deux centimètres, de la partie postérieure de la première temporale.
OBSERVATION 35. — BRUNS. Neurol. Centralbl., 1894, t. XIII, p. 8 (résumée).
H..., 32 ans. — Phénomènes parétiques dans le côté droit de la face et les
membres du même côté. — Compréhension de la parole : parfaite. — Parole spontanée : paraphasie avec troubles d’aphasie motrice vraie. — Parole répétée, bonne. — Pas de cécité psychique. — Cécité verbale très marquée. Papille de congestion. Hémianopsie homonyme latérale droite. — Écriture spontanée : n’écrit que son nom et son lieu de naissance. — Copie impossible. Cinq mois plus tard, la surdité verbale est évidente. AUTOPSIE. — Tumeur comprimant la partie postérieure des première et
deuxième temporales gauches. Elle occupait aussi la partie postérieure et inférieure du lobe occipital et pénétrait dans la substance blanche du lobe pariétal.
OBSLR VATION 36.— HENSCHEN. Klinische und anatomische Beiträge zur Pathologie des G'enhirns, Upsala, 1894, Th. III, obs. 3, p. 36 (résumée).
Anders Ersson, 66 ans. Surdité verbale incomplète. — Cécité verbale : ordinairement cécité littérale incomplète, reconnnaît toujours l’a, quelquefois e ets; cécité verbale totale ; ne peut lire son nom ; en lui faisant suivre avec le doigt le contour des lettres, le résultat n’est pas meilleur. — Compréhension des chiffres mieux conservée : cécité partielle pour les chiffres. — Aphasie motrice, répète les mots des questions posées. — Écriture : agraphie totale, n'écrit spontanément que les initiales de son nom.
AUTOPSIE. — Tumeur de la partie antérieure de la circonvolution d'enceinte de la scissure de Sylvius, détruisant toute la pointe du lobe temporal et la troisième frontale. Toute la substance blanche sous-jacente est détruite.
OBSERVATION 37. — INÉDITE. Due à l’obligeance de notre excellent collègue et ami ToUCHE et recueillie dans le service de M. le Dr Millard (résumée).
H..., 21 ans, typographe.
Le malade a déjà été soigné en 1894 par M. Millard, pour tuberculose pulmonaire.
15 décembre 1894. Le malade, jusque-là très doux, devient bruyant, parle haut au point de gêner les autres malades. Pas de tr oubles cérébraux, pas de troubles de la parole ni de l'intelligence.
Le 22. A cette période d’excitation succède de la dépression avec céphalée intense.
Le 27. Coma. Les pupilles ne réagissent pas à la lumière. Sensibilité fortement diminuée. Pas de vomissements, pas de constipation. Incontinence d'urine.
Le 29. Délire. S’'est levé la nuit précédente et-s’est promené dans la salle. Le matin, le malade est tranquille. Sensibilité normale. Pas de troubles de la motilité. Raie méningitique facile à produire. Nystagmus. Torpeur . cérébrale très prononcée.
Le 30. État comateux s’atténue. Amélioration graduelle.
13 janvier. On remarque pour la première fois les troubles de la parole. Le malade, qui semble avoir recouvré son intelligence, demande avec insistance « du lait » et tout en prononçant ce mot il désigne le sommet du poumon gauche et fait le geste d’étaler un liquide aveu un pinceau. En même temps, il parle par mots détachés : parler nègre.
Le malade présente de la paraphasie très accentuée avec jargonaphasie pour la parole spontanée.
Nous l'interrogeons sur son passage au régiment. Au lieu de « partir soldat » il dit « entrer sol parti »; pour « Beaujon » : « Boignon ». Voulant désigner un médecin, il dit « Machor soldat ». Pour indiquer qu'il était désigné pour la Tunisie, il prononce « Munitiserie ». Son régiment : « troisième légère ». Madagascar : Malascar. Je fousse au lieu de je tousse. Le poumon gauche devient : « le garge ». Ces fautes de prononciation deviennent d'autant plus nombreuses que la conversation se prolonge plus longtemps. Au début, le malade lie encore ses mots par des verbes, mais quand il est fatigué, il n'émet plus qu’une succession de mots plus ou moins déformés, ou absolument incompréhensibles, détachés les uns des autres.
Lecture à haute voix. Le malade lit très couramment, mais de temps à autre il modifie une lettre ou une syllabe dans le mot. Quelquefois il crée un mottout à fait incompréhensible : « Mersailles » pour « Versailles », « appartenus » au lieu de « appartements », « Gantiers » pour « Chantiers », « nouvieux amés » pour « nombreux amis», « garnanition » pour « garnison », « bumandon » pour « commandement », « Bombetellier » au lieu de « Montpellier », « rébolte » pour «révolte », « poteste » pour « possède », « fortificatations » pour « fortification », « chabelle » pour « chapelle », « comblient » pour « complètement », « défalisée » pour « dévalisée », « enleyée » pour « enlevée », « tinc » pour « Zinc », « fonduides » pour « conduites ».
Écriture spontanée. Le malade écrit très correctement son nom, le nom de sa grand'mère, « 6e St-Sulpice » le numéro et le nom de l'arrondissement où il est né (ce dernier renseignement avec beaucoup de peine), son métier qu'il écrit « typocraphe ». Voulant écrire à sa tante et à sa grand’mère de venir le voir à
Beaujon, il écrit spontanément : « Ma tante Suzanne je me malade si tu peux venir l'hôpital Beaujon. Barth 9. Jeudi ta grand-mère rien tous. »
Écriture sous dictée. On lui dicte : Je suis à Beaujon. Il écrit « Au jor à M. Beaujon ». Nous lui dictons : J'ai grand mal à la tête. Il écrit « Chez la laté ». On lui dicte la phrase suivante : Le général de Pope, colonel général
F1G. 3. — La lésion est teinte en rouge-brun.
D, circonvolution descendante, — #,F#,,F, première, deuxième, troisième circonvolutions frontales. — #;(e), cap de la troisième circonvolution frontale, — 4, circonvolution frontale ascendante. — f,./», premier et deuxième sillons frontaux. — /,, troisième sillon frontal ou incisure en 4. — f,, sillon olfactif ou quatrième sillon frontal. — (sm. circonvolution. marginale supérieure, — io, sillon interoccipital. — ëp, sillon interpariétal. — ipo, incisure préoccipitale. — ÿ, incisure de Jensen. — ©;,,0:,03, première, deuxième, troisième circonvolutions occipitales. — 0», deuxième sillon occipital. — a, sillon occipital antérieur. — of, 0F, 03, partie orbitaire des première, deuxième et troisième circonvolutions frontales, — 0Æ (Gr), gyrus rectus. — UpFs, opercule frontal, — OpR, opercule rolandique. — OpP,, opercule pariétal. — P,,P,, première et deuxième circonvolutions pariétales, — Pa, circonvolution pariétale ascendante, — 6 pl courbe. — po, scissure pariéto-occipitale. — por, sillon post-rolandique. — pri, pre, sillons pré-rolandiques inférieur et supérieur. — pt, sillon pariétal transverse. —
G,, G», premier et deuxième plis verticaux de Gromier, — Æ, Scissure de Rolando. — S{a),S{v),S(p), branches antérieure, verticale et postérieure de la scissure de Sylvius. — 7:,7,,73, première, deuxième, troisième circonvolutions temporales. — 7p, circonvolution temporale profonde, — #,, sillon parallèle ou premier sillon temporal. — +#’,, sa branche verticale. — #,, deuxième sillon temporal.
F1G. 4 — Coupe horirontale de l'hémisphère gauche passant par la partie supérieure de la couche optique. La lésion est colorée en rouge brun. Elle est presque uniquement corticale et empiète à peine sur la substance blanche. Les faisceaux blancs différenciés, longitudinal inférieur et radiations thalamiques sont respectés.
AM, avant-mur. — (, cuneus. — Ce(g), genou du corps calleux. — Ce(Spl), bourrelet du corps calleux. — Ce, capsule externe. — (Cia, segment antérieur de la capsule interne. — Cing, cingulum. — Cing(p), faisceau postérieur du cingulum. — Cip, segment postérieur de la capsule interne. — (rl, segment rétro-lenticulaire de la capsule interne, — em, sillon calloso-marginal — C0, centre ovale. — F,.F,,F:, première, deuxième et troisième circonvolutions frontales. — f;,f,, premier et deuxième sillons frontaux. — Fi, faisceau longitudinal inférieur, — Ta, circonvolutions antérieures de l’insula. — 7p, circonvolution postérieure de l'insula. — ip, sillon interpariétal. — ZL;, première circonvolution limbique. — Lme, Lmi, lames médullaires externe et interne du thalamus. — "#;, face interne de la première circonvolution frontale. — ms, sillon marginal supérieur de l’insula. — Wa, Ne, noyaux antérieur et externe du thalamus. — WC, tête du noyau caudé. — VC’, queue du noyau caudé. — (,, première circonvolution occipitale. — OF, faisceau occipito-frontal, — P,, deuxième circonvolution pariétale. Pa, circonvolution pariétale ascendante, — pCR, pied de la couronne rayonnante. — po, scissure pariéto-occipitale. — Pre, précuneus. — pri, sillon pré-rolandique inférieur. — À, scissure de Rolando. — ARTh, radiations thalamiques. — S{p), branche postérieure de la scissure de Sylvius. — sec, sinus du corps calleux. — Sge, substance grise sous-épendymaire, — 7, (Gsm), gyrus supra marginalis. — #”,, branche verticale de la scissure parallèle. — 7up, tape tum.— 79, trigone cérébral. — Th, thalamus (couche optique), — 77, zone réti-
culée ou grillagée.
l'infanterie avec rang de maréchal était investi du commandement supérieur. Il écrit « Le maréchal commandant du gouvernement de l'infanterie à grand maréchal qui mit commendant ». Dans la dictée le malade répète le mot dicté avant de l'écrire ; il répète avec insistance un mot souvent différent du mot dicté et écrit le mot qu'il prononce et non le mot qu’on lui dicte. Ainsi dans la dictée ci-dessus, maréchal au lieu de général.
Écriture d'après copie. — Parfaite. Le malade copie une phrase, reconnaît les fautes qu'il a commises et les corrige. Pendant que le malade copie, il lit à haute voix les mots qu'il écrit, se trompe souvent dans les lettres, crée des mots sans aucun sens et cependant écrit très correctement.
Surdité verbale. — Il existe un certain degré de surdité verbale. On lui demande d'écrire la première phrase venue. Il comprend que nous lui demandons le nom de sa grand'mère ; il répète à plusieurs reprises « ma grand'mère, ma grand'inère », il écrit effectivement le nom de sa grand’mère.
31 janvier. La lecture est très améliorée. Quand le malade commence à se fatiguer, il se trompe en prononçant les mots qu'il lit : paraphasie pour la lecture à haute voix.
Parole spontanée : toujours la même paraphasie:
Spontanément il écrit son nom, sa profession, le nom de son patron et son adresse. Ayant abandonné son métier de typographe, pour donner des leçons de bicyclette, il écrit sa profession « velocipydice », et dessine une bicyclette de dame parfaitement reconnaissable. Il écrit en outre la phrase suivante : « Ma chère tante bien toujour tu népas venu Jeudi me voise m’emoyer seule. » Il écrit des nombres de deux à trois chiffres et les additionne régulièrement.
On lui dicte la phrase suivante : « Le froid est vif aujourd’hui, il y a de la neige dans la rue. Il écrit « Le froid est sife au jourd’hui la neige Rue de r ». Nous lui dictons à deux reprises : « République Française ». La première fois il écrit « Bruxelle Belgique », la seconde fois « Libérante ».
Ecriture d’après copie. Nous demandons au malade de copier l'inscription d'une boîte de biscuits ; il s’en acquitte très bien ; il lit d’abord le mot qu'il veut copier, il le prononce ensuite d’une façon très défectueuse et néanmoins il l'écrit très correctement. Cependant, il oublie un s au mot biscuit, et met au mot Guillout un + au lieu d’un #. En outre il copie en manuscrit. I] ne copie donc pas en dessinant.
On demande au malade de copier deux pancartes d'hôpital, présentant des mots alternativement en caractères imprimés et cursifs, le malade copie le tout très bien en caractères cursifs seulement, transcrivant l'imprimé en manuscrit. Mais dans les deux cas il laisse de côté toute la moitié droite des lignes. Il semble donc y avoir de l'hémiopie. Cependant un examen du champ visuel pratiqué par M. Vialet démontre au contraire qu'il n'y a pas d'hémiopie.
Pas de cécité verbale nette. La lecture mentale paraît assez complètement conservée, et l'intelligence persiste intacte jusqu'à la fin. Mimique remarquable.
Surdité verbale légère, mais très nette.
La paraphasie est la même. dans la période répétée et dans la parole spontanée.
Fatigue rapide dans l'écriture spontanée et sous dictée. Par contre, le malade aurait copié pendant fort longtemps.
AUTOPSIE, le 7 mars 1895. Examen macroscopique pratiqué par M. DEJERINE. — Hémisphère gauche. Plaque de ramollissement jaune occupant l'opercule pariétal, la pariétale inférieure (sauf le pli courbe indemne), le gyrus supra marginalis, la moitié postérieure de la première temporale et le bord supérieur de la partie correspondante de la deuxième temporale. La lésion gagne enfin la partie postérieure de la région rétro-insulaire. Sur une coupe de Flechsig, la lésion semble limitée exactement à la corticalité ; sauf au niveau du gyrus supra marginalis, où la lésion empiète à peine de quelques millimètres sur la masse blanche non différenciée. Les faisceaux blancs différenciés, faisceau longitudinal inférieur et radiations thalamiques sont intacts. L'examen microscopique de la pièce débitée en coupes sériées sera publié ultérieurement. Hémisphère droit intact.
Nous désirons insister en quelques mots sur : 1° le léger degré de la surdité verbale en relation avec la légère paraphasie, et les troubles peu marqués de l'écriture ; 2e l’atténuation des symptômes, tenant probablement à la conservation de quelques images auditives et à la conservation des fibres d'union entre les divers centres du langage.
L'examen microscopique qui sera pratiqué vérifiera ou infirmera cette hypothèse.
OBSERVATION 38.— BRUNS. Ueber Seclenlähnsung. Festschrift der Provinzial Irrenanstalt Nietleben, 1895 (résumée).
H..., 60 ans, clarinettiste. Syphilis datant de douze ans. Aphasie sensorielle. Compréhension de la parole parlée presque nulle, mais à un degré variable : de temps à autre le malade comprenait quelques mots, et encore pour cela fallait-il employer en même temps le langage mimique. Cécité verbale complète, absolue. Parole spontanée : léger degré de paraphasie avec certain degré d’aphasie optique de Freund; suivant les périodes pouvait ou non appliquer correctement quelques mots. Prononce très souvent et correctement des jurons. Parole répétée nulle. Écriture spontanée et sous dictée complètement impossible. A la dernière période de la maladie le malade pouvait copier, surtout les nombres. Pas trace de cécité psychique; mais il ne peut prononcer leur nom, en les voyant seulement, il doit les toucher ou les goûter (aphasie optique). Il comprend bien les mélodies, il les saisit parfaitement, les reproduit en sifflant ou en chantant, et même, autant que la faiblesse de sa main droite le lui permet, il les joue au piano et sur sa clarinette.
Hémianopsie homonyme latérale droite.
Diminution de la sensibilité tactile, douloureuse et vraisemblablement du sens musculaire du côté droit.
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Troubles de la motilité du membre supérieur droit : Le malade se sert à peine de ce bras qui pend inerte le long du corps pour les mouvements volontaires. Il l'emploie, au contraire, dans les mouvements réflexes (se gratter) ou inconscients (se soulever sur son lit).
AUTOPSIE. — Ramollissement d’une grande partie de la substance blanche de la première circonvolution temporale gauche et de la circonvolution pariétale adjacente, ainsi que du gyrus supra marginalis. Le segment postérieur de la capsule interne est dégénéré. Les autres parties de l'hémisphère gauche, les circonvolutions centrales en particulier, sont intactes.