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CÉCITÉ VERBALE

OBSERVATION 39. — BROADBENT. Med. chir. Transactions, 1872, p. 162 (obs. VIII, résumée).

Homme, 59 ans.

Impossibilité de lire. Voit les lettres mais ne les comprend pas ; comprend cependant certaines lettres, reconnaît parfois’ son nom : cécité verbale avec cécité littérale incomplète.

Ecriture sous dictée conservée. Impossibilité de l'écriture spontanée. N'’écrivait des lettres qu'avec l’aide de sa sœur.

Parole spontanée : vocabulaire très étendu, mais faisait quelques erreurs, oubliait parfois le nom des personnes, des objets et des rues.

Pas de surdité verbale. Mais cependant ne peut comprendre quand on lit un journal, ni suivre un sermon.

AUTOPSIE. — Lésion du lobe temporo-sphénoïdal gauche. Lésion sous-corticale (hémorrhagie récente et ramollissement ancien) allant atteindre le prolongement occipital du ventricule latéral. ;

OBSERVATION 40. — BOURNEVILLE. Progrès médical, 1874, nos 20 et 21 (résumée).

Clinique : Paraphasie. — Paragraphie. La signature même est défectueuse. — Comprend tout ce qu'on lui dit. Quand, dans la question posée, il y a des mots qui peuvent servir à la réponse, celle-ci est plus régulière : € Bonjour, madame. R. : bonjour, monsieur. » — De plus la malade se rend compte des fautes de langage qu'elle commet. — Lecture : mauvaise. Prend les lettres les unes pour les autres. Elle lit « République » :brkchkchthtet prononce € grachmerate » — « Française : chacemht a g et prononce « chanturale >.

. AUTOPSIE. —. Lésion de la partie postérieure de la troisième temporale gauche. Lésion de la circonvolution sphénoïdale située immédiatement au-dessous de l'angle de réflexion de la circonvolution d'enceinte de la scissure de Sylvius.

OBSERVATION 41. — SABOURIN. Bull. Soc. Anat., 1876, p. 584, 20 octobre (résumée). |

Caroline L..., 76 ans. — Parole spontanée : paraphasie, impossibilité de trouver les mots pour désigner les objets, emploie des périphrases. — Parole répétée : difficile ou impossible. — N'a pas conscience de ses erreurs de langage. — Cécité verbale absolue et cécité littérale partielle, — Agraphie presque totale et paragraphie. Ecrit imparfaitement son nom et le nom de son mari, — Pas de renseignement sur la surdité verbale.

AUTOPSIE. — Ramollissement de la première et de la deuxième temporale; la lésion laisse intacte la troisième frontale, mais remonte sur le pli courbe dont elle détruit la plus grande partie et s'étend un peu plus haut, jusque dans le sillon qui sépare le lobule pariétal supérieur du lobule pariétal inférieur.

OBSERVATION 42. — DEJERINE. In th. SKWORTZOFF, 1881, p. 52 (obs. IX, résumée).

Mme R..., 39 ans. — Parole spontanée : peut prononcer des phrases entiéres, peut nommer quelques objets et ne réussit pas à en nommer d’autres, en indi-

quant toutefois l'usage de ces derniers. — Lecture : peut lire quelques mots au milieu d'une phrase, comme « Pont-Neuf », mais sans les comprendre. Reconnait son nom et le montre du doigt. — Copie : ne peut reproduire que la lettre (P), puis écrit son nom et « je ne puis ». — Paraît comprendre les questions qu'on lui adresse, mais ne répond que oui et non. — Hémiplégic droite incomplète avec hémianesthésie.

AUTOPSIE. — Hémisphère gauche. Rien au lobe frontal, en particulier la

troisième frontale et ses faisceaux blancs sont intacts. Sarcome névroglique pur du lobe pariétal inférieur, siégeant au gyrus supra marginalis et à la partie antérieure du pli courbe. Il coupe les fibres venues de la pariétale supérieure, de la pariétale inférieure et d’une partie du lobe sphénoïdal.

OBSERVATION 43. — BALZER. Gaz. méd. Paris, 1884, 1er mars, p. 97 (résumée).

Clinique : Aphasie motrice. — Agraphie. — Alexie. — Pas de surdité verbale.

AUTOPSIE. — Hémisphère gauche. Lésion de la première temporale, du bord supérieur de la deuxième temporale, de la partie inférieure du lobule pariétal inférieur et du pli courbe et de la partie postérieure de la deuxième temporale.

OBSERVATION 44. — SIGAUD. Progrès médical, 1887, 3 septembre, n° 36

(résumée.) Demoiselle L. A..., 77 ans. Malade du professeur Teissier. — Pas de surdité verbale. — Pas d’aphasie motrice. Parfois paraphasie. — Ecriture : copie le modèle lettre par lettre, peut parfois écrire un mot entendu. — Elle est inca-

pable d’assembler dans son intelligence les lettres nécessaires à la formation M. 20

d'un mot plutôt qu'incapable de les écrire. La malade ne peut se représenter le mot tout entier dans son intelligence. — Cécité verbale. AUTOPSIE. — Lésion du lobe pariétal inférieur gauche.

OBSERVATION 45. — HUN. Amer. Journ. of the Med. Science, 1887, p. 151 (obs. IIT, résumée).

R. B..., 66 ans. — Légère difficulté de la parole. — Agraphie. — Cécité verbale. — Pas de renseignements sur la surdité verbale.

AUTOPS1iE. — Lésion détruisait les deux tiers inférieurs de la pariétale ascendante, la deuxième pariétale en entier avec le pli courbe, la partie inférieure de la première pariétale et le gyrus supra marginalis.

OBSERVATION 46. — HENSCHEN. Klinish. und anat. Beiträge zur Pathologie des Gehirns, ester Theïl. Upsala, 1890 (résumée).

Margaretha A..…., 56 ans. — Pas de trouble de la parole parlée. — Pas de surdité verbale. — Copie bonne. — Écriture spontanée altérée.

Plus tard apparaît la paraphasie et un léger trouble de la compréhension des mots parlés.

AUTOPSIE. — Hémiplégie gauche. — Lésion du pied de la deuxième frontale. — Lésion de la partie postérieure du pli courbe, au point d'union avec la deuxième temporale et la deuxième occipitale. — Cette lésion est peu étendue à la surface corticale, mais s'élargit dans les masses profondes qu’elle sectionne.

OBSERVATION 47. — DEJERINE. Soc. biol., 1891, p. 17 et th. VIALET, Paris, 1893 (obs. V, p. 312, résumée).

S..., 63 ans. — Début subit : s'aperçoit un matin qu'il ne peut lire son journal.

Pas trace de surdité verbale.

Lecture : Impossibilité de comprendre l’imprimé et le manuscrit. — Quand on lui présente un journal ou une phase manuscrite, il regarde et dit : « Je ne comprends pas. » Outre cette cécité verbale, il existe une cécité littérale complète. — Cependant peut lire son nom. — Reconnaît et dénomme tous les objets qu’on lui montre.

Examen campimétrique impossible. Cependant l'hémianopsie droite semble probable.

Parole spontanée. — Paraphasie.

Ecriture. — Spontanément ou quoiqu'on lui demande d'écrire, il ne peut tracer que son nom « Séjalon » et d’une façon très défectueuse.

Un mois plus tard la paraphasie disparaît et le malade peut renseigner sur ses antécédents. — Ecriture toujours impossible spontanément et sous dictée, copié très défectueuse. Sous dictée il peut écrire un nombre de deux chiffres. Alexie toujours la même : le malade reconnait son nom et c’est tout.

Huit mois plus tard, la cécité verbale s'améliore, Le malade peut reconnaître et dénommer le C et le G de l'alphabet : ce sont les seules lettres qu'il puisse reconnaître. Il ne peut déchiffrer aucun mot. Il reconnaît et prononce les nombres de deux chiffres. Mème impossibilité d'écrire spontanément, sous dictée et de copier. -

AUTOPSIE. — Hémisphère gauche. Plaque jaune de la grandeur d’une pièce de cinq francs, occupant les trois quarts inférieurs du pli courbe et se terminant en pointe sur la scissure perpendiculaire externe. Tout le reste de la corticalité est absolument intact : circonvolution de Broca, insula, pied de la deuxième frontale. Sur la coupe de Flechsig on constate que le foyer du pli courbe pénètre sous forme de coin jusqu'à la corne occipitale du ventricule latéral et a détruit la plus grande partie des radiations optiques de Gratiolet.

L'examen des coupes microscopiques sériées montre que toute la région de la pointe occipitale est indemne. Les premières traces de la lésion primitive commencent au niveau de la pointe du ventricule ; le ramollissement s'enfonce dans la substance blanche, respectant les deux forceps, sectionnant les trois couches blanches qui entourent la paroi externe du ventricule : tapetum, radiations optiques et faisceau longitudinal inférieur. On constate (en outre deux ordres de dégénérescences secondaires : l’une postérieure, très peu accusée, se montre dans la zone des radiations optiques ; l’autre antérieure, lésion de ramollissement, occupe la couronne rayonnante au niveau du tiers postérieur de la couche optique. On observe en outre la dégénérescence secondaire de la partie supérieure du pulvinar, du corps genouillé externe beaucoup moins atteint, et d'une petite bandelette située au niveau du quart postérieur de la capsule interne.

OBSERVATION 48. — OSLER. The American Journal of the Med. Sciences, TONMECE Sp 219?

John W.., 72 ans. — Parole spontanée : paraphasie. — Quand on lui demande son métier (bookkeeper), il répond : « keep, keep, keep, oh you say it for me ». — Cécité verbale typique. — Hémianopsie homonyme latérale droite. — Écriture spontanée : difficile. Écrit son nom. Écrit aussi bien les yeux fermés que les yeux ouverts. Il écrivait le nom de l’hôpital et les mots « Philadelphia record », mais ne lisait pas les mots qu’il avait écrits. — Il était difficile de le faire écrire, et il était impossible pour lui d'écrire à la dictée quelque phrase que ce soit. Il écrivait le mort record, mais quand il voulait l'épeler il lisait « Freedom ». — Surdité verbale : à peine trace. Il s’apercevait des fautes qu'il faisait en parlant.

AUTOPSIE. — Ramollissement du lobe supra marginalis gauche, de la partie inférieure du gyrus angulaire, de la partie postérieure des première et deuxième temporales, et des plis de passage entre ces deux circonvolutions.

OBSERVATION 49. — SÉRIEUX. Mémoires de la Soc. Biologie, 1892, p.13 (résumé).

Augustine Ver., 73 ans. — Cécité verbale complète : Ne reconnait que son

nom.— Cécité littérale incomplète : reconnaît quelques lettres. — Agraphie totale : Perte absolue de l'écriture spontanée, sous dictée et d'après copie. — Paraphasie légère. — Absence de troubles moteurs ou intellectuels. — Pas de cécité psychique.

AUTOPSIE. — Foyer de ramollissement ancien et unique au niveau du lobule pariétal inférieur gauche.

OBSERVATION 50. — BERKHAN. Arch. f. Psych., 1892, p. 558, publiée à tort comme « alexie sous-corticale » (résumée).

Clinique : Parole spontanée. — Paraphasie. — Certains mots sont omis. — Alexie complète. — Écriture sous dictée et sous copie : le malade saute des mots, remplace des lettres par d'autres fausses ; même des mots sont répétés

AUTOPSIE. — Lésion du lobule angulaire gauche.

OBSERVATION 51. — VON MONAKOW. Arch. f. Psychiatrie, t. XXII, 1892 (obs. TITI, p. 648, résumée).

Jacob K..., 62 ans. — Peintre paysagiste. — Attaque d’apoplexie en 1884. — Hémiparésie droite passagère. — Hémianopsie homonyme latérale droite légère, permanente. — Alexie. — Agraphie. — Le patient réapprend à écrire, mais se trompe souvent de lettres. — L'’alexie persiste.

En mars 1886, v. Monakow constate chez le malade : parole : pas de troubles, rapide et correcte. — Pas de surdité verbale : comprend tout ce qu'on lui dit; peut tenir très facilement une conversation. — Pas de cécité psychique : reconnaît tous les objets et les dénomme. — Alexie complète : reconnaît la première lettre d'un mot, mais ne peut le lire ; puis après uve pause et difficilement peut lire la seconde lettre, mais alors il a oublié la première. Ce n’est que très exceptionnellement qu’il peut deviner un mot en suivant en même temps les traits de l'écriture. — Ne peut pas plus lire le manuscrit que lPimprimé. — Il écrit Spontanément son nom, çà et là en écrivant il change des lettres. Il peut écrire aussi de courtes lettres. Il écrit non comme un aveugle, mais comme quelqu'un qui a écrit jadis. — Écriture sous dictée un peu meilleure. Cependant il change encore des lettres. — Copie presque complètement impossible. Le malade était hors d'état de dessiner les plus simples objets des paysages, arbres, maisons, ce qu’il faisait très facilement jadis.

AUTOPSIE. — Ramollissement de la substance blanche au niveau du pli courbe, du lobule pariétal supérieur et de la deuxième circonvolution occipitale. — L'examen microscopique démontre : la dégénérescence de la partie supérieure des radiations de Gratiolet, de la partie interne et antérieure du corps genouillé externe, de la partie antérieure du pulvinar, des couches superficielles du tubercule quadrijumeau postérieur et de la bandelette optique gauche dans sa partie interne. La partie supérieure du tapetum, le faisceau occipito-frontal, l'occipito-temporal, et le bourrelet du corps sont dégénérés.

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OBSERVATION 52. — SOUQUES. Rev. Neurol., 1894, 15 février, n° 8, p. 65 (résumée).

J. D..., 23 ans. — Pas d'hémiplégie. — Hémiopie homonyme latérale droite. — Paraphasie très améliorée au moment de l'examen. — Pas de surdité verbale. — Pas de cécité psychique. — Cécité verbale complète. — Cécité littérale existe à peine. — Ecriture spontanée : agraphie totale. N'écrit que son nom et son prénom. — Ecriture sous dictée : agraphie absolue.

AUTOPSIE. — Tumeur gliomateuse traversant l'hémisphère gauche de part en part : du pli courbe qu’elle détruit au lobule quadrilatère. Lésion des radiations optiques. Pas de lésion de la deuxième frontale.

OBSERVATION 53. — BIANCHI. Berlin. kl. Woch., 1894, 2 avril, n° 14, p. 332

(résumée).

Malade, 71 ans. — Hémianopsie homonyme latérale droite. — Motilité intacte. — Compréhension de la parole parlée : Comprend ce qu’on lui dit, mais ne peut répondre. — Répète les mots prononcés. — Parole spontanée : très défectueuse. — Registre très incomplet surtout pour les mots communs et les noms propres. — Lecture impossible, paraphasie. — Ecriture spontanée : mauvaise, paragraphie. — Ecriture sous dictée : bonne. — Copie : impossible.

AUTOPSIE. — Plaque de ramollissement ancienne sur le gyrus angulaire

gauche, empiétant sur la substance grise de la partie postérieure de la première circonvolution temporale; cette plaque épargnait complètement les première et deuxième temporales et s’étendait dans la substance blanche du gyrus angulaire jusqu’à la corne postérieure du ventricule latéral.

OBSERVATION 54 (personnelle, {1), recueillie dans le service de M. Dejerine, à Bicétre.

Aphasie sensorielle avec hémiparésie droite passagère. Amélioration considérable de la surdité verbale. Alexie complète. Paraphasie avec jargonaphasie très prononcée pour la parole spontanée et la parole répétée. Agraphie totale. Le malade ne peut même pas écrire son nom. Ecriture sous dictée et copie impossible. Pus de cécité psychique ni d'aphasie optique. Impossible de rechercher l'hémiopie.

AUTOPSIE. — Aspect macroscopique. Lésions du qgyrus supra marginalis et de la partie adjacente du pli courbe et de la pariétale inférieure du côté gauche. Examen microscopique, grand foyer de ramollissement, dans le sillon marginal postérieur de l’insula, destruction de la pariétale inférieure, isolement du pli courbe; petit foyer primitif sur la crête du pli courbe; troisième foyer dans la masse blanche de la frontale ascendante. Dégénérescence descendante et rétrograde des radiations optiques, du longitudinal inférieur, du pulvinar et du corps genouillé externe. Dégénérescence dans la capsule interne et le pied du pédoncule.

Joseph Sc, 76 ans, tailleur d’habits.

(1) Un résumé de cette observation a été publié par M. DEJERINE. Pull. méd., 1895, 25 mars. ( Des aphasies sensorielles.)

Antécédents héréditaires : Nuls. Pas de renseignements sur le père et la mère du malade. N'a jamais eu ni frère, ni sœur.

Antécédents personnels : La fille du malade donne les renseignements suivants : Le malade aurait eu jadis, à une époque impossible à préciser une paralysie du côté droit du corps occupant le bras et la jambe, mais respectant la face. Cette hémiplégie s’est développée brusquement à la suite d’un ictus apoplectique. La parole alors était conservée. Cette hémiplégie fut PARPARE el guérit au bout de quelques mois.

Il y a 8 ans (1883) le malade se réveille un matin atteint d’ enipl ie droite. On ne peut savoir si à ce moment la face était atteinte. Cette hémiplégie s’accompagne de troubles de la parole qui disparurent au bout de deux jours. Peu à peu la motilité revint dans le membre inférieur; le bras au contraire resta atteint de parésie ; le malade pouvait lui imprimer tous les mouvements, mais ces mouvements se faisaient sans force.

Le malade entre à Bicêtre en janvier 1890. Le 30 avril de la même année il fut frappé de nouveau d’un ictus apoplectique. Il entre ce jour mème à linfirmerie, dans le coma complet, avec résolution complète des quatre membres, mais beaucoup plus marquée dans les membres du côté droit, avec paralysie du facial inférieur droit : le malade fume la pipe. — Cet état comateux est très profond, car des pincements même très énergiques sont à peine sentis le jour de son entrée. Cet état se prolonge pendant quelques jours ; puis, au bout d’une semaine le malade commence à sortir de sa torpeur, à regarder vaguement ce qui se passe autour de lui, à faire quelques mouvements. On constate alors nettement l'existence d’une hémiplégie droite.

Au bout de quelques jours il retombe de nouveau dans son état comateux, et ces alternatives d'amélioration et de rechute se prolongent pendant toute la durée du mois de mai et la première quinzaine de juin.

À ce moment le malade revient à lui et l’on constate les phénomènes suivants : hémiplégie droite très légère avec intégrité de la sensibillté, légère parésie du facial inférieur du même côté ; surdité verbale très nette. Le malade ne comprend pas ce qu’on lui dit et répond aux questions avec une paraphasie extrêmement marquée, employant des mots et des syllabes n'ayant aucun sens (jargonaphasie): Il parait également atteint de cécité verbale, car il ne comprend aucune question posée par écrit, soit en lettres cursives, soit en imprimé.

Au commencement de juillet, l’hémiplégie droite est très atténuée, mais la surdité verbale, la paraphasie et la cécité verbale persistent, comme au début.

1er août 1891. Le malade ne présente plus trace d’hémiplégie droite. Il se sert de sa main droite et très facilement pour tous les usages ordinaires de la vie; la force musculaire est très développée ; il persiste encore cependant un léger degré d'affaissement de la commissure labiale droite.

La surdité verbale à beaucoup diminué; le malade, intelligent, comprend un assez grand nombre des questions qu'on lui pose et sa mimique est très expressive. Mais lorsqu'il veut répondre aux questions, ou parler spontanément, il présente de la paraphasie très accusée avec jargonaphasie.

D. Quel métier faisiez-vous? KR. Euh, mon Dieu ! mon Dieu ! ça ne vient pas bien. Diction, c'est un nom comme ça, j'étais couturmerier.

D. Où êtes-vous né? KR. J'ai un moi de jalon, je suis enfant de te te, il était, oh mon Dieu, quel malheur, bien oui, de Canandau un petit.

D. Vous êtes né à l'Isle Adam? R. Oui monsieur.

D. Que faisait votre père ? R. IL était bignadou.

D. Combien travailliez-vous d'heures par jour ? R. Quinze jours.

D. Depuis quand êtes-vous à Bicêtre? R. J'ai rendu quatre, oh mon Dieu, mon Dieu.

D. Quand avez-vous vu votre fille pour la dernière fois? R. La dernière fois, elle est gagnée en petit, il y a dix-huit ans qu'elle s'est dégagée.

D. Qu'est-ce qu'elle fait votre fille? R. Elle faisait tous les grandes filles, les grandes filles. Mon Dieu, mon Dieu.

D. Est-elle grande votre fille? R. Muis oui, elle était dix-septième, dix-septième.

D. Est-elle mariée ? R. Non monsieur.

D. Vous avez bu un petit coup dimanche? KR. Non, est-ce que vous allez exercer des petits satyres comme ça

D. Qu'est-ce que vous avez mangé hier ? R. Du punch avec des chapeaux.

D. Êtes-vous content d'être à Bicêtre ? R. Oui monsieur.

Donc paraphasie très marquée et jargonaphasie pour la parole spontanée.

Répétition des mots :

« L'armée française est une belle armée ». « Une grande rétardour, voilà, voilà, : une grande rétardour, ça revient au même. »

« Paris est la capitale de la France. » « La paix est encore un petit regrata, regrata. »

« Je suis né à l’Isle- Adam. » « J'suis Durandaæ, c’est-y bien duquantaz. »

« Je suis un bien brave homme. » & Un gros gâteau, il est content. »

« Il fait beau temps aujourd'hui. » « Oui il fait très beau, c'est beau oui. »

« Hier il pleuvait à verse. » « Oui il faisait plus sale, il faisait un mauvais tarent, un moment, ça voudez dire. #

Dites : « Vive la France » ; il répond : « Vivse la Fraste » Dites : « Vive la République »..R. « Brisque la Froconi, brisque la brisque, brisque 1 »

Le malade se rend très bien compte qu’il ne dit pas ce qu'il veut dire, car il s’excite et par sa mimique très expressive et ses exclamations (oh mon Dieu, mon Dieu) il montre combien il lui est pénible de ne pouvoir s'exprimer clairement. — Si on lui dit une phrase qui n’ait aucun sens, analogue à celle qu’il prononce, il comprend très bien que cette phrase n’a aucun sens, vous regarde d’un air étonné et dit :

« Ce n’est pas une lettre, ça. »

Chant. On lui fait chanter la Marseilluise. L'air est à peu près juste, mais il prononce les paroles suivantes :

« Il grand trafa en la fatrie Il était tant son des roci. »

Lecture. On passe un journal au malade. Il demande « ses cloches pour ses cheveux » (ses lunettes pour ses yeux).

13 août 1891. Le malade reconnaît très bien tous les objets et sait quel est leur usage. Pas de cécité psychique. Mais il ne peut les dénommer et leur donne des noms plus ou moins bizarres. On lui montre une montre. « Ça, c'est une

puce, » ensuite « c'est une monche ». Une boîte d'allumettes « Ça, c'est une machine pour les pantouches. »

Pas d’aphasie optique, car il ne dénomme pas mieux les objets en les palpant.

On lui montre un verre à boire. « C'est un chaux. »

Parole spontanée :

« Qu'avez-vous voulu écrire avant-hier ? R. Que j'ai voulu qu'elle couillu a fait. J'ai voulu até.

« Qu'est-ce que vous voulez dire ? Le malade se fâche car il n’a pas compris la question et semble croire qu'on l’accuse de quelque chose.

On lui montre les traits qu'il a. écrits sur le papier. Il répond : « Mais oui c'est mon, c'est mon affaire, sacré nom d'un chien. »

€ Que vouliez-vous écrire? » « Je disais, je pensais, je susposais, mon Dieu, c'était greffé des frères, mon Dieu, mon Dieu. »

© Alors vous ne savez plus écrire? » « Je n'ai plus de torté, plus rien quoi. Du moins j'en sais encore des mots scrits. »

« Pourquoi ne savez-vous plus écrire ? » « Parce que la plu n'est plus aussi pour la facilité ».

« Qu'avez-vous lu hier ? » « Qu'est-ce que j'ai détenu. »

€ Qu'avez-vous mangé hier ? » « Peut-être un petit peu de pommes de terre, quelques feuilles, une demie pocharge, oh mon Dieu, petit mot. C'est çà oui, c'est ‘des fournies dans du bras droit. »

€ Êtes-vous sorti hier après-midi? » «Si je m'est sorti samedi. »

€ Quand avez-vous vu votre fille ». « Ah je credi, c'était dans la Junie quoi. »

« Quand cà? » « Jeudi. »

« Que fait votre fille? » « Une petite journal. »

« Que faites-vous dans Bicètre ? » « Tous mes jours connaître dans ce qu'il y a de trois jours. C'est des boutets qui jouent. »

« Quel méter faisiez-vous ? » « J'en faisais un gros, la requinzique, servenne, corvenne. » Le malade s'agite et se fâche de ne pouvoir trouver le mot Juste.

Ecriture spontanée : impossible de l’une ou l'autre main. Le malade trace

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des traits informes, irréguliers, où il est impossible de reconnaître aucune lettre. Il est dans l'impossibilité absolue d'écrire même son nom.

Sous dictée : l'écriture est aussi impossible.

La copie de l'imprimé et de l'écriture cursive est aussi altérée que les autres modes de l'écriture ; le malade ne trace que des traits informes.

Cependant le malade savait très bien écrire et écrivait même très souvent, d’après les renseignements que nous fournit sa fille.

Tout en écrivant sous dictée ou d’après copie, le malade répète sans cesse : « Ça ne dit pas grand chose çà, c’est pas bien, c'est pas de l'ouvrage bien comme

i faut, c'est trop dificile, trop difficile, comprends pas ça, je peux pas arriver, peux pas, je lis pas bien. »

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Copie de manuscrit.

Lecture à haute voix d’un article du journal :« Voici qu’à propos de révélations faites par un de nos confrères sur les mauvais traitements infligés aux détenus dans les prisons, se pose à nouveau dans la presse la question si souvent débattue de la responsabilité des criminels atteints de tares mentales plus ou moins marquées. » Le malade Hit : « Causons prospose de renté par ma e de mes confrères sur les traitements un au plan au caseu de ses frais se la presse de crause si souvent reparais de la retenue de creté un cour pour moins car qu'est-ce qué. »

Lecture mentale. On fait lire au malade les phrases suivantes : « Lorsque je serai guéri, je quitterai Bicêtre avec plaisir. » « Je n'ai pas toujours été sage, j'ai fait bien des bêtises dans ma vie. » « Je suis un vieux farceur qui a fait beaucoup la noce. » « Il paraît que je me conduis mal ». « Scott est un paresseux. » « Scott n’a jamais voulu travailler. » Le-malade comprend en partie ce qu’il lit et fait des signes de dénégation formelle.

Écriture spontanée : le malade ne trace qu'une série de traits informes.

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Ecriture spontanée.

16 mars 1892. La paraphasie est à peu.près la même, toujours très prononcée, un peu moins certains jours que d’autres.

Depuis quelques jours, le malade peut lire et comprend ce qu'il lit, l'imprimé comme le manuscrit.

Mais la lecture à haute voix présente les:mêmes troubles de paraphasie que la parole spontanée ; cependant il est certain qu'il comprend ce qu’il lit.

Quoi que le malade cherche à écrire spontanément, sous dictée, d’après copie d’un manuscrit ou d'un imprimé, il exquisse toujours les premiers linéaments de son nom. A peine distingue-t-on un $S mal formé : il est impossible d’en reconnaître les autres lettres.

23 novembre 1893. La paraphasie est toujours la même. L'état mental s’est un peu affaissé. De temps à autre, à la place de la jargonaphasie, il ya deux ou trois mots prononcés correctement, tantôt correspondant, tantôt ne correspondant pas à la question ; mais c’est la très grande exception.

Compréhension du langage parlé. Le malade comprend toutes les questions qu'on lui pose à haute voix; il est certain aujourd’hui que la surdité verbale a disparu sinon totalement, du moins presque complètement.

Compréhension de la lecture. La lecture mentale paraît être revenue pour les choses ordinaires de la vie ; lorsqu'on écrit : « le père Scott est un brave homme », il fait des gestes d’affirmation et sa figure prend une expression de contentement. Si on écrit : « le père Scott est un buveur », il s'indigne. Par contre la question : « Avez-vous des enfants? » ne semble pas comprise. En somme, la cécité verbale est encore assez prononcée.

Lecture à haute voix. Les troubles de la prononciation sont les mêmes que pour la parole spontanée; jargonaphasie et paraphasie complètes.

Écriture : impossible sous tous ses modes : spontanée, sous dictée, d'après copie.

Juin 1894. L'état mental du malade est nettement affaibli.

La force musculaire des membres est diminuée ; le malade a peine à marcher, el souvent il tomberait si on ne le soutenait. Mais la force musculaire est égale des deux côtés ; il ne semble pas y avoir de diminution plus marquée de la motilité pour le côté droit.

Sensibilité normale sous tous ses modes, pour tous les points du corps.

Parole spontanée : paraphasie très marquée avec jargonaphasie. Quand le malade veut parler ou qu’il répond à une question, il prononce un très grand nombre de mots, beaucoup plus que n’en comporte l’idée à émettre. L'articulation des syllabes, la prononciation des mots est bonne. Parmi ce grand nombre de mots, on en reconnaît quelques-uns ayant un sens précis, mais que le malade émet à tort. Ces mots sont en outre noyés au milieu de syllabes sans aucun sens, rendant la phrase absolument incompréhensible.

La parole répétée présente exactement les mêmes caractères de paraphasie avec jargonaphasie.

Il en est de même de la lecture à haute voix.

La lecture mentale est aussi très altérée. Le malade reconnait quelques mots : Son nom, et pas toujours cependant. Il devine le sens de Certaines phrases où certains mots le frappent, plutôt qu'il ne les comprend. Si on lui donne à lire € le père Scott est un voleur », il se fâche; il est content si on écrit « le père Scott est un brave homme ». Mais lui donne-t-on un ordre par écrit: « tirez la langue », « levez le bras droit », il ne comprend pas, nous regarde, prononce des mots sans aucun sens, semblant demander une explication, mais n’exécute

pas l'ordre donné. Pour les lettres, parfois il semble les reconnaître ; mais c’est plutôt un effet du hasard, car parfois il reconnaît une lettre, qu'à un autre moment il ne reconnaît pas. Il prononce en somme des lettres au hasard.

Il comprend les chiffres isolés, mais ne comprend plus les nombres de deux chiffres. Les opérations simples d’arithmétique sont impossibles.

Compréhension de la parole parlée. Le malade comprend la plupart des choses qu'on lui dit, mais non toutes. A de certaines phrases, il nous regarde d'un air étonné, manifestant ainsi d’une façon très nette qu'il n’a rien compris.

Ecriture. L'agraphie est complète et absolue pour tous les modes de l’écriture : Ecriture spontanée, sous dictée, d’après copie d'un imprimé ou d'un manuscrit. Le malade trace des lignes informes, irrégulières, au milieu desquelles il est impossible de reconnaître aucune ébauche de lettres ; cependant au début de chaque mot le malade trace une ligne verticale ondulée qui ressemble vaguement à un $, la première lettre de son nom. Le malade chercherait ainsi sans cesse à écrire son nom. Mais il est incapable de l'écrire en entier, ni spontanément, ni sous dictée, ni d'après copie.

Il est impossible de se rendre compte si le malade présente de l’hémiopie. Jamais on n'a pu fixer suffisamment son attention pour procéder à l'examen campimétrique. Cependant il semble apercevoir les objets dans toute l'étendue du champ visuel.

En résumé, le malade présentait : de la paraphasie avec jargonaphasie.

Surdité verbale incomplète, surtout latente.

Cécité verbale et littérale incomplète, mais beaucoup plus accentuée que la surdité verbale.

Agraphie totale pour tous les modes de l'écriture.

AUTOPSIE. — Hémisphère droit; ne présente aucune lésion.

Hémisphère gauche.

L'examen macroscopique ne révèle qu’un amincissement, un ratatinement des circonvolutions situées en arrière de l'extrémité postérieure de la scissure de Sylvius. La partie postérieure de la pariétale inférieure, la partie antérieure du pli courbe et le gyrus supra imarginalis ainsi que la partie adjacente de la première temporale sont manifestement altérées. Ces circonvolutions sont plus petites qu’à l’état normal, et que celles de l’autre hémisphère. Leur épaisseur est réduite d'un bon tiers; leur saillie est beaucoup moins prononcée que normalement, si bien qu'elles sont en retrait sur les parties voisines.

Au palper, cette région présente une mollesse toute spéciale, et donne une sensation de pseudo-fluctuation.

L'hémisphère, après manipulations ordinaires, est débité en coupes microscopiques sériées. Entre le plan horizontal passant par la face orbitaire du lobe frontal, et le plan horizontal passant par le sillon interpariétal, il a été fait 615 coupes microscopiques horizontales numérotées. Ces coupes ont été colorées par les méthodes de Weigert, de Pal et par des méthodes de double coloration.

Les coupes ont été numérotées de bas en haut. La coupe n° 1 correspond au plan horizontal passant par la face orbitaire du lobe frontal; la coupe 615 correspond au sillon interpariétal. :

Examen microscopique. — Foyers primitifs. — 1° Le foyer primitif le plus important occupe la rigole postérieure de l’insula. I! apparaît à la partie inférieure de la pariétale inférieure, en plein gyrus supra marginalis, au point où la deuxième pariétale se continue avec la première temporale Ce foyer est allongé transversalement d'avant en arrière, sur une longueur d'environ 8 à 10 millimètres; très rétréci de dehors en dedans, il mesure à peine 4 à 5 millimètres ;

W1G. 5. — La région malade est colorée en rouge brun.

D, circonvolution descendante. — #,,F#,,F3, première, deuxième, troisième circonvolutions frontales. — F:;(c), cap de la troisième circonvolution frontale. — Fa, circonvolution frontale ascendante. — f,f,, premier et deuxième sillons frontaux. — 3, troisième sillon frontal ou incisure en 7. — f, Sillon olfactif ou quatrième sillon frontal. — @sm, circonvolution marginale supérieure. — 4, sillon interoccipital, — ip, sillon interpariétal. — ipo, incisure préoccipitale. — j, incisure de Jensen, — 0,,0:,03, première, deuxième, troisième cireonvolutions occipitales. — ,, deuxième sillon occipital, — 04, sillon occipital antérieur. — 0F,0F#:,0 F3, partie orbitaire des première, deuxième et troisième circonvolutions frontales, — 0 F\(Gr), gyrus rectus. — OpF, opercule frontal. — OpR, opercule rolandique. — OÜpP;,, opercule pariétal. — P,,P;, première et deuxième circonvolutions pariétales, — Pa, circonvolution pariétale ascendante. — pe, pli courbe. — po, scissure pariéto-occipitale. — por, sillon post-rolandique, — ?r'i,prs, sillons prérolandiques inférieur et supérieur. — pt, sillon pariétal transverse. — x@, rG», premier et deuxième plis verticaux de Gromier. — Z, scissure de Rolando. — S{a),S(v),S{p), branches antérieure, verticale et postérieure de la scissure de Sylvius. — 7,,7,,7», première, deuxième, troisième circonvolutions temporales. Tp, circonvolution temporale profonde. — #;, sillon parallèle ou premier sillon temporal. — {’,,£sa branche verticale, — #,, deuxième sillon temporal,

F1G. 6. — Coupe microscopique sériée n° 255. Les foyers primitifs sont colorés en rouge, les dégénérescences secondaires en jaune.

Al, alvéus. — A, avant-mur. — C, cunéus — (te, corps calleux. — ((g), genou du corps calleux, — C&(r), bec du corps calleux (rostrum). — C(spl), bourrelet du corps calleux (splénium). — (Ce,capsule externe. — (y,circonvolution godron, née. — Cÿye, corps genouillé externe. — (Yi, corps genouillé interne. —- Cüasegment antérieur de la capsule interne, — Cing(p), segment postérieur du cin-

in

en hauteur il mesure environ 1 centimètre. Dans le fond de la rigole postérieure de linsula se voit l'artère thrombosée qui a été le point de départ du ramollissement.

Cette lésion sectionne tout le pied du gyrus supra marginalis et isole complètement, par elle-même et par ses dégénérescences secondaires, le gyrus supra marginalis et le pli courbe de ses connexions avec les autres centres du langage. Elle s'étend sur toute l'épaisseur de la pariétale inférieure, détruisant aussi bien la corticalité que les faisceaux blancs sous-jacents.

En dehors, ce foyer pénètre dans la masse blanche du gyrus supra marginalis par sa face profonde et détruit complètement cette circonvolution. A la partie inférieure de la lésion, le gyrus supra marginalis est en quelque sorte évidé par sa partie centrale, la circonvolution est comme seclionnée de dedans en dehors. Sur les deux faces de la lésion la corticalité est relativement saine et émet

gulum. — (i(g), genou de la capsule interne. — (ip, segment postérieur de la capsule interne. — (Cip(d), dégénérescence &u segment postérieur de la capsule interne. — (rl, segment rétro-lenticulaire de la capsule interne. — cm, Sillon calloso-marginal. — CNC, colliculus du noyau caudé. — co, commissure antérieure, — Com, commissurëé molle. — €bp, commissure postérieure. — C'R, couronne rayonnante. — (sÿt, couche sagittale, — P1,72,F3, première, deuxième et troisième circonvolutions frontaléé. = ic, cap de la première frontale, — Fu, circon volution frontale ascéhdante. — FT, faisceau de Turch. — f1,f?, premier et deuxième sillons frontaux. — #7i, faisceau longitudinal inférieur, — Fp,foyers primitifs. — Gsm, gyrus supra marginalis. — 77, hippocampe. — ip, sillon interpariétal. — X, scissure calcarine. — X + po, union du sillon pariéto-occipital et de la scissure calcarine. — 1, première circonvolution limbique. — Zg, lobule lingual. — Zme, lame médullaire externe du noyau lenticulaire. — Zmi, lame médullaire interne du noyau lenticulaire. -— Ln, locus niger. — »F#1, face interne de la première circonvolution frontale. —- VC, noyau caudé. — NC’ queue du noyau caudé. — Ne, noyau externe du thalamus. — Ni, noyau interne du thalamus. — WZI,NL?,NI3, premier, deuxième et troisième segments du noyau lenticulaire, — O1, première circonvolution occipitale. — O7, faisceau occipitofrontal. — Op F3, opercule frontal. — OpR, opercule rolandique. — P, pied du pédoncule, — P?, circonvolution pariétale inférieure, — P4, circonvolution pariétale ascendante. — PC, pli courbe, — pC'R, pied de la couronne rayonnante., — Pes, pédoncule cérébelleux supérieur, — P(d), dégénérescence du pied du pédoncule, — Pleh, plexus choroïdes. — po, sillon pariéto-occipital, — P}>(', précunéus. Pri, sillon prérolandique inférieur. — Prs, sillon prérolandique supérieur, — Pul, pulvinar. — Q4x, tubercule quadrijumeau antérieur. — A, sillon de Rolando. — Jim, ruban de Reil médian, — 724%, radiations thalamiques. — S{4), branche antérieure de la scissure de Sylvius. — S(p), branche postérieure de la scissure de Sylvius. — $7, septum lucidum. — Tap, tapetum. — #1, sillon parallèle. — Tya, pilier antérieur du trigone. — Typ, pilier postérieur du trigone, — 74%, carrefour ventriculaire. — 7», circonvolution temporale profonde, — #se, tænia semicireulaire. — Ve, ventricule latéral. — Voc, corne occipitale du ventricule Jatéral. — W, zone de Wernicke. — xe, pli cunéo-limbique. — Z7, Bandelette optique. — IT], fibres radiculaires de la troisième paire. — Les foyers primitifs sont colorés en rouge les dégénéréscences secondaires en jaune.

quelques. rares fibres myéliniques parfaitement rec

onnaissables. Mais par sa face profonde, au niveau de la scissure de

Sylvius, la corticalité est complète-

FIG. 7. — Coupe microscopique sériée n° 338. Leg foyers primitifs sont colorés en

rouge, les dégénérescences secondaires en jaune. — Même légende que pour à fig. 6. Méthode de Pal.

ment détruite, et la lésion gagne jusqu’à la surface. Toute la partie moyenne de la circonvolution est complètement dépourvue de fibres myéliniques. Elles sont remplacées par un tissu lacunaire, de névroglie proliférée. A mesure que l’on examine des coupes plus élevées, ce tissu lacunaire se raréfie; la lésion s'éloigne et de la crête et de la base de la circonvolution, se cantonnant dans sa partie médiane. Enfin à la partie supérieure du gyrus on n’observe plus que quelques espaces dilatés au milieu de fibres myéliniques saines. Au milieu de ces espaces se montrent des artères thrombosées.

Deuxième foyer. Dans la masse blanche sous-jacente à la frontale ascendante, à la partie inférieure de cette circonvolution, mais cependant sur un plan un peu supérieur à celui du foyer précédent, se voit, en plein centre ovale, un foyer de ramollissement ancien étendu transversalement d'avant en arrière. A sa partie moyenne, il est renflé, ovoiïde, et se rapproche par son extrémité postérieure de l'extrémité antérieure de l'insula. En avant ïl est très éloigné de la pointe frontale ct atteint à peine par son extrémité antérieure la troisième frontale. 11 appartient nettement aux fibres sous-jacentes à la frontale ascendante. En dehors il n’atteint pas la corticalité, dont il est séparé par les fibres en U. En arrière, il reste nettement séparé de la corne antérieure du ventricule latéral.

30 Enfin un troisième foyer cortical très petit s'observe sur la crête même du pli courbe. Ce foyer siège à la lèvre antérieure du pli courbe, à son sommet, au point de contact avec le gyrus supra marginalis. À ce niveau il existe un petit foyer de ramollissement mesurant environ 3 à 4 millimètres d’étendue d'avant en arrière, un peu plus étendu en hauteur; il détruit nettement toute cette portion de la corticalité à laquelle il est nettement limité.

Dégénérescences secondaires. — Le foyersitué à la partie postérieure de l’insula sectionne complètement la base de la pariétale inférieure ; en arrière il coupe complètement le faiscéau longitudinal inférieur et les radiations thalamiques. Au niveau de cette lésion, les fibres d'association courtes, fibres en U qui relient deux circonvolutions voisines, sont respectées, la face profonde de la corticalité est lapissée par ces fibres qui présentent leur épaisseur et leur coloration normale. Au contraire, la dégénérescence a frappé nettement les fibres blanches non différenciées de la couronne rayonnante.

Le longitudinal inférieur est sectionné dans sa partie supérieure et sur une assez grande étendue de sa hauteur. Il est remplacé par une zone blanche où on reconnaît à peine quelques fibres myéliniques isolées.

Les radiations thalamiques de Gratiolet sont complètement sectionnées. Les fibres qui les composent sont complètement dégénérées et il est facile de les suivre dans le pulvinar qui est manifestement atrophié et plus petit qu'à l’état normal. Le corps grenouillé externe semble aussi atrophié, ses lames sont moins nettement colorées que normalement. ;

À la partie postérieure de la corne occipitale du ventricule latéral, à la partie supérieure de celle-ci, en dehors de la substance grise sous-épendymaire, on note, dans l'épaisseur même du corps calleux, un croissant très net de fibres

F1G. 8. — Coupe microscopique sériée n° 439. Les lésions primitives ont disparu ; la dégénérescence secondaire est colorée en jaune.

C, cunéus. — Ce, corps calleux., — (ing, cingulum. — cm, sillon calloso-marginal, — F1,F2, première et deuxième circonvolutions frontales. — f1,f2, premier et deuxième sillons frontaux. — #4, circonvolution frontale ascendante, — ip, sillon interpariétal. — Zä, lobule lingual. — "F1, face interne de la première circonvolution frontale. — Ü!, première circonvolution occipitale. — P2, circonvolution pariétale inférieure. — Pu, circonvolution pariétale ascendante. — PC, pli courbe. — pCR, pied de la couronne rayonnante, — Yo, sillon pariéto occipital. — PrC, précunéus. — prs, sillon prérolandique supérieur. — ZX, sillon de Rolando. — #1, sillon parallèle. — #cf, tænia tecta.

dégénérées. Celles-ci entourent la pointe du ventricule latéral et pénètrent dans l'épaisseur même du corps calleux où elles se perdent bientôt.

Le ventricule latéral est considérablement élargi dans son prolongement postérieur ; il présente un volume au moins double de l'état normal. En aucun point ses parois ne sont atteintes par la lésion. Celle-ci se montre uniquement cantonnée sur sa face externe, respectant complètement sa face interne. Elle est surtout prononcée à sa partie moyenne et va en s'atténuant à mesure qu'on se rapproche des extrémités supérieure et inférieure du ventricule.

En résumé, ce foyer de ramollissement entraîne deux ordres de dégénérescences. Les unes directes occupant le segment rétro-lenticulaire de la capsule interne et portant sur les radiations thalamiques, le pulvinar et le corps genouillé externe : les autres rétrogrades, ascendantes, sous forme d’un pinceau de fibres dégénérées que l'on peut suivre le long de la face externe de la corne occipitale du ventricule latéral jusque dans le lobe occipital.

Le foyer cortical du pli courbe entraîne la dégénérescence d'un pinceau de fibres situées à la partie moyenne, dans l'axe même de la circonvolution. Ce pinceau dégénéré est nettement séparé en avant et en arrière, par un gros {rousseau de fibres saines, de la corticalité de la circonvolution. A la base du pli courbe ce faisceau se juxtapose à un faisceau dégénéré étendu d'avant en arrière et relevant du premier foyer. De celui-ci, en effet, on voit partir une bande dégénérée, large, allant en arrière jusqu'à la partie postérieure du pli courbe. Cette zone de dégénérescence est située en dehors du faisceau longitudinal inférieur et intéresse la masse blanche non différenciée. Elle sépare et isole le pli courbe de ses connexions longues. <

Le foyer antérieur entraine deux ordres de dégénérescence. A sa partie supérieure il va en s’atténuant dans le centre ovale, jusqu’au niveau du bord supérieur du ventricule où il se traduit par une raréfaction des fibres du centre ovale. En aucun point il n'atteint le ventricule. Plus intéressantes sont les dégénérescences de la capsule interne et du pied du pédoncule. La capsule interne présente deux faisceaux dégénérés : Le premier siège à la partie antérieure du segment postérieur, immédiatement en arrière du genou; le second est placé plus en arrière, à la partie postérieure du segment postérieur. Au pied du pédoncule on retrouve ces deux faisceaux : Le premier siège à la partie interne, dans le cinquième interne, séparé du bord interne du pied par une mince couche de fibres normales venues du genou de la capsule interne ; le second est situé très en dehors, à l'union des quatre cinquièmes externes avec le cinquième interne.

Examen microscopique de la corticalité. — Des fragments de la corticalité ont été examinés au point de vue de leurs altérations cellulaires par les méthodes de Rosinn, de Nissl et le picro-carmin. Au niveau du pied de la troisième frontale, du pied de la deuxième, de la pointe (emporale, de la pariétale et de la frontale ascendante, de la partie supérieure de la pariétale inféricure, la corticalité est absolument normale; les cellules se montrent normales en nombre et en volume. Au contraire, au niveau de la lésion du pli courbe, sur les deux bords de la lésion du gyrus supra marginalis, la corticalité est complètement détruite, on ne trouve pas trace de cellules. La corticalité est remplacée par un feutrage névroglique.

IT, — Aphasies pures.

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