OBSERVATION VI
(Communiquée par M. JaBouLAY.)
A... Henri, 19 ans, journalier, né à Cours. Entré le 4 mai 1896, au n° 14 de la salle St-Louis.
Bonne santé habituelle. Père et mère morts l’un à 43 ans, l’autre à 63 ans d’affections douloureuses de l'estomac.
I y a trois mois, le malade, faisant un effort pour soulever un fardeau, sentit une brusque douleur dans la fosse iliaque droite ; cette douleur futsi vive qu'il laissa tomber le fardeau. Pendant les jours qui suivirent, il souffrit de douleurs vagues dans la région et dans les reins. Au bout de huit jours, il prit une purgation qui n’amena aucune selle, mais donna des coliques qui durèrent quatre Jours. Ces coliques partaient de la région appendiculaire et s’irradiaient vers l’ombilic. Le ventre était un peu dure, il y eut quelques vomissements.
Au bout de ces quatre jours, cessation des douleurs mais état nauséeux persistant avec vomissements très fréquents.
Au bout de 15 jours, nouvel accès de coliques ayant toujours même siège et mêmes irradiations, durant également 4 à 5 jours, puis disparaissant pour ceder la place au même état nauséeux. Îl restait cependant dans la région iliaque droite une sensation de pesanteur qui génait la marche et le travail physique.
A la troisième rechute, un médecin consulté donna un traitement avec emplâtre belladoné et pilules de belladone en même temps qu’un régime.
Il y eut alors un mois et demi de répit, puis une nouvelle rechute qui amène le malade à l'hôpital. Il raconte que cette crise dure depuis quatre jours, qu’il souffre dans un point qu’il nous montre et qui répond à la région cœcale. Enfin, que cette douleur l’oblige à marcher courbé en deux.
A la palpation, on trouve de la contracture musculaire et,
lorsqu'on obtient le relâchement des muscles, un peu d’empâtement profond. Mais rien de bien net. |
Température normale.
Opération le 5 mai. Après anesthésie et résolution musculaire, on trouve un peu d’empâtement profond en explorant la région iliaque droite.
Incision courbe parallèle à l’arcade. Section des plans musculaires etaponévrotiques.
Ouverture du péritoine ; il s'échappe un peu de liquide citrin. Le doigt qui va à la recherche de l'appendice le trouve dans la position descendante externe, engagé derrière des adhérences. On le décolle de ces adhérences, on l’amène à l'orifice cutané et on le résèque.
L’appendice enlevé est long; il est turgescent, dur et un peu renflé en massue à son extrémité. Le péritoine qui l’enveloppe est infiltré. L'incision faite suivant la longueur montre que la lumière est perméable d’un bout à l’autre, un peu dilatée vers l'extrémité qui contient un peu de muco-pus. La muqueuse est rouge, infiltrée, tomenteuse.
Les trois observations suivantes nous sont communiquées par M. le professeur agrégé Siraud.