OBSERVATION XVI
(Thèse de VicnarD)
Le 24 avril 1899, M. Poncet fut appelé à la campagne pour pratiquer une appendicectomie chez une jeune fille de quinze ans. Les accidents dataient de trois ou quatre jours. [1 n’y avait pas de tumeur dans la fosse iliaque, le ventre était peu ballonné et presque pas douloureux, sauf à droite.
A l’incision, il s'écoula une cuillerée de liquide séreux. l'intestin était rouge et le cœcum très difficilement mobilisable.
L’appendice était très adhérent aux anses intestinales voisines et donnait l'impression de ne pouvoir être libéré.
Se guidant sur la bandelette postéro-interne du cœcum, M. Poncet arriva jusqu'à la base de l’appendice et pratiqua la section de ce dernier entre deux pinces. Essayant alors de dégager le bout inférieur avec le doigt, il vit la séreuse épaissie se dégager comme un doigt de gant et il amena au
SENCURS
dehors l’appendice tout entier qui ressemblait à un gros lombric, etétait pelé sur toute sa longueur. A l'extrémité, on voyait une perforation de trois ou quatre millimètres de diamètre. IL était libre dans toute sa longueur et ne présentait ni rétrécissement ni corps étranger.
Une pince fut laissée sur le bord supérieur et la plaie drainée à la gaze iodoformée.
A noter que tout à fait au début de l'opération eten cherchant, comme on le fait d'ordinaire, l'extrémité de l’appendice, un abcès à pustrès fétide s'était crevé tout à coupet avait failli inonder le péritoine.
C’est alors que M. Poncet, conscient du danger qu’entrainaient de pareilles manœuvres, se porta sur la base de l’appendice et essaya du procédé que nous avons relaté.
La guérison fut lente et la malade fut quelques jours après incisée sur la ligne médiane par M. Delore, chefde clinique, pour drainer un abcès qui s'était formé au-devant de la vessie et au-dessus du pubis.
A la suite de cette deuxième intervention, la guérisonsurvint assez rapidement.