OBSERVATION XVII
M. Lépine Lyon-Médical, 1897 (page 228).
A..., âgé de 40 ans,entre dans le service de la clinique médicale le 20 janvier au soir, avec des symptômes d’une occlusion intestinale remontant à quatre jours et paraissant avoir débuté brusquement. Toutefois, il importe de savoir que depuis trois mois le malade a éprouvé à diverses reprises de la douleur dans la fosse iliaque droite qu’il attribuait à une hernie.
* Le 16 janvier. — Il fit appeler le D' Michel, à l’obligeance duquel je dois tous les renseignements suivants sur l'état du malade du 16 au 20 janvier. Je transcris, textuellement, la note qu'il a bien voulu me remettre.
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Le malade se plaint d’une douleur lancinante, à droite et vers l’ombilic. Je ne découvre aucune trace de hernie. Le ventre est ballonné. La palpitation, à droite, est très douloureuse. Je constate un empâtement assez considérable, mal limité, qui occupe presque toute la fosse iliaque. Le malade a eu des frissons dans la matinée ; pas de vomissements.
Rien d’anormal du côté du cœur et des poumons. TR Jo: pouls r20; respiration 30.
Prescription : potion opiacée ; cataplasmes ; lavement purgatif.
Le 17 janvier. — 2 heures du soir, amélioration de l’état 7) ; local. Le ventre est moins ballonné ; la palpation n’est pres- ; P P
que plus douloureuse. et l'empâtement a considérablement diminué ; deux selles. TR 38°; pouls 120.
La nuit suivante, vomissements qui deviennent de plus en plus fréquents et abondants.
Le 18 janvier. — Consultation avec le docteur Rabot. Le malade est très abattu, angoissé, mais il ne présente aucune douleur ; envie de vomir ; soif; ventre ballonné ; pouls toujours à 120, maistrès petit; TR 3795 ; dyspnée considérable ; l'introduction d’une longue sonde de gomme élastique dans le rectum n’est suivie d'aucun effet.
Le 19 janvier. — Plusieurs lavements ont été donnés sans résultat, les vomissements sont incoercibles : le facies grippé ; le pouls filiforme; hoquet, sueurs froides: TR A9 SVEtAT général très grave. J’insiste pour que le malade soit transporté à l'hôpital.
20 janvier.— Le malade est admis à l'Hôtel-Dieu et il est examiné le soir par le docteur Pauly, chef de clinique, qui constate un état encore plus grave que la veille : le ventre est très ballonné. L’opportunité d'une opération se pose, mais elle est écartée en raison du peu de chance de succès.
La mort a lieu dans la nuit.
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Autopsie. — Par un temps froid, pas de putréfaction ; elle est faite par M. Paviot et par moi (prof. Lépine).
A l'ouverture de l'abdomen, on constate l'existence d’une péritonite sans liquide purulent, et caractérisée par la rougeur des anses intestinales avec léger exsudat. Dans la fosse iliaque, l’exsudat se présente sous la forme de quelques membranes fibrineuses infiltrées de pus et très molles. Ces fausses membranes fixent deux anses d’intestin grêle en une position telle que ces anses sont coudées à angle très aigu. Telle est la seule cause de l'occlusion intestinale.
En déchirant avec le doigt ces adhérences récentes, on pénètre, à quelques centimètres de profondeur, sur l’appendice iléo-cœcal, entouré de fausses membranes purulentes, et d’une longueur de 6 centimètres. Au niveau de la partie la plus renflée, sa circonférence est de 5 centimètres. Après l'avoir incisé longitudinalement, on voit que sa cavité est tout-à-fait libre, fusiforme et non close. Vers la moitié de la longueur de l’appendice, la paroi est épaissie et nécrosée. A ce niveau existe une perforation par laquelle il est aisé de faire passer une allumette de moyenne grosseur.
Le cœcum est parfaitement sain, et les autres organes ne présentent rien de particulier.
OBSERVATION XVIII (Résumé)
France Médicale, 1800.
Le 30 mai 1884, on apporte dans le service de M. Auger, un homme de 23 ans, terrassier, très vigoureux, et malade depuis trois jours seulement; il avait été pris tout-à-coup, en pleine santé, de douleurs abdominales, de nausées, de vomissements et d’un affaissement pseudo-lipothymique. Le même jour, suppression de la miction. Pendant ce temps,