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et frugale qui leur convient, et du pain, du lait, quelques maigres légumes, remplacent, hélas! avec désavantage, les bons fruits, feuilles ou racines de bois.
Quant aux lapins, ils présentent facilement une inflammation du cæcum, lorsque la cellulose disparaît de leur régime; Von Knierien a montré, en 1885, que de simples rognures de cornes ajoutées aux aliments préviennent alors la maladie. Beaussenat à reproduit également l’appendicite chez le lapin en faisant ingérer de la viande hachée en putréfaction; il obtint des lésions graves d’entéro-colite avec ulcérations étendues à la muqueuse de l’appendice.
= Nous pensons qu’un tel ensemble de faits doit suffire pour mettre en relief la part importante qui revient au régime carné dans l’étiologie et la pathogénie de l’appendicite; ainsi, de l'étude de l'affection chez le Noir nous avons été amené à jeter certaine lumière sur les causes de la maladie; il nous reste à expliquer comment le régime carné conduit à l’appendicite.
« La nourriture animale dont nous usons, dont nous abusons de plus en plus, n'est pas une nourriture, mais un ernpoisonnement continu. » (HUCHARD.) |
a) La viande est un aliment excitant. — Elle détermine d’abord une riche sécrétion psychique, puis une abondante sécrétion chimique grâce à ses matières extractives, et la digestion s’accomplit hâtivement en ne laissant après elle que de rares déchets; le volume de ces déchets est insuffisant pour
donner prise aux contractions du gros intestin chargé d’expulser ces dangereux résidus. La sen$ation de bien-être et de force est immédiate, manifeste, mais peu durable, et une répétition fréquente de repos s'impose pour parer aux défaillances; ainsi s’achemine-t-on vers la suralimentation et ses dangers (thèse de Collière).
b) La viande est un aliment toxique. — 1° La chair de l’animal contient des poisons qui se forment pendant la vie et après Ja mort de l’animal (ptomaïnes),
2° La digestion de la viande engendre des poisons (bases puriques).
3° La viande subit une putréfaction mierobienne dans l'intestin.
En effet, Gilbert et Désiie ont montré que le nombre des microbes augmente dans le tube digestif d’une façon colossale après un repas carné, et diminue à l’extrême après quelques jours de régime lacté ou végétarien exclusif. De même les extraits préparés avec le contenu de l'intestin grêle d’un chien nourri de viande sont infiniment plus toxiques que ceux obtenus en soumettant ce chien au régime lacté.
c) L'intestin est la première ligne de défense contre l'infection, mais à se surmène. — L'intestin se défend par les sécrétions de ses parois (mucus), et il est le siège, au moment de la digestion, d’une leucocytose intense qui renforce son pouvoir antitoxique. Charrin et Cassin ont mis en évidence la destruction des poisons par la muqueuse intestinale. Maïs l'organe se surmène; un des premiers signes de la fatigue digestive, dit Pascault, est une sorte d'empâtement du cæcum qui, à la palpation, donne l'impression d’un organe en érection, et devient congestionné, tendu, hypertrophié par prolifération du tissu conjonctif de ses parois. :
La constipation est le premier résultat de cette altération du tube digestif; puis survient un stade plus grave caractérisé par un véritable encrassement du cæcum et du côlon (l’entéroripose de Pascault) dû à l’hyperacidité et à la production des dérivés toxiques des albuminoïdes et graisses, mais aussi à l'absence de cellulose qui ne permet pas le balayage mécanique du gros intestin. Enfin surviennent l’entérite, la colite mucomembraneuse, ou l’appendicite chronique. :
La question des rapports qui existent entre l’entéro- colite et l’appendicite a beau être très discutée, il ne subsiste pas moins des faits précis : |
Beaussenat, dans ses expériences sur les lapins, 4 montré que l’entéro- colite s ‘accompagnait à coup sûr, chez eux, de. lésions appendiculaires; or, tandis que les lésions intestinales guérissent vite, celles de l’appendice, si superficielles qu’elles soient, consistent en folliculites avec Jymphangité péritolliculire, lesquelles passent souvent à l’état chronique et consti-
lenteur du coït.…); les affections internes trouveraient leur organisme difficile à ébranler, à mettre en réflexe (Bordier).
D'aucuns ont enfin voulu voir l'explication de la résistance des Noirs à l'infection, dans leur formule sanguine. En effet, il est remarquable d'observer, au cours de leurs affections, une forte-leucocytose; or, la leucocytose est proportionnelle aux résistances dont l'organisme dispose pour se défendre (l'augmentation du nombre des leucocytes du sang dans les suppurations est envisagée comme la manifestation d’une réaction de défense); et on a pu penser que la leñcocytose était la cause de l’immunité relative des races exotiques à l'infection (Ferrier).. :
À propos de la formule sanguine du Noir, nous attirons l'attention sur ce fait que l’éosinophilie est à peu près constante, à cause de la présence quasi constante de la parasitose intestinale: mais, en période de suppuration, au cours d’une appendieite par exemple, cette éosinophilie disparaît (fait à rapprocher de la disparition des éosinophiles du sang au cours de la suppuration des kystes hydatiques). On pourrait ainsi déduire, de l'examen du sang chez un noir, l'existence d’un processus suppuré douteux dans son organisme; les quelques -observations que nous avons pu nous procurer complètes semblent confirmer cette notion.
De la résistance des Noirs à l'infection, et en particulier de la résistance de leur péritoine, il s'ensuit une évolution heureuse de la maladie; et, en ellet, nos observations portent toutes sur des cas à issue favorable; même les formes suppurées graves ont guéri facilement, chez des sujets dont la misère physiologique était pourtant prononcée; leur convalescence a été abrégée. x
Le Noir supporte très bien le trauma et le shock qu’entrainent les opérations; celles-ci seront donc relativement aisées chez lui. Mondière rapporte qu'il a vu une négresse supporter sans broncher l’amputation de la moitié du maxillaire inférieur, et entonner un Cantique d'actions de grâces dès que
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