‹ De L'Appendicite Dans La Race NoireChapitre 11 sur 21 · RUE · texte numérisé non relu

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À Philadelphie, Hare et Keen abondent dans le même sens.

Dans les colonies anglaises des Antilles, les faits restent typiques :

LA la Trinité, où vivent 330.000 Noirs et 4.000 Blancs, le docteur W. Cleaver n’a jamais relevé un cas chez les premiers, alors qu'il en a connu plusieurs chez les Blancs.

À la Barbade, un missionnaire certifie qu'il n’a jamais entendu parler d’appendicite chez les Noirs, mais que les Blanes, fort chasseurs, en présentent souvent; et la proportion de 12 Noirs pour 1 Blanc, dans l'île, est pourtant remarquable.

À la Jamaïque, enfin, J. ‘Allwood pense que le facteur race n'est pas à considérer, mais que c’est surtout la manière de vivre et la nourriture qui influent sur l'apparition de l’affec- On:

Sur la pathologie des Antilles françaises, nous citerons l'avis autorisé du docteur Favreau, de Bordeaux, qui a habité pendant longtemps à la Guadeloupe, et qui n’a jamais oui parler de cas d’appendicite chez un Noir, durant son séjour à la colonie. 5

En Océanie. — Le race noire prédomine dans l'archipel, peu- -plé de Papous, Négritos, Tasmaniens et Australiens du plus beau noir. Or, en Nouvelle-Guinée, le docteur W. Strong affirme que l’appendicite est excessivement rare; il a relevé À seul cas en dix ans, survenu chez un Papou qui pratiquait d’ailleurs le même genre de vie que ses maîtres, européens. S: Moore, en Australie, R. Marshall, aux Iles Salomon, confirment la rareté de l'affection.

En Europe. — L'’Angleterre est le pays qui consomme le plus de viande. Cétte consommation s'élève en moyenne à 100 grammes par homme et par jour, alors qu'en France elle s'élève à 35 grammes (pour Gautier, 59 kilos par an en Angleterre, 39 kilos en France). Et il est digne de remarque que l’Angleterre est le pays de, l'Europe qui paraît accuser le plus grand nombre d’appendicites, ce dont se sont alarmés d’ailleurs maints auteurs anglais.

Sir R. Short a fait une série de conférences imprimées dans The Lancet, en 1925, et a donné des chiffres précis :

1901, 38 morts d'appendicite par million d'habitants; 1905, 57 morts d’appendicite par million d'habitants; 1910, 66 morts d’appendicite par million d'habitants; 1915, 67 morts d’appendicite par million d'habitants; 1948, 72 morts d’appendicite par million d'habitants;

A la Bristol Royal Infirmity, en particulier,

1885, 0,09 appendicites pour 100 malades; - 4895, 0,52 appendicites pour 100 malades; 1905, 1,71 appendicites pour 100 malades; 1915, 2,15 appendicites pour 100 malades; 1918, 2,81 appendicites pour 100 malades; 1923, 2,08 appendicites pour 100 malades.

Et Sir R. Short donne même des tableaux de consommation annuelle de viande qui sont à peu près superposables aux précédents.

1890, 6 pounds de viande de bœuf par tête d’habitant; 1905, 13 pounds de viande de bœuf par tête d’habitant; 1910, 17 pounds de viande de bœuf par tête d'habitant: | 1914, 18 pounds de viande de bœuf par tête d’habitant.

Il se lamente de ce que les bons vieux légumes d’antan, ces vieux haricots, fèves ou lentilles, soient aujourd'hui dépréciés : et tendent à disparaître de nos tables.

A. Murray même va jusqu'à écrire que la nourriture est É « facteur le plus important » parmi les causes de l’appendicite.

L'Allemagne où se consomment des quantités « colossales » de charcuterie et autres viandes paie également un très lourd

tribut à l'affection. : =

La Russie, par contre, a vu disparaître à peu près complètement cette affection chez elle, au cours des dures années de guerre et de famine qui viennent de se succéder.

En Roumanie, Lucas-Championnière s'était fait le défenseur de la théorie en 190%; il cita 1 cas d’appendicite sur 22.000 malades, tous paysans roumains se nourrissant principalement de légumes, alor, que la proportion était de 1 pour 221 chez les Roumains des villes qui usent d’une alimentation plus raffinée.

L'Espagne, pays de gens sobres, a fort peu d’appendicites dans ses statistiques médicales. En 1909, Bryden Glendining n’en avait pas rencontré un seul cas dans Madrid, au cours de l’année (The Lancet, 1910).

Par contre, en Norvège et dans les pays froids, la consommation des graisses et des viandes est abondante, et le professeur Stron, de Kristiania, a signalé concurremment la fré. quence de l’affection.

. En France, tous nos chirurgiens ont relevé l’accomplissement considérable du nombre d’appendicites observées; et nous ferons remarquer simplement que la consommation moyenne

de la viande qui, en 1832, était de 20 kilos par tête et par an, s’est élevée à 40 kilos en 1935 (Gautier).

Enfin, dans un même pays, il est digne de remarque que l’état social des individus exerce une influence incontestable sur l'apparition de la maladie chez eux; les villes paient un plus large tribut que les campagnes, les riches plus que les pauvres. a

Dans une communauté de Clarisses, le docteur Perdu, de

-. Montbrison, n'a pas relevé un seul cas en cinquante ans; or, l’on sait que les Clarisses bannissent la viande de leur nourriture. es - Dans les prisons, orphelinats et asiles, où, certes, la nourriture est loin d’être raffinée, où les légumes grossiers sont fort en honneur et la viande un plat plutôt rare, les sujets peuvent se considérer immunisés vis-à-vis de l’appendicite, comme en

témoignent les médecins de tels établissements. M. le docteur . Verdelet, notre maître, a étudié l’appendicite dans les classes pauvres et nous ne faisons que reprendre ses conclusions.

Pendant la ouerre de 1914, en revanche, les troupes en campagne furent soumises à une alimentation carnée excessive,

justifiable par la commodité que présentait l’usage des conserves de « singe »; mais l’appendice vermiforme ne pouvait que souffrir de la chose, et tour à tour, des médecins militaires (Picqué, Toussaint, Guibé, Augé et Larrue), signalèrent la fréquence anormale de l’appendicite chez les troupes en campagne. En Orient, où le régime comprenait une proportion respectable de légumes, le nombre des cas a été bien moindre (Verdelet). ”

La crise d’appendicite éclate souvent à l’occasion d'un repas trop copieux, ou pris hâtivement, ou riche en plats de viande faisandée;.car c'est surtout la viande peu fraîche, insuffisamment mastiquée, mal cuite, qui a tendance à putréfaction; dans les sanatoriums où les malades sont soumis à une alimentation carnée intensive, on trouve une proportion presque banale d’appendicites (Bérard), maïs la viande consommée est toujours saine et fraiche. ee

Chez des convalescents d’une cerise d’appendicite, la reprise de l’alimentation carnée est souvent l’occasion d’une légère rechute (température 38 degrés, 39 degrés, sans douleur parfois). .

Enfin, il est intéressant d'étudier la pathologie de l'organe chez les animaux, question bien délicate puisque les singes en liberté ne peuvent guère se plaindre aux hommes de leurs Maux. d . Cependant, d’après les autopsies faites, les auteurs anglais (R. Short) concluent que les singes ne présentent l’appendicite que lorsqu'ils sont en captivité dans les ménageries ou les muséums... Le fait est que Weinberg, à l'Institut Pasteur, a souvent constaté l’appendicite chez les singes; il a présenté successivement divers cas (le premier en 1904, celui d’un jeune chimpanzé), et relevé la grande fréquence de l'affection; il a trouvé 10 appendicites malades sur 64 autopsies, celles-ci étant faites systématiquement sur tous les sujets décédés à l'Institut : Pasteur; la proportion est certainement moindre chez les singes vivant en liberté et que l’on autopsie après les avoir tués. Or, dans les cages, ces animaux n’ont plus la nourriture sauvage

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