‹ De L'Appendicite Dans La Race NoireChapitre 18 sur 21 · EAU · texte numérisé non relu

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que celui d’un régiment d'infanterie prussienne rapporté par Schultze. Sonnenbürg, Francke, Mossler, en Allemagne, Marvel, en Amérique, ont soutenu la théorie de Faisans. Nous ne serons pas de leur avis; Gobrecht, dans sa thèse sur l'épidémie de grippe de 1918, rechercha systématiquement les cas d’appendicite survenant chez les grippés et conclut que ces cas ne sont véritablement pas en proportion anormale. On a voulu expliquer la rareté de l’appendicite chez l’Arabe ou le Noir par le fait même de la rareté relative de la grippe chez eux (Lucas- Championnière), et Spick écrivait encore cela en juin 1995, au Maroc. En réalité, au cours de l'épidémie de 1918-1919, 50 à 80 p. 100 des populations de nos colonies ont été atteintes avec mortalité variant de 4 à 25 p. 100 (Courmont, Livre d'hygiène), -et nos troupes noires ont été frappées comme les autres. Les rapports existant entre la fièvre typhoïde et l'appendicite sont mieux connus; Molveaux, en 1907, a accumulé dans sa . thèse une série de faits qui ne laissent aucun doute sur la fré- quence de l'affection au cours de Ja typhoïde. Or, l’immunité, relative des nègres vis-à-vis de la typhoïde est certaine (Bar- 1: dier), et en Afrique, sur un même point, les Blancs sont plus souvent atteints que les Noirs. Guégan à rattaché l’immunité des indigènes de l'Afrique du Nord vis-à-vis de la typhoïde : (laquelle est très fréquente dans la région), à un caractère spécifique de race. On serait tenté de voir dans cette immunité l’explication de la rareté de l'appendicite chez les Noirs, mais la typhoïde ne peut vraiment causer qu'une infime partie des ï. cas d’appendicite, et cette explication ne saurait avoir beaucoup de valeur.

= Plus intéressants sont les cas d’appendicite qui surviennent à la suite d’amygdalites. Humphrey, en 1891, à Londres, publia les premières observations; en France, Simonin, puis Niclot et Marotte ont cité de nouveaux cas et ont fait remarquer qu'il y avait peut-être un lien de cause à effet entre les deux affections. Géo Peake, en 1911, s’étonnant de ce qu'à Madagascar l’appendicite était très rare, a rapproché de ce fait la rareté des végé- tations adénoïdes et des hypertrophies de l’amygdale dans le

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pays, et on peut se demander si l’homme blanc ne jouirait pas, par rapport au Noir, d’une vulnérabilité plus marquée des tissus lymphatiques ? Dans le même ordre d'idées, Miloslavich (Wien. Klin. Wochens., 1912) a rattaché les plegmasies appendiculai-

res à la diathèse lymphatique; et, en ellet, il est à noter que l’ap-

pendicite frappe de préférence les jeunes sujets, c’est-à-dire des

individus qui se trouvent à l’époque de la vie où l'appareil lym-

phatique du vermium atteint le maximum de son développement; l’auteur autrichien a fait d’intéressantes constatations à l’autopsie de ces malades; celles-ci vont nous servir pour dis-

cuter, au point de vue anatomo-pathologique la théorie héma-

togène de l’appendicite et l’appliquer à la race noire. b) Preuves anatomo-pathologiques.

nommé, constata que les sujets morts d’appendicite présen-

taient souvent, à l’autopsie, les signes de la diathèse lymphatique (grosses amygdales, végétations adénoïdes); inversement, l’appendice des sujets atteints de cette diathèse, présentait une hyperplasie intense du tissu lymphatique.

Il serait intéressant de savoir si les Noirs, rebelles à l’appendicite, n'auraient pas justement un appendice vermiforme très pauvre en formations lymphatiques, car l’appendice est essentiellement formé de ce tissu; c’est une véritable glande Iÿmphatique, chez le Blanc du moins, et la lésion primitive porte toujours sur les follicules clos, les germes pathogènes ayant été amenés par le courant sanguin; il semble, dès lors, n’y avoir aucune TaisOn Pour que ces germes, transportés par le sang au

cours d'infections générales, n ‘atteignent pas au même titre

que l'appendice les autres formations lymphatiques; nous avons vu que Peake et Miloslavich, séparément, ont constaté cette simultanéité de lésions. =

Or, dans notre observation VII d’appendicite chez un Noir, nous signalons la raréfaction du tissu lymphatique de l'appendice; M. le professeur Sabrazès a bien voulu examiner luimême la pièce et confirmer cette particularité. De nouvelles études s'imposent; il conviendrait d'examiner systématiquement

l’appendice des Noirs au point de vue histologique et comparer

la richesse lymphatique à celle du même organe des Blancs.

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Cette question de l’appendice des Noirs nous paraît d'autant plus importante qu’on signale actuellement un peu partout la simultanéité fréquente de l’appendicite et des infections pharyngées, et qu’en outre un courant semble se dessiner pour considérer le tissu lymphatique, non plus comme un organe de défense Vraiment utile, mais surtout comme un lieu de moindre résistance à l'infection.

c) Les preuves bactériologiques et expérimentales de la théorie hématogène de l'appendicite; leur application à la race noire. — Ch. Richet fils ét Saint-Girons (1912) ont inoculé dans la veine marginale d’un lapin, une culture de streptocoques très virulents; ils ont constaté que ces microbes s’élimi-

paient en partie par les parois appendiculaires et lésaient alors le tissu folliculaire de celles-ci; mais, à la faveur de ces lésions, se produisait un appel de germes intestinaux sur ce tissu lymphoïde, et ces germes causaient de véritables appendicites, s’ils

> étaient nombreux ou virulents.

Ainsi, l'infection secondaire d’origine intestinale a une im- = portance capitale dans la genèse de l’appendicite; or, chez le Noir, nous l'avons déjà vu, le tube digestif «est relativement - aseptique; il contient bien moins de poisons et de bactéries que celui de l'Européen, lequel consomme trop de viande. En outre, les Noirs se défendent mieux que les sujets de pure race blanche, ils ont une résistance plus grande à l'infection, toutes choses que nous étudierons plus loin et qui peuvent être autant

de raisons de la rareté de l’appendicite chez eux.

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