‹ De l'appendicite gangréneuse d'embléeChapitre 10 sur 24 · DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC

Dès le début de ce chapitre, nous voulons insister sur lincertitude et la difficulté du diagnostic. En présence d'une symptomatologie aussi variable, aussi insidieuse, la situation du clinicien est bien embarrassante et cruellement anxieuse. La vie du malade est entre ses mains : elle dépend chaque fois de son diagnostic rapide, de son intervention opportune. D'un autre côté, instruit par l'expérience, connaissant la bénignité d'une opération à froid il temporise le plus possible. Ne constatant aucun signe grave 1l attend la certitude ou plutôt le soupçon d'un pronostic immédiatement menaçant pour intervenir aussitôt. Or, le plus souvent (nous le répétons encore), «ans cette forme de l’appendicite, surtout au début, rien, absolument rien ne révèle l'affection, n'en fait prévoir la gravité. Que de malades porteurs d'un appendice gangréné n'ont accusé aucune douleur et se sont rendus à pied de chez eux à hôpital où ils étaient bientôt enlevés par la péritonite suraiouë |!

Est-il cependant possible par une minulieuse attention, à l'aide d'un sens clinique très exercé, non pas d'affirmer mais de Soupçonner précocement, dans certains cas, la variété d'appendicite à laquelle on a affaire ? C'est ce que nous voulons rechercher.

La constatation des principaux symptômes locaux que nous

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avons signalés, l'arrivée de quelques symptômes généraux accusant un profond empoisonnement de l'organisme, melfront quelquefois le clinicien sur la voie du diagnostic ; mais, c'est surtout la divergence entre ces deux sortes de phénomènes qui la plupart du temps lui permettra de découvrir la nature de l'affection. Ce fait capital est celui qui frappe le plus lorsqu'on analyse les diverses observations d'appendicite gangréneuse : « Cette discordance des symptômes généraux el des symptômes locaux, dit Paul Reynier, donne à cette forme d'appendicite quelque chose de spécial et peut servir à porter le diagnostic ».

C'est donc en se basant sur ces trois ordres de données (symptômes locaux, symptômes généraux et surtout divergence entre les deux) que le clinicien arrivera à établir au début de l'affection un diagnostic sinon certain, du moins probable. IH pourra non pas affirmer mais soupçonner l’appendicite gangréneuse d'emblée. I lui sera possible d'éliminer les maladies à allure toxhémique ayant avec cette forme de l'appendicite des caractères communs : les coliques néphrétiques ou hépatiques, les occlusions intestinales, les infections péritonéales, les hernies étranglées, les indigestions, les embarras gastriques, les fièvres typhoïdes, la dysenterie, les abcès de la fosse iliaque, ele., etc. Ces divers phénomènes spéciaux à l'appendicite gangréneuse d'emblée, joints à l'absence de toute réactiorf péritonéale, de collection péri-appendiculaire, à l'obscurité, de la triade symptomatique permettront encore d'éliminer les autres variétés de l'appendicite, de dire jusqu'à un certain point qu'on est en présence d'une gangrène primitive et non secondaire de l’appendice. On le voit : malgré une symptomatologie peu nette et peu précise rendant le diagnostic très difficile et très délicat, il est cependant quelquefois possible de dépister , de soupçonner précocement une appendicité ganoréneuse d'emblée. Hâtons-nous d'ajouter qu'il ne faut pas

NOR êtie absolu. L'absence des signes que nous venons d'étudier ne certifie pas Ja non-existence de celte affection. Nous répéton+ ici ce qu: nous disions au début du précédent chapitre. Cette forme d: 1 appendicite est une maladie à surprises. C'est là une raison qu doit tenir l'attention du clinicien en éveil. En are d'un «1: d’appendicite, si léger soitl, 1l lui faut surveiller constamment son malade pour savoir reconnaître au moment opportun le moindre symptôme accusateur d’un étal alarmant.

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