‹ De l'appendicite gangréneuse d'embléeChapitre 3 sur 24 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Dans une communication qu'il fit à la Société de Chirurgie de Paris, le 7 mai 1902, Quénu, parlant de l'appendicite gangréneuse, s'exprime ainsi :

« Aucune forme n'est plus traîtresse et ne donne lieu à des accalmies plus trompeuses : aucune forme n'est d'un pronosic plus immédiatement menaçant. C'est elle qui, en moins de vingt-quatre heures, donne lieu à ces péritoniles diffuses ou mieux à ces seplicémies péritonéales toxi-putrides, au-dessus de toute thérapeutique chirurgicale. Je pense ne pas être contredit en déclarant que si le diagnostic d’appendicite gangréneuse pouvait être donné comme certain, du moins comme probable, toute hésitation disparaïîtrait et la parole passerait immédiatement au chirurgien. » k

Cette opinion de Quénu est aujourd'hui celle de tous les chirurgiens, voire de tous les médecins. Les plus compétents en matière d’appendicite ont insisté sur le pronostic très grave de l’appendicite gangréneuse qui tue les malades à la fois par infection péritonéale et intoxication septique.

Malheureusement, l’évolution clinique de cette affection est très souvent insidieuse. Sa marche inégale, ses symptômes obscurs et variables, l'absence de signes pathognomoniques en rendent le diagnostic difficile ; aussi, cette forme ménaget-elle au chirurgien les plus fâcheuses surprises. C’est elle qui donne lieu à ces « accalmies traîtresses » sur lesquelles le professeur Dieulafoy a tant insisté. Que de fois le chirurgien -

est trompé par l'allure bénigne de l'affection ! Après avoir diagnostiqué de simples coliques appendiculaires, connaissant les avantages d’une opération à froid, il temporise ; mais bientôt la situation se dramatise : de graves symptômes apparaissent qui forcent la main au praticien. Il intervient alors en toute hâte (bien souvent trop tard), et, à son grand étonnement, il trouve, à l'ouverture de l’abdomen, un appendice cn partie ou complètement sphacélé.

Rechercher les principaux symptômes de cette forme de l'appendicite, en préciser l’histoire clinique pour arriver à un diagnostic précoce, à une intervention opportune, tel est le but que nous nous proposons dans ce modeste travail. Certes, nous n'avons aucune illusion sur ses imperfe:: üons. Nous connaissons trop notre inexpérience pour ne pas soupçonner les nombreuses lacunes qu'il renferme, pour prétendre faire « œuvre originale » ; mais, l'observation d’un malade que nous avons suivi et vu opérer dans le service de M. le professeur Tédenat nous a assez impressionné pour que, sur la proposition de notre maître, nous en fassions le sujet de notre thèse inaugurale.

Voici le plan que nous suivrons :

Après deux chapitres consacrés à l'historique de la question et à l'anatomie normale de l’appendice, nous essayerons de définir l'affection qui nous occupe. Nous rechercherons ensuite son éliologie et sa pathogénie ; nous décrirons son anatomie pathologique. Enfin, nous insisterons sur sa symptomatologie qui nous permettra d'établir son diagnostic, fixer son pronostic, Indiquer son traitement. Nous réservons un dernier chapitre à quelques conclusions étayées sur les observalions que nous rapportons.

DE

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