‹ De l'appendicite gangréneuse d'embléeChapitre 4 sur 24 · CHAPITRE PREMIER HISTORIQUE · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER HISTORIQUE

Dès le xvin° siècle, les médecins français connaissaient, ou tout au moins soupçonnaient l’appendicite. S'il est vrai de dire avec Jalaguier que la première description complète de cette maladie a été faite par Mélier en 1827, on ne doit pas oublier les observations de Mestivier en 1759, de Joubert, Lamotte en 1766, de Jodelot en 1808, de Wegeler en 1812, enfin celles de Loyer Willermay en 1827. Dès cette époque, les principaux symptômes de l’appendicite frappent ces premiers observateurs. [ls trouvent à l’autopsie les lésions caractéristiques de l'affection. Prévoyant déjà la, pathogénie, ils essayent d'interpréter le rôle joué par les corps étrangers ; enfin (ce qui nous intéresse plus particulièrement), ils parlent de wangrène de lappendice. C'est Wegeler qui présente un cœcum détruit par la gangrène commençant à l’appendice vermiforme : c'est Loyer Willermay qui, dans son observation première (observation pour servir à l’histoire de l'ap-

CR SO E pendice et du cœcum, Archives générales de Médecine, 1824) décrit ainsi les lésions qu'il observe‘: « On aperçoit en

même temps à droite et à la hauteur de la fosse iliaque un

épanchement d'environ cinq onces d'une sérosilé noirâtre el exhalant une odeur de gangrène. Au milieu nageait l'appendice cœcal, d'un tiers plus long et plus volumineux que de coutume, noir, frappé de gangrène et réduit en putrilage. Les traces d'inflammation gangréneuses s’affaiblissaient à mesure qu'on s'éloignait de cet appendice et disparaissaient à l'in- (érieur du cœcum qui était sain. » Commentant les deux observations qu'il rapporte, il ajoute : « Dans l’un comme dans l'autre cas, il n’y à point eu agonie ; au contraire, peu d'instants avant la mort, 1l y a eu amélioration avec calme trompeur. » Ainsi, près d'un siècle avant Dieulaloy, il parlait de ce calme trompeur si fréquent dans l'affection qui nous occupe.

Trois ans plus tard, en 1827, paraît enfin le mémoire de Mélier qui, par son importance, mérite de faire époque dans l'histoire de l'appendicite. Lui aussi connaît déjà l’appendicite gangréneuse el sa terrible conséquence : la péritonite aiguë par perforation. Il tâche d'en expliquer la pathogénie : « J’explique ainsi ces divers accidents et leur succession : à mon avis, des matières fécales se sont accumulées dans l’appendice cœcal. Cet appendice, dilaté petit à petit s’est enflammé par une sorte d'engouement, puis gangrené et enfin déchiré. Les premiers accidents, c'est-à-dire les coliques, tenaient probablement à la distension et à l'inflammation de l'appendice cœcal. Sa rupture aura donné lieu à l'épanchement qui luimême paraît avoir été la cause de la péritonite. »

[ semblait dès lors que l’histoire de l’appendicite allait faire de rapides progrès quand se produit une réaction. Dupuytren et avec lui Ménière, Husson, Dance s’attachent à démontrer que les lésions principales sont l'inflammation du cœcum et

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celle du lissu cellulaire péricæcal (typhlite et pérityphlite). D’après eux, l'inflammation de .l’appendice est insignifiante. Seuls quelques chirurgiens osent élever la voix contre une opinion aussi autorisée. La Gazelle médicale du 22 décembre 1837 publie une observation de Chancel intitulée : « Péritonite intense, mort, perforation de la valvule cœcale » où l’auteur décrit une gangrène partielle de l’appendice. Citons encore les travaux de Pétrequin qui propose lopium pour traiter la perforation spontanée de l’appendice vermilorme, ceux de Grisolle en 1839 ; le mémoire de Malespine en 1841.

Il faut arriver en 1856 pour voir mettre de nouveau en relief lés lésions de l’appendice iléo-cœcal. Alors paraissent les travaux du docteur américain Georges Lewis, en 1858 et ceux de Leudet en 1859. L'histoire de l’appendicite marche à grands pas. Dans tous les pays, les plus intéressants travaux sur celte affection se font jour et longue serait la liste des noms qu'il faudrait citer si l’on voulait rappeler seulement les principaux. L’étiologie, la pathogénie, l'anatomie pathologique, les diverses formes cliniques font l’objet des plus patientes recherches. Le traitement -surtout donne lieu aux plus ardentes discussions. En Amérique, il nous faut citer les travaux de Fitz, de Boston en 1886 et ceux de Mac-Burney, en 1888. Ils préconisent les interventions précoces, les laparotomies hâtives dans le traitement de l'affection. |

Ces idées des médecins américains gagnent bien vite l'Europe. L’appendicite passe à l’ordre du jour et partout de nombreux travaux paraissent sur ce sujet. Pour ne citer que les principaux, nous nommerons en France ceux de Reclus, Talamon, Richelot, en 1890 ; Ricord en 1891, et à une époque toute récente, Dieulafoy, Routier, Schwartz, Poncet, Jalaguier, Quénu, Broca, Legueu, Mignon, Walther, Klecki, Roger, Josué, Brun, Letulle, etc: En Suisse, Roux, de Lausanne ; en Allemagne, Sonnenburg.

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