CHAPITRE PREMIER
La pathologie et la thérapeutique générales étant , ou , du moins , devant être le code des lois qui révèlent la connaissance du développement des maladies de l’homme et celle des moyens à l'aide desquels ces maladies peuvent être soulagées ou guéries , il e9t bien évident que Y application vraie des sciences physiques et chimiques a rendu et doit continuer à rendre de très-grands services à la pathologie et à la thérapeutique générales. En effet , combien de maladies et d’incommodités (1) ne proviennent pas de l’action de causes physiques ou chimiques! Il est donc bien d’étudier l’action physique de la lumière, de l’électricité, de l’air et de ses températures diverses sur la santé de
(1) On doit regarder la maladie comme une modification de la puissance vitale, qui produit une série d’actes qu’on peut rapporter à plusieurs ordres. ( Caizergues. Des systèmes en médecine , p. 99. ) Les altérations de la constitution anatomique sont des blessures ( comme les déchirureset plaies de différents tissus), ou des incommodités, comme les hernies. Ces altérations de la constitution anatomique du corps peuvent devenir causes de maladie.
l’homme, si sensible à l’influence variée des climats. Le mécanisme des diverses fonctions n’est pas moins important à connaître, attendu qu’il peut être dérangé par des agents extérieurs; et, dans quelques cas même où le dérangement de ce mécanisme provient de causes inappréciables, la connaissance de son mode d’être peut suggérer des idées propres à le réparer, ainsi que la trachéotomie en fournit une preuve dans la période extrême du croup. Les altérations de tissu, ainsi que celles des principes constitutifs des liquides, peuvent donner la mesure des désordres que la puissance vitale produit dans les organes et dans les humeurs ; leur élude a donc un grand intérêt, soit pour faire connaître les réactions que les produits de ces altérations de tissu ou d’humeurs peuvent avoir sur toute l’économie (comme le cancer, la nécrose, la carie) , soit pour mettre sur la voie de la méthode thérapeutique (comme dans la chlorose, la gravelle, la glucosurie).
Enfin, la thérapeutique dite médicale ne peut pas se passer de la connaissance des propriétés physiques et chimiques des substances médicamenteuses qu’elle emploie; car, d’un côté, leur action est d’autant plus énergique et plus prompte, que la force d’agrégation qui lient leurs molécules réunies est plus altérée; et, d’autre part, diverses réactions chimiques peuvent dénaturer l’agent thérapeu-
tique (1). Quant à la thérapeutique dite chirurgicale, ses indications sont le plus souvent puisées dans des signes physiques, et ses moyens appartiennent, pour la plupart , à la classe de ceux qu’on appelle mécaniques.