‹ De l'application des sciences physiques et chimiques à la pathologie et à la thérapeutique générales; en apprécier les avantages et les inconvenientsChapitre 2 sur 16 · DES · texte numérisé non relu

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Sans l’intervention de la force vitale , on ne comprend pas plus la santé que la maladie. C’est cette force des forces qui de tant de vies partielles fait une seule vie , qui fonde l’unité du système vivant ; c’est elle qui, plus particulièrement considérée dans la maladie , assigne aux phénomènes un ordre , une durée , une succession , leur imprime une certaine direction , dont l’elfet est le retour à l’équilibre rompu ; c’est cette force , enfin , qui , au lieu d’anéantir les forces physiques , reste à côté d’elles , intervient pour les modifier , pour les contre-balancer.

( Traité élémentaire de pathologie et de thérapeutique générales , d’après les leçons faites à la Faculté de médecine de Paris ■ par M. Andral. — - Prolégomènes , p. 11 .)

Les sciences physiques et chimiques sont celles qui s’occupent des diverses lois auxquelles est soumise la matière inorganique , ou du moins privée de vie.

La pathologie et la thérapeutique générales ont pour objet de rechercher et d’établir les principes généraux qui doivent nous guider dans la détermination des causes des maladies ? dans celle des phéno-

mènes qui les révèlent , dans la connaissance de leur marche, de leur durée , de leurs terminaisons diverses, de leur siège, de leur nature, enfin de leur traitement (1).

Ces deux explications étant données, il est bien clair que j’ai à faire l’application des lois de la matière aux diverses circonstances qui causent , développent, constituent et terminent, par la mort ou la guérison , les maladies de l’espèce humaine. En d’autres termes, j’ai à faire l’application des lois de la matière au mode de vie qui produit et guérit quelquefois les maladies. Or, cette application peut être vraie ou fausse , rationnelle et restreinte à de justes limites , ou exagérée. Feu M. Portalis, membre de l’Académie française, a publié un ouvrage remarquable sur l’usage et l’abus de V esprit philosophique durant le XVIIIe siècle. Il y a fait observer, avec raison, que les uns regardent Y esprit philosophique comme la source de tous nos biens, et les autres comme celle de tous nos maux. Cette divergence d’opinions ne se retrouve-t-elle pas dans l’appréciation que l’on fait des sciences physiques et chimiques par rapport à la médecine? L’histoire ne le prouve que trop. Les uns ont

(1) Traité élémentaire de pathologie et de thérapeutique générales , d’après les leçons faites à la Faculté de médecine de Paris, par M. Andral ; lre livraison, p. 1.

voulu, de tout temps, expliquer le feu sacré de la vie par les sciences physiques et chimiques ; d’autres, effrayés de ces exagérations , sont tombés dans une exagération contraire. Il importe donc de faire connaître l’application vraie ou rationnelle, et l’application fausse ou exagérée qu’on en a faites. Cette double exposition sera présentée dans deux sections distinctes; et, dans une troisième, j’apprécierai les avantages et les inconvénients que j’ai à signaler.

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