CHAPITRE VIII
De la déperdition des forces.
Disons quelques mots sur la déperdition des forces dans les appareils orthopédiques.
On peut, je crois, établir en principe, qu’il n’existe aucun appareil orthopédique , si bien approprié qu’il soit au traitement des difformités , qui ne perde toujours une quantité plus ou moins considérable de forces dans son application.
Si l’on cherche a apprécier les causes de déperdi-
tion de forces dans ces appareils , on voit qu’elles y jouent un grand rôle. On peut les rattacher a trois causes principales ; ce sont, 1° le frottement; 2 les décompositions de forces par suite de leur obliquité de direction ; 3° les déperditions dues a l’extensibilité des parties à travers lesquelles se transmet le mouvement.
A quoi il faut ajouter les déperditions dues, comme dans presque tous les bandages de chirurgie, à des dérangements plus ou moins marqués, mais qui surviennent inévitablement, après Inapplication primitive de l’appareil.
1° Le frottement. Cette cause, dont le rôle a peut-être été exagéré, a une influence qui devient très manifeste dans certaines conditions 9 et qui a donné naissance a des appareils ingénieux : ainsi , dans le décubitus tout a fait horizontal , on ne saurait douter que le frottement du tronc sur le plan du support ne cause une déperdition de forces à laquelle M. Pravaz a cherché a remédier par les modifications qu’il a fait subir au lit de Shaw.
2° L’obliquité dans l’incidence des forces sur les parties a mouvoir, entraîne nécessairement une décomposition de la force première par suite de laquelle une partie de cette force tendant a entraîner le point d’appui , se trouve perdue pour le but final. C’est là un point dont il faut tenir compte dans l’appréciation comparative des appareils.
3° Enfin , si l’on est forcé d’appliquer directement les forces sur des parties qui sont unies par des liens N extensibles à celles sur lesquelles on veut agir , il est évident que la partie des forces qui est employée à
mettre en jeu l’extensibilité de ces liens, doit être rayée dans l’appréciation des effets produits.