CHAPITRE VIL
Du mode d’ application des forces .
S’il est, dans les appareils, un point qui intéresse presque a l’égal du principe de leur construction, c’est leur mode d’application. Cette partie, toute pratique , peut mettre entre deux appareils plus de distance qu’il n’en existe dans les bases fondamentales de ceux-ci , et l’on peut dire , sans crainte d’être démenti par l’expérience, que l’appareil construit sur les meilleurs principes , mais appliqué d’une manière imparfaite , donnera de moins bons résultats qu’un appareil dont la construction est moins rationnelle, mais qui sera bien appliqué. Les pièces qui servent a l’application des puissances sont des bandeaux , des couronnes, des colliers , des ceintures , des espèces de cravates , des
pièces plus compliquées qiron appelle casques , des plaques convexes, concaves, planes, des courroies dites frondes, des brassarts, des cuissarts, des genouillères, des espèces de bas lacés ou de guêtres, des sandales , etc.
h y a a considérer, dans les moyens d'application, deux choses : 1° la pièce qui supplique d une manière immédiate sur les tissus; 2° la distribution, sur cette pièce , qui présente habituellement la forme d^un cercle complet ou incomplet, des liens qui transmettent directement Faction de la force. Cette distribution ne doit pas être faite aveuglément, elle doit être appropriée a Fexigence des cas.
Tous ces objets , qui portent directement sur les tissus, doivent être matelassés de manière a rendre leur action aussi douce que possible ; a ce point de vue aussi, Fon peut établir , comme règle générale d’appréciation , que la pression de ces appareils doit être répartie sur la plus grande étendue possible , en la faisant porter d une manière plus spéciale, sur les points les plus résistants. Ceux de ces appareils, qui sont destinés à envelopper des portions du corps dont la température ne pourrait être augmentée sans inconvénient , doivent offrir des dispositions propres à diminuer Faugmentation de la chaleur.
En outre, toutes les fois qu'il est possible , par dés articulations intermédiaires , telles , par exemple , que les articulations mécaniques en genou , de laisser au malade des mouvements qui peuvent ne troubler en rien l’efficacité d’action des appareils, on doit assurer à ceux-ci cette disposition , car ce doit être aussi un grand principe en orthopédie, que celui qui consiste a concilier au plus haut degré possible la mobilité des ma-
lades avec la solidité et la continuité diction des ap-
Enfin, nous ferons encore remarquer que quand , à cause du peu d’embonpoint du sujet ou du mode de construction des appareils, on est forcé d’exercer des pressions sur des parties osseuses proéminentes , comme, par exemple, les crêtes iliaques sur des sujets maigres, on parvient a pallier les inconvéniens de ces pressions, en changeant de temps en temps, le lieu sur lequel s’exerce la pression la plus forte. /
Ceci nous conduit a dire que les pièces d’application doivent être l’objet d’une surveillance toute particulière, et qu’on ne saurait les visiter trop souvent.
Quand on résume les inconvénients qui ont été reproches aux appareils orthopédiques , et quand on les livre a une appréciation attentive , on reconnaît bientôt que souvent ils dépendent beaucoup plus des vices de l’application, que de la défectuosité intrinsèque des appareils.