APPRÉCIATION DES RÉSULTATS CLINIQUES
La part exclusive des appareils dans les résultats
cuter le mémoire de M. Maisonnabe, lu à l’Académie de Médecine, le 28 novembre 1835.
cliniques est excessivement difficile a déterminer. En effet, de qui peut- on attendre des relevés capables d'inspirer une entière confiance , si ce n’est de la part des hommes qui ont dirigé le traitement d après des vues médicales et rationnelles? Or, est -il un seul de ceux - la , de ceux qui ont fait une application saine de Pofthopédie , qui aient jamais fondé le traitement sur Femploi exclusif des appareils? N’ont-ils pas fait toujours intervenir Femploi de la gymnastique et des moyens de Phygiène et de la médecine dans le traitement? Dès lors comment pourrait on spécifier au juste ce qui est dù aux appareils? Tout le monde sait d’ailleurs qu’il y a bien d’autres difficultés encore dans ce genre de problème; toutefois, je ferai connaître ici les résultats de tables qui m’ont été communiquées par M. Bouvier, et dont les résultats statistiques portent : 1° sur les cas ou les améliorations n’ont été que temporaires ; 2° sur ceux dans lesquels des accidents plus ou moins graves ont fait suspendre le traitement; 3o sur ceux enfin qui ont été suivis d’une guérison qu’on peut regarder comme définitive. M. Bouvier, d’après les cas portés sur ses tables , trouve un total de treize cas ou l’amélioration de la déviation ne s’est point conservée contre soixante-onze , dans lesquels elle s’était maintenue après un intervalle d’tio a sept ans. Sur les treize cas, l’accroissement de la déviation a été la suite , quatre fois, de l’insuffisance ou de l’absence totale des soins préservatifs encore nécessaires après le traitement; trois fois, de maladies accidentelles ayant laissé à leur suite une débilité favorable , comme on sait , au développement des déviations; et sur les six autres cas, cinq appartiennent à des jeunes filles âgées de moins de douze ans : or, on n’ignore pas que les sujets très
jeunes restent plus long- temps exposes a un nouvel accroissement des courbures.
L’amélioration de la santé , qui se lie presque toujours a la diminution et a Feffacement des courbures, a offert un peu plus de variation dans sa durée, et Ton en concevra 3a raison, en songeant a toutes les causes morbides qui peuvent frapper les sujets plus ou moins longtemps après le traitement, ainsi qu’a lacomplexion déjà altérée qu’ils peuvent présenter. Dans 1 0 cas sur 229, que M. Bouvier a rassemblés de maladiesplus ou moins graves et quelquefois terminées par la mort , chez des individus qui avaient subi le traitement orthopédique , onze étaient accompagnés de circonstances , telles qu’ils ne sauraient frapper de nullité les avantages que. les sujets avaient tirés du traitement. Les huit autres cas comprennent une phthisie pulmonaire, une affection cérébrale aigue, cinq chloroses, dont une était la reproduction dim état antérieur, enfin une toux, chronique, qui s’était déjà manifestée avant le traitement.
Relativement aux cas oii quelque accident plus ou moins sérieux a forcé d’interrompre le traitement, ils n’ont guère plus que les précédents, une connexion évidente avec F effet des moyens mécaniques et gymnastiques.