‹ De l'appréciation des appareils orthopédiques. Thèse. Présentée au concours pour la Chaire de médecine opératoire de la Faculté de médecine de Paris, 28 janvier 1841Chapitre 31 sur 47 · CYPHOSE OU DÉVIATION ANTÉRIEURE · texte numérisé non relu

CYPHOSE OU DÉVIATION ANTÉRIEURE

Dans la cyphose dorso-lombaire ou flexion antérieure , Inapplication des appareils ne peut offrir presque

atcun résultat. Cette flexion ayant lieu soit par suite d'une faiblesse musculaire qui se guérit beaucoup mieux par des moyens gymnastiques que par des appareils, soit par suite d^altérations extrêmement graves du corps des vertèbres , altérations dans lesquelles la lésion de conformation est un accident très secondaire auprès de la maladiegravequi la détermine. Dans cette maladie, où la solidité de la colonne vertébrale est tellement compromise que Ton pourrait, par les moyens orthopédiques , en déterminer la fracture ou compromettre gravement les très rares chances de guérison spontanée qu elle présente, on doit proscrire complètement Femploi des appareils.

Supposons maintenant que Forigin de cette flexion soit douteuse , ou bien qu’ayant été le résultat de la destruction tuberculeuse du corps des vertèbres , il y ait eu un travail de réparation qui laisse subsister le vice de conformation , bien que le caractère primitif du mal , et ses désordres en quelque sorte aigus, se soient effacés, que convient-il de faire? Je crois que tout ce qu'on peut se permettre a cet égard , c’est Femploi des moyens propres a empêcher Faugmentation de la courbure. Telle n’est pas Fopinion de M. Bouvier , qui pense que Fon peut oser davantage quand la saillie siège a la partie inférieure du dos ou à la région lombaire , et qui met pour conditions que la maladie n’ait jamais été accompagnée de paralysie ni d^abcès, et qu’elle soit complètement indolente; il mentionne trois cas dans lesquels ses tentatives ont été suivies de succès. Voici les conseils qu’il donne a ce sujet : il faut apporter la plus grande prudence dans le cours de ce traitement , interroger souvent le malade pour savoir si les exercices gymnastiques que

Ton joint a l’extension ne le fatiguent point, et n\. mènent pas quelques douleurs dans le point malade. Explorer souvent avec soin les fosses iliaques pour reconnaître s’il n^y aurait pas menace de quelque abcès par congestion. Si les exercices fatiguent le sujet , on le laissera se reposer tout le temps nécessaire. Cette attention est bien indispensable , car M. Bouvier cite le cas d’’ un jeune homme chez lequel , a la suite d'une gymnastique mal appliquée, il survint un abcès par congestion.

La marche elle-même augmente considérablement la courbure. Quelquefois encore la paralysie se déclare subitement. Aussitôt que le mal de Pott s^annonce, qu’une apophyse épineuse commence à faire une saillie anguleuse, il faut maintenir les malades dans la position horizontale. Le coucher en pronation recommandé par Bampfield, et après lui, par quelques médecins français , n’a que peu ddmportance thérapeutique , mais il a le grand inconvénient de gêner la respiration. Le coucher long -temps prolongé est le moyen le plus sûr d^empêcher que la destruction du corps des vertèbres ne soit suivie dûme suppuration abondante , et de consolider la cicatrisation avec le moins de perle de substance. -

Dans le traitement de la lordose dorso-lombaire, Pemploi des machines orthopédiques est a peu près inutile et inefficace. Toutefois, M. Bouvier a fait construire un appareil propre a empêcher, chez les enfants, le rejet du corps en arrière. Si cette déviation était portée au dernier degré , la position horizontale et Lextension modérée seraient le principal moyen à employer.

APPRÉCIATION DES APPAREILS EMPLOYÉS DANS LES j DÉVIATIONS DE LA RÉGION CERVICALE.

Nous avons à nous occuper, sous le rapport de appareils , de courbures cervicales dont les unes sont idiopathiques et les autres symptomatiques ; car , bien que, dans le second cas, ce soit à d’autres moyens de traitement qudl faille d’’ abord s'adresser, cependant , comme moyens complementaires et comme agents capables d^effacer les suites de la maladie primitive , les appareils peuvent encore être appelés à faire partie du traitement.

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