‹ De l'appréciation des appareils orthopédiques. Thèse. Présentée au concours pour la Chaire de médecine opératoire de la Faculté de médecine de Paris, 28 janvier 1841Chapitre 32 sur 47 · POUR LE TORTICOLIS · texte numérisé non relu

POUR LE TORTICOLIS

Afin de pouvoir apprécier la valeur comparative de ces appareils, il faut se rendre compte des diverses espèces de déviations et des divers éléments de chacune en particulier , afin de voir jusqu’à quel degré les appareils peuvent remplir le but qu’on se propose.

Le torticolis, sous ce rapport, peut se diviser en 5 classes : 1° celui qui dépend de Pétât des os ; 2° celui qui dépend de Pétât des muscles; 3° celui qui dépend de Pétat des ligaments ; 40 celui qui dépend de lésions des parties molles qui ne sont ni muscles ni ligaments; 5° enfin celui n^ayant pour cause qu’une simple habitude vicieuse qui n'a pas encore profondément modifié Pétat anatomique des parties.

1° Celui qui dépend des os peut tenir, 1° a une luxation spontanée des vertèbres cervicales ; à la carie

et à la tuberculisation de ces memes vertèbres; 2° à une affection rhumatismale constituant une nouvelle espèce de torticolis décrite par M. Bouvier , et désignée par lui , sous le nom de torticolis articulaire ; 3° a la déviation de la région cervicale ; 4° enfin au développement inégal des vertèbres cervicales.

2° Celui qui dépend des muscles. ■ — Sous ce rapport , les lésions musculaires qui peuvent produire ees déviations sont, 1° la contraction spasmodique; 2° l’inflammation aigue ; 3° la contracture du sternocléido-mastoïdien ou torticolis musculaire ancien ; 4° la paralysie de ce même muscle.

Du reste ; relativement au rôle des muscles dans le torticolis (et ceci va directement a l’utilité des appareils) il faut bien se rappeler que ces organes , alors même qu'ils iront pas été le point de départ de la lésion , donnent lieu a des indications particulières ; en effet , la tête et le cou ayant été maintenus, pendant de longues années, dans une position anormale , tous les muscles du cou, soit qu'on les examine du coté sain ou du côté incliné, ont subi divers troubles dans leur conformation naturelle. Ces changements expliquent la persistance dVin certain degré .de rotation et ddnclinaison de la tête après la section des muscles, quand elle est indiquée ; il est donc évident qu'un traitement mécanique consécutif est aussi indispensable que le traitement chirurgical.

3° Ligaments : Les affections rhumatismales peuvent en déterminer la rétraction.

4° Lésions de parties molles qui ne sont ni muscles, ni ligaments ; cicatrices profondes , comme celles qui surviennent a la suite de fortes brûlures, grandes pertes de substance de la peau , brides sous-cutanées dans le

tissu cellulaire , tumeur siégeant sur l’un des cotés eu cou , etc.

5° Celui qui dépend d’une attitude vicieuse longtemps prolongée, et qui, a la longue, pourrait imprimer des dispositions anatomiques permanentes a la région du cou, mais qui n’ont point encore atteint le degré de persistance qu’elles pourraient présenter plus tard.

Mais il ne suffit pas pour l’appréciation du rôle des appareils mécaniques, de savoir dans quel cas ils conviennent 9 il faut encore se rendre compte des divers éléments de la lésion, afin déjuger de quelle manière chaque appareil peut satisfaire aux indications qui naissent de ces divers éléments ; or , il y a dans le torticolis, 1° inclinaison de la tête sur la colonne, 2° rotation légère de la région cervicale ; 3° inclinaison de la région cervicale sur ia première vertèbre dorsale. Cet élément de la difformité est d’autant plus important a noter qu’il est habituellement le dernier à disparaître. 4° Raccourcissement des muscles, non seulement de ceux dont on a jusqu’ici opéré la section, mais encore des muscles profonds et enfin suivant M. J, Guérin , le raccourcissement de tous les muscles lonffitudi-

naux du cou des deux cotés.

Appareils fondés sur le principe de l’extension

LONGITUDINALE DANS LA POSITION HORIZONTALE. — C’est

à cette classe qu’il faut rattacher F appareil employé par M. J. Guérin. C’est un lit orthopédique a extension parallèle et a casque mobile dans des plans différents, de manière a exécuter l’extension parallèle et

oblique de la tête et de la région cervicale , l’inclinai-

son latérale de la tête à droite ou à gauche 5 et sa rotation dans tousles sens. Le système d^extension parallèle ou longitudinal est le même que dans les lits orthopédiques brisés, avec cette différence, que le point ddntersection supérieur , au lieu de correspondre au niveau de la région dorsale moyenne, correspond a Funion de la région cervicale avec la région dorsale.

L^appareil dont nousvenons de parler, renferme des dispositions qui lui permettent de s'approprier aux diverses indications que font naître les éléments divers de la lésion.

Appareils fondés sur le principe de l'extension

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