‹ De l'appréciation des appareils orthopédiques. Thèse. Présentée au concours pour la Chaire de médecine opératoire de la Faculté de médecine de Paris, 28 janvier 1841Chapitre 40 sur 47 · APPAREILS EMPLOYÉS ©ANS LES DIFFORMITÉ S DE LA MAIN · texte numérisé non relu

APPAREILS EMPLOYÉS ©ANS LES DIFFORMITÉ S DE LA MAIN

La rapidité et la durée du succès qu’on peut attendre de l’emploi des moyens mécaniques dans les difformités de la main, dépend de la profondeur des altérations. En effet, dans tous les cas oii la difformité n’est pas causée par l’absence d’un ou de plusieurs des os , qui, par leur réunion, vont constituer le poignet , les déplacements consécutifs sont peu compliqués. Celte opinion est suffisamment appuyée sur les rapports anatomiques et sur les faits rapportés par les praticiens.

Mais lorque le carpe ou l’un des os de l’avant-bras est arreté dans son développement , il est douteux que le succès puisse être complet ; cependant, comme on peut toujours amener une grande amélioration , il est indiqué de faire tous les efforts possibles pour obtenir une difformité moindre.

Les faits observés étant en petit nombre, il y a peu de moyens proposés jusqu’à présent, du moins en ce qui touche les déviations congéniales. Le point important à considérer , c’est la marche qu’a dû suivre la main pour arriver au degré de difformité où on l’observe. De même que dans les pieds-bots, il faut faire suivre à la déviation, de quelque espèce qu’elle soit, un mouvement

cle rotation en sens inverse de celui qui Fa produite.

Appareils pour la flexion palmaire . — Entre autres cas de rétraction des fléchisseurs , on a eu a traiter cette flexion dans des cas oîi elle avait été produite par une position fausse prise pendant le traitement d\me tumeur blanche de Farticulation du poignet.

Appareil de Mellet . — » Cet appareil a pour principal agent, un levier qui, fixé aune plaque de tôle placée sur la face dorsale de F avant-bras, agit par un double mécanisme, d\m côté en comprimant la face dorsale du poignet , de Fautre , en servant à relever une planchette placée a la face palmaire de la main.

Appareil employé par M. Bouvier . — Gouttière en tôle appliquée sur le côté cubital de Favant-bras, présentant, au niveau du coude, une articulation qui lui permet d'embrasser la partie postérieure et inférieure du bras. À Fextrémité inférieure de la gouttière est une plaque qui enveloppe la main. Cette plaque est fixée a la gouttière par une vis formant pivot, et passant par une lumière faite a la plaque qui, en lui permettant de glisser, obéit a la résistance d^un ressort fixé extérieurement a la gouttière , et auquel viennent s'attacher deux petites courroies fixées latéralement à la plaque de la main , qui est maintenue par une petite courroie bifurquée, a deux boutons rivés à la partie supérieure de la plaque. Au moyen de cet appareil, on a pu, chez un enfant de 27 mois, remettre, àpeu près dans la rectitude avec Favant-bras, la main qui était couchée sur la face antérieure de Favan t-bras , et entraînée en même temps sur le bord radial.

Le même appareil pourrait être employé, moyennant certaines modifications, pour les déviations radiales et cubitales. Dutertre a employé, pour un cas de brû-

lure où les doigts étaient renversés en arrière , un appareil qu'on pourrait employer utilement pour les déviations dont nous parlons. On doit préférer, dans ces appareils, ceux qui ont pour objet, en même temps qu'ils redressent la main , de remédier a la flexion du bras qui accompagne fréquemment celle de la main.

C’est souvent dans les cas de cicatrices à la suite de brûlures que les appareils mécaniques peuvent rendre de grands services. Ces moyens peuvent être employés d^une manière préventive, quand la brûlure est récente, pour prévenir la formation du tissu modulaire dans une situation vicieuse. Je pense que Ton pourrait employer dans ce cas , avec les plus grands avantages , Pappareil dextriné qui offre la facilité de pratiquer les pansements moyennant une fenêtre dans le point correspondant a la brûlure.

On conçoit très bien que les formes et les situations indéfiniment variées de ce genre de lésions ouvrent à Pesprit inventif du chirurgien des voies qu’on ne saurait tracer a l’avance ; aussi il est a peu près impossible de se livrer à Fappréciation de tout ce qui a déjà été fait en ce genre. Nous nous contenterons de rappeler, comme étant fondés généralement sur de très bons principes , les appareils dont Dutertre a donné la description dans un ouvrage publié eu 1814.

Le même chirurgien a fait usage , pour rétablir Pextension volontaire de la main droite et de ses derniers doigts, d’un appareil très ingénieux, et qui a obtenu le plus grand succès dans un cas que mentionne Fauteur dans son ouvrage , page 43 , et qui a été cité aussi par Boyer. Comme remploi de cet appareil est subordonné a une opération préalable , tout-à- fait chirurgicale , Fablation complète de la cicatrice des muscles ,

c’est a peine si Ton peut ranger cet appareil parmi les moyens orthopédiques. Toutefois comme l'espèce de blessure qui a donné lieu à l’emploi de cet appareil est très commune parmi les hommes de guerre , lorsque, dans le principe , la cicatrice des muscles n’a pas été bien dirigée , nous avons cru devoir la rappeler ici, ainsi que l'appareil dont À. Paré nous a transmis la figure, et a laquelle il donne le nom de dr esse-main , et aussi celle dont parle Lafaye, dans ses remarques sur Dionis. De ces divers appareils , c’est celui de Dutertre qui nous paraît le plus avantageux.

Appareils employés dans la rétraction des doigts .

La rétraction des doigts a lieu, 1° par une ankylosé de leurs articulations ; 2° par des cicatrices vicieuses de Pintérieur de la main , qu’elles soient bornées a la peau ou qu’elles s’étendent aux tissus sous-jacents; 3° par les memes cicatrices sur les muscles fléchisseurs , surtout quand il y a eu perte de substance ; 4° par la perte d’action des muscles extenseurs, suite de paralysie ou cle section de ces organes; 5° enfin, et cette espèce constitue véritablement la maladie spéciale , par une affection particulière de la paume de la main , caractérisée, d’après M. Dupuytren et quelques autres pathologistes , par la rétraction , le raccourcissement de l’aponévrose palmaire, et, suivant les recherches de M. Goyrand et de M. Velpeau , par la transformation en brides tout- à-fai t fibreuses d’une partie de la couche cellulo-fibreuse qui se trouve au-devant des phalanges. Nous ne nous occuperons ici que de la rétraction produite par celte dernière cause , comme étant surtout celle qui réclame l’emploi des appareils orthopédiques.

T outes les phalanges ne sont pas egalement fléchies ; ainsi la première est retenue par Pos métacarpien, la seconde par la première , et la troisième est presque toujours libre.

Les appareils fournis par Forthopédie pour le redressement des doigts, ne peuvent pas être regardés comme le principal moyen de traitement de cette affection : toutefois , les machines a mettre en usage pour cet effet devront être construites sur les mêmes principes que celles qui servent à redresser le poignet ou les doigts fléchis.

Si les machines seules ne sont pas suffisantes pour redresser les doigts rétractés , il n'en est pas de même de la ténotomie : en général , c’est par une opération sanglante qu'on a obtenu la guérison de cette affection, et cette opération consiste dans la section des brides anormales, qu'elles viennent de la rétraction de l'aponévrose palmaire , comme le voulait Dupuytren, ou de la formation de brides cellulo-fibreuses étendues audevant des phalanges, comme le pense M. Velpeau.

Les chirurgiens mettent en usage différentes méthodes pour opérer cette section ; mais quel que soit ce procédé, Pon devra toujours donner la plus grande attention a la cicatrisation de la solution de continuité , afin qu’une cicatrice vicieuse ne fasse pas perdre le fruit de Fopération qu'on aura pratiquée.

Ici, comme en tant d’autres cas , on retirera les plus grands avantages de Femploi des machines concurremment avec celui de la ténotomie : la section des brides une fois pratiquée , on placera la main dans Fun des appareils fondés sur les principes déjà exposés.

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