SUR UN PIED ÉQUIN
En juin 1854, j’ai présenté à la Société Anatomique la pièce suivante dont voici la description :
L’astragale répond au tibia par la moitié postérieure de sa poulie articulaire *, toute la moitié antérieure qui était recouverte par un tissu fibreux très résistant , offre encore quelques vestiges de cartilage d’encroûtement 5 la petite coulisse , placée en arrière de la poulie astragalienne , répondait à la surface articulaire du tibia $ d’un F autre côté , la tête de l’astragale, dans son articulation avec le scaphoïde, était incomplètement luxée à la partie antérieure. Cette tête était , en outre, surmontée en avant par une saillie de nouvelle formation qui formait , avant la dissection , un relief considérable à la face dorsale du pied. Une des circonstances les plus curieuses de cette semi-luxation est le contact qui s’était établi entre le calcanéum et l’extrémité inférieure du péroné. Par suite de l’extension forcée du pied , ces deux os en étaient venus à se toucher par deux points , 1° en arrière , par une petite facette articulaire de nouvelle formation , complètement isolée et placée en arrière de la dépression qui existe derrière la surface astragalienne du calcanéum $ 2° en dehors , parle contact de la face externe du calcanéum,
qui venait répondre à la partie la plus culminante delà malléole externe ; il n’y avait point ici de surface articulaire de nouvelle formation. Le muscle pédieux, presque complètement atrophié , était rejeté en dehors de la saillie formée par la tête de l’astragale. Le nerf jambier antérieur , au moment de son passage sur la saillie formée par l’astragale , présentait un ganglion fusiforme très dur.
Cette pièce anatomique ayant été recueillie chez un sujet qui présentait un raccourcissement du membre pelvien par atrophie du fémur, on peut se demander si le déplacement était le résultat d’un accident, ou bien s’il ne dépendait pas plutôt des efforts incessants du malade pour rétablir par une extension forcée l’inégalité de longueur des deux membres.