CHAPITRE PREMIER
Nature des forces .
Les forces que Ton emploie dans le jeu des appareils orthopédiques sont de diverses natures, c’est-à-dire , tiennent a des propriétés différentes de la matière : les unes sont à action variable , les autres à action cons-
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tante , quelques-unes , en ayant un action constante 9 sont de nature a céder aux efforts du malade, dans une certaine mesure , d’autres enfin sont tout-à-fait inflexibles.
§ 1er. La Pesanteur . L’action de la pesanteur, dans les appareils orthopédiques 9 peut s’exercer par deux mécanismes différents ; tantôt , ce sont des poids qui , suspendus à des liens fixés sur le malade 9 produisent un effort de traction en rapport avec leur masse ; tantôt , c’est le poids du corps lui-même qui devient P agent de tension. Les poids ont cet avantage qu’ils agissent d’une manière constante , et qu’étant susceptibles de se laisser soulever par un effort du malade , ils n’ont pas le mode d’action des forces a tension fixe dont la résistance invincible peut avoir 9 dans le cas d’un mouvement brusque, des conséquences fâcheuses; mais ils ont cet inconvénient que, soulevés par un mouvement rapide , ils peuvent , en retombant avec la rapidité que leur imprime la pesanteur , déterminer un surcroît d’action nuisible ; aussi peut-on poser en prin-
cipc , qu’on ne doit les employer que dans des appareils disposes pour prévenir l’inconvénient dont nous venons de parler, 11 faut ensuite, dans l’application des poids aux machines orthopédiques , faire attention cjue leur action conserve la même intensité pendant toute la durée de leur application , et qu’il ne faut pas compter sur un amoindrissement dans F effort primitif de traction, comme cela a lieu dans remploi des ressorts , dont le degré de tension diminue au fur et à mesure du résultat qu'il produit. C’est ce qui montre qu’il faut toujours f dans Inapplication de ce genre de force (les poids) , redoubler de précautions pour ne pas excéder la limite.
Quant aux divers modes suivant lesquels on peut augmenter d’une manière progressive l'Intensité d’action de ce genre de force , voici en quoi ils consistent : 1° on peut augmenter la masse des poids ; 2° on peut, quand les poids reposent sur un plan incliné , augmenter l’inclinaison du plan ; 3° enfin , on peut augmenter la longueur du levier auquel ils sont suspendus.
§ IL V élasticité. C’est au moyen des pièces d’appareils appelées ressorts, que l’on met enjeu cette propriété dans les appareils orthopédiques. Ces ressorts sont souvent le meilleur moyen d’action dans ces appareils , soit qu’ils aient pour effet d’exercer une pression ou de produire une traction, car, dans l’un comme dans l’autre cas, ils proportionnent, d’une manière en quelque sorte intelligente, leur action au degré de la résistance à combattre, tandis que l’action des autres forces se maintient toujours la meme. Toutefois, les ressorts cédant toujours dans certaines limites conviennent peu ^ pour surmonter une résistance considérable et continue. Les appareils inflexibles sont alors plus utiles. L’élasticité rend aussi de grands services dans les cas
où , en raison de la structure des parties , une force constante serait intolérable et nuisible aux organes.
Les ressorts que Ton doit préférer, dans la construction des appareils orthopédiques, sont ceux qui n’offrent ni trop de raideur, ni trop de souplesse ; dans le premier cas, ils fatiguent par leur dureté, dans le second, ils Coffrent qu’une action impuissante.
§ III. Forces à tension fixe. Ce sont celles qui résultent de manivelles a encliquetage , ou de vis , qui , arretées a un point, ne permettent pas le plus léger changement dans le degré de tension. L’aetion de ces forces doit a son uniformité parfaite cet avantage qu’elle ne laisse pas un seul instant de relâche, pendant toute la durée de Inapplication ; mais cet avantage est, dans certains cas , plus que compensé par un inconvénient grave que voici : si , sous Finfluence d’une cause quelconque, le malade se livre a un brusque mouvement volontaire ou involontaire , des désordres fâcheux peuvent en être la conséquence.