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cultures de bacilles tuberculeux, la seconde est un extrait aqueux.
La plupart des auteurs, Strauss et Gamaléia entre autres, admettent qu'il est impossible d'extraire d’un bouillon de culture bien filtré une substance toxique capable de déterminer des symptômes de l'infection tuberculeuse; Maragliano prétend que l’on peut retirer des produits à action bien spéciale.
« Ces substances, dit-il, injectées au cobaye ou à l’homme tuberculeux, sont excito-sudorales et hypothermisantes; à fortes doses, elles tuent le cobaye dans le collapsus; elles sont donc, sous le rapport de la thermogénèse, les antagonistes des bactério-protéines, avec lesquelles elles existent dans un même bouillon de culture filtré. » Ces substances sont, pour Maragliano, des substances solubles sécrétées par les bacilles.
Bezançon et Gouget ont repris ces expériences et ils ont conclu ainsi :
« La tuberculine et la toxalbumine, inoculées à dose mortelle, déterminent l’une et l’autre une hypothermie qui va jusqu’à la mort. Par contre, à doses non mortelles, la tuberculine, chez le cobaye, détermine de l’hyp2rthermie, tandis que la toxalbulmine a, dans ces cas, non seulement une action sur le cobaye sain, hypothermisante, mais même tuberculeux. »
Ils arrivent comme on le voit aux conclusions de Maragliano. Schveinitz et Dorset, la même année, ont confirmé ces mêmes données,
En 1899, Mircoli(1) s'exprime ainsi dans son article sur les toxines tuberculeuses et la température dans la tuberculose. |
« Nous possédons des connaissances assez exactes sur l'influence des processus tuberculeux sur le niveau thermique chez l’homme et chez les animaux. Les protéines qui résultent de la destruction des bacilles, exercent une active pyrétogène. J’ai pu, non-seulement constater l’apparition de fièvre après l'injection des bacilles morts, mais j’ai pu encore, comme Babès l'avait démontré, me persuader que par des bacilles morts on peut déterminer de la fièvre plus vite et d’une façon plus intense que par des bacilles vivants. La cause de ce phénomène s’explique très bien, car le bacille mort peut être pénétré plus facilement par les humeurs de l'organisme, il ne présente plus aucune ré-. sistance et, par suite, cède plus rapidement les toxines qu’il contient. La vieille tuberculine de Koch, de même que celle du professeur Maragliano, possède le pouvoir pyrogène des protéines tuberculeuses ; mais à côté, une deuxième substance peut influencer la température dans un sens contraire, c'est-à-dire produire de l'hypothermie, elle est représentée par les toxines. tuberculeuses ou toxalbumines. Cependant il ne faut pas aflirmer que toutes les substances contenues dans les bacilles provoquent une élévation de la températureet que, au contraire, les substances contenues dans la partie liquide des cultures exercent une action con-
(1) Mircour. Deutsch. Archie. für klinische Med., 1899 (Das latente Fieber bei der chronischen Tuberculose).
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traire. Il faut plutôt, pour juger convenablement ces faits, considérer l’action finale qui est le résultat de l’action de plusieurs facteurs, ces facteurs sont :
1° Les protéines en petit nombre qui ont une action hyperthermisante ; |
2° Les toxines qui abaissent la température et qui sont plus nombreuses que les protéines ;
3° Les produits organiques qui sont engendrés par l’action nécrobiotique des poisons tuberculeux et sont hypothermiques en grande partie. Si l’on pense que le bacille deKoch, au contraire du bacille de l’influenza et de la pneumonie, possède une longue vitalité, alors on comprend que les toxines sont plus riches que les protéines ».
Outre la tuberculine et ses dérivées, nous étudierons parmi les toxines tuberculeuses certains poisons à action bien spéciale, connus depuis les savantes recherches d’Auclair.
En 1897, Auclair montre qu’en traitant les bacilles de Koch morts par diverses substances chimiques, on peut obtenir une série de produits toxiques à action bien spéciale, en dehors de la tuberculine. Ces poisons ont un caractère commun, celui d'agir localement au point d'inoculation, ce qui les différencie des autres poisons tuberculeux.
Deux d’entre eux ont une action caractéristique, l'extrait chloroformique du bacille de Koch qui est un poison sclérosant, l'extrait éthéré ou éthéro-bacilline qui est un poison caséifiant.
L’éther a donc la propriété de dissoudre une substance grasse inhérente au corps du bacille, substance
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qui produit expérimentalement la dégénérescence caséeuse locale; on pouvait dès lors affirmer « que l'évolution caséeuse des produits tuberculeux était le fait d’un poison peut-être exclusif, mais à coup sûr le plus important du bacille de Koch ». Prüdder, en 1891, admettait que les bacilles vivants, seuls, étaient ‘susceptibles de donner naissance à la substance déter-minant le processus de caséification.
Strauss et Gamaléia, au contraire, admettaient déjà « que l’absence de caséification dans les lésions déterminées par le bacille mort, est loin d’être la règle et que le pouvoir de déterminer des lésions tuberculeuses n’est pas lié de toute nécessité à la vie et à la végétabilité du bacille de Koch. Cette propreté subsiste pour ce même bacille introduit à l’état de cadavre dans l’intimité des tissus. Elle doit donc dériver de quelques substances spéciales contenues dans ces corps bacillaires. »
Auclair qui eut précisément le grand mérite de découvrir cette substance toxique, montra peu de temps après, à l'appui de ses premières recherches que l’on pouvait expérimentalement provoquer des pneumonies caséeuses par des injections intra-trachéales d’éthéro-bacilline chez le lapin. La lésion restait locale, avait une évolution relativement longue, sans altération très marquée de l’état général.
Krompecher, de Buda-Pesth, serangeait pleinement à la découverte d'Auclair, en disant « à l'inverse de la tuberculose infectieuse provoquée par les bacilles. tuberculeux vivants, le bacille tuberculeux mort
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produit une tuberculose toxique. La tubereulose infectieuse amène la généralisation, la tuberculose toxique reste localisée aux organes qui ont été infectés directement, elle est par conséquent une tuberculose toxique locale, et bien de la tuberculose, puisque les animaux inoculés avec des bacilles morts ou vivants réagissent aussi bien l’un que l’autre par de l’hyperthermie à la tuberculine. »
Sur l'initiative de M. le professeur Weill, nous eûmes la curiosité de savoir quelle action pouvait exercer ce poison caséifiant sur les centres thermiques de l'animal. M. Auclair, auquel nous nous sommes adressé directement, eut l’extrêmeobligeance de nous aider de ses conseils et de nous envoyer à plusieurs reprises de l’éthéro-bacilline.
Nos expériences n’ont fait, comme on peut le voir, que vérifier les résultats qu’il nous donnait déjà d'avance, en nous disant que ces poisons agissaient localement et ne paraissaient pas avoir grand retentissement sur l’état général.
Nos premières expériences, pour des raisons spéciales, n’ont malheureusement pas pu être poussées assez longtemps; néanmoins, pendant un mois les lapins en expérience, après avoir reçu 0,10 cc. d’éthéro-bacilline dans la trachée, n’ont eu aucune élévation thermique, malgré une diminution progressive de poids. )
Nos dernières expériences nous ont permis de vérifier le même fait ; il semble donc que les poisons tuberculeux spéciaux, comme l'extrait éthéré du bacille de Koch, ne produit aucune élévation thermique chez le
Pet “va lapin, malgré l’évolution caséeuse locale, et l’amaigrissement lent mais progressif de l’animal. La tuberculose locale produite par l’éthéro-bacilline paraît donc être une tuberculose caséeuse torpide et ÉERET ES lement apyrétique.
Sans vouloir faire un rapprochement de cause à effet, on ne peut s'empêcher de comparer les résultats que nous donne l’étude clinique de ces tuberculoses apyrétiques de l'enfance avec leur caséification prédominante, et leur caractère de tuberculose locale généralisée, des faits expérimentaux que nous venons mentionner; ce n’est là bien entendu qu'une hypothèse encore, mais on peut se demander si, précisément dans ces formes, le bacille de Koch ne produit pas en grande quantité une toxine analogue comme effet au poison caséifiant expérimental. C’est là dans toute espèce de cas un fait très intéressant que nos connaissances actuelles ne PRES pas encore de trancher.
D’après tous les travaux parus jusqu’à ce jour sur les rapports des poisons tuberculeux avec la température, on voit que l’évolution apyrétique de la tuberculose en général et plus spécialement chez l’enfant, est loin de trouver une explication vraie ; les poisons du bacille de Koch sont encore trop mal connus pour que l’on puisse mesurer exactement leurs effets sur la thermogénèse, tout ce que l’on peut dire, c’est que chez l'enfant, le terrain est des plus propices pour la généralisation d’une tuberculose même peu virulente, comme le sont les formes apyrétiques, mais qu’à côté reste un grand inconnu, et malheureusement très
ER important, représenté par le rôle exact que jouent les poisons He
Expérimentation.
L’apyrexie n’est pas un phénomène rare chez les animaux tuberculeux, elle règne dans les infections bénignes et des élévations thermiques ne sont guère constatées que dans les infections intenses. Micoli qui a expérimenté sur 120 cobayes avec des doses variables de culture virulente de bacille de Koch donne les résultats suivants:
1° Si l'infection est intense, injection hypodermique de ? milligr. 1/2, une élévation de température commence la deuxième semaine qui tantôt augmente, tantôt diminue mais qui se maintient d’une façon continue jusqu’à la mort qui arrive entre le vingtième et le trentième jour.
2° Infection moyenne 1 milligramme: on constate au début une élévation de la température, mais plus tard, les courbes sont constamment apyrétiques, mais pour remonter encore une fois et cela peu avant la mort qui arrive entre le deux et le troisième mois. Ce type de fièvre a donc un caractère rémittent intermittent.
3° Infection légère 1/2 milligramme: c’est le type apyrétique avec quelques élévations de température très rares, pendant toute la durée de la maladie qui comprend quatre à six mois,
« Pour ce qui a rapport à la température et aux lésions anatomiques, je pus constater, ajoute Mircoli dans les trois catégories de tuberculose, qu'il n'y a pas nécessairement des rapports entre l'étendue des lésions anatomiques et les courbes de la température: que même des localisations multiples et très importantes peuvent se présenter sans fièvre : il serait logique d'admettre qu'une infection survenant rapidement provoque une élévation thermique haute et que, au contraire, une infection survenant lentement ne produit qu'une faible élévation thermique.» À l’appui de ces faits : nous pouvons citer le cas de trois cobayes inoculés par nous avec le produit easéeux d'une forme ganglionnaire apyrétique (voir observations IX et X) qui ont fait une tuberculose ganglionnaire viscérale ayant duré plus de deux mois sans élévation thermique appréciable. (La température de ces animaux n'a pas été prise très régulièrement, mais très souvent.)
Chez le lapin l’apyrexie est encore plus fréquente, car ce dernier est beaucoup plus résistant à l'égard du bacille de Koch que le premier.
C’est chez cet animal que nous avons expérimenté ; nous avons pratiqué dans trois séries concomittantes des inoculations de mème dose dans la trachée, mais de substances différentes.
Dans un premier groupe: nous avons inoculé des cultures virulentes de tuberculose, dans un deuxième groupe, de la tuberculine brute de Koch, dans un troisième groupe, l'éthero-bacilline d'Auelair.
1° Dans le premier cas avec 0,10 ce, de substance
virulente diluée, dans la trachée, nous avons obtenu chez les deux lapins, un amaigrissement assez rapide et fièvre de un degré en moyenne qui n’est survenue que vers le 10° ou 12° jour, et qui s’est maintenue; 2° Dans le deuxième cas, avec 0,10 cc. de tuberculine brute de Koch dans la trachée, nous n’avons obtenu aucune élécation thermique, nous avons essayé alors uneinjection massive de 1 gramme de tuberculine ; nous avons obtenu alors pendant vingtquatre heures une hypothermie d’un degré et demi, sans causer la mort de l'animal, le surlendemain la température remontait à sa normale. L’amaigrisse-. ment a été moins rapide que dans le premier cas ;
3° Dans le troisième cas, nous avons injecté suivant les conseils de M. Auclair, 0,10 cc. d’éthéro-bacilline, finement triturée, dans la trachée; comme dans les deux cas précédents, l'injection doit se faire très lentement, si on ne veut pas causer l’asphyxie du lapin.
Le premier est mort accidentellement trop tôt; pendant les trois semaines où il a vécu, nous n’avons constaté aucune élévation thermique. Le second put être injecté avec une nouvelle dose de 0,15 cc. un mois après la première, nous n’avons pu constaté chez lui, malgré la lésion tuberculeuse locale, aucune élévation thermique, l’'amaigrissement a été progressif, mais lent,et l'animal aurait pu continuer certainement à vivre encore quelque temps.