INTRODUCTION
L'enfant, par sa sensibilité toute spéciale à l’égard des infections et des intoxications, donne souvent la mesure exacte des formes diverses que peut revêtir une maladie infectieuse, c’est ainsi qu'en matière de tuberculose, nous retrouvons chez lui le contraste saisissant d’une même affection dûe au même agent microbien et pouvant évoluer avec ou sans température. Pareil fait clinique peut s’observer chez l'adulte, et les longues périodes d’apyrexie chez les sujets porteurs de grosses lésions tuberculeuses ne sont pas très rares, mais jamais on ne voit une évolution complètement apyrétique, comme on l’observe chez les jeunes enfants.
Depuis que les auteurs se sont occupés plus spécialement de tuberculose infantile, depuis Landouzy, Queyrat, Aviragnet et surtout Marfan, qui eut le mérite d'individualiser en quelque sorte la tuberculose chronique diffuse du nourrisson, les observations de tuberculoses apyrétiques sont assez fréquentes. Malgré les nombreuses thèses faites sur la tuberculose de l'enfance, nous n’avons pu trouver aucun travail envisageant spécialement l’apyrexie dans cette affection d’une façon générale ; aussi, notre but est-il, ici,
Rp non-seulement de retracer les particularités cliniques qui accompagnent l’apyrexie dans certaines tuberculoses de l’enfant, mais d'exposer, suivant le désir de M. le Professeur Weill qui nous a inspiré ce sujet, les idées nouvelles qui lui ont été suggérées dans ces dernières années par les cas observés par lui. Nous aurions voulu apporter à l'appui de ces faits une expérimentation plus riche, mais les difficultés matérielles ne nous ont pas permis de réaliser pleinement nos désirs. Nous apportons cependant ici les faits expérimentaux tels que nous avons pu les observer.
Dans un premier chapitre, nous plaçant sur le terrain purement clinique, nous mettons en relief l’apyrexie, dans la tuberculose chronique diffuse de la première enfance, avec les symptômes qui l’accompagnent, aussi bien que dans les formes plus localisées de la seconde enfance.
Dans un deuæième chapitre, nous envisagerons les quelques particularités anatomiques que l’on observe plus volontiers dans ces formes apyrétiques.
Dans un dernier chapitre, nous essayerons de donner une pathogénie, peut-être encore hypothétique, mais rationnelle, de l’apyrexie dans la tuberculose, en nous appuyant sur les connaissances déjà acquises et sur les quelques travaux expérimentaux que nous avons pu réaliser.