‹ De l'Apyrexie dans la Tuberculose de l'EnfanceChapitre 8 sur 35 · A 5, de milligramme suivant l’âge · texte numérisé non relu

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tuberculine +

Dans la seconde enfance.

L'apyrexie devient plus rare dans la tuberculose de la seconde enfance ; cette maladie prend des caractères la rapprochant de celle de l'adulte; la tuberculose ayant plus de tendance à se localiser, soit sur les séreuses, soit.sur les viscères, ce seront donc exclusivement des formes localisées qui s'accompagneront d'apyrexie. Cela est si vrai, que l’apyrexie dans ces

(1) Descos. Le séro-diagnostic de la tuberculose chez les enfants. Thèse de Lyon, 1902.

Re formes de la deuxième enfance et des grands enfants procède par périodes quelquefois très longues, entremêlées de courtes élévations thermiques qui indiquent une extension de la lésion.

Parmi les formes cliniques les plus souvent observées, nous devons signaler les formes péritonéales, pulmonaires et lymphatiques. Les formes méningées sont rarement apyrétiques, l’action directe exercée par les méninges sur les centres nerveux sous-jacents en est peut-être une cause. La méningite tuberculeuse apyrétique ne s’observe que chez les tout jeunes enfants. Cadet de Gassicourt (1) cite deux exemples d’apyrexie continue au cours de la méningite. Bosselut (2), dans sa thèse, cite également une observation de méningite apyrétique chez un enfant de deux mois, où pendant les quatre jours qu'a duré l’évolution, la température a été normale.

Dans la péritonite tuberculeuse, l’apyrexie est la règle dans les formes ascitiques, c’est-à-dire dans les formes les plus curables, mais elle existe aussi dans les formes fibro-caséeuses, même étendues. L’apyrexie apparait donc dans ces cas non plus comme un indice de guérison, mais comme un caractère bien particulier à certaines formes de tuberculoses qui tout en évoluant lentement n’en continuent pas moins à s’aggraver. Les formes à évolution complètement apyrétiques sont très rares, et sont l’apanage des tout jeunes enfants, elles évoluent chez eux rapidement.

(4) Caper DE GassicourT. Cliniques infantiles, &. II. (2) Bossezur. Thèse de Paris, 1888.

Notre observation VI, en est un bel exemple, il s'agit d’une péritonite tuberculeuse fibro-caséeuse avec apyrexie complète et hypothermie finale ayant évolué en six semaines chez un enfant d’un an et demi.

Dans la majorité des cas, il s’agit d'enfants plus âgés, qui ont de longues périodes apyrétiques malgré d'énormes masses fibro-caséeuses, un état général mauvais et parfois de légères poussées fébriles indiquant l'extension du processus tuberculeux.

L’apyrexie est, on le voit, dans ces cas là un signe trompeur masquant souvent des lésions très étendues. Nous ne reproduisons pas ici d'observations de ce genre, mais elles sont nombreuses, et les périodes d'apyrexie peuvent être parfois fort longues sans que la guérison existe : dans ces tracés thermiques, en eflet, on peut voir ces périodes apyrétiques coupées par des oscillations fébriles qui durent parfois fort peu de temps, mais qui se rapprochent de plus en plus à mesure que les lésions se généralisent.

Les formes pulmonaires apyrétiques sont également l'apanage de la seconde enfance et des grands enfants, chez lesquels la tuberculose reste localisée aux poumons. Il estfréquent, en effet, de voir des enfants avec des lésions avancées à l’auscultation, avec un état général peu satisfaisant, avoir de longues périodes d’apyrexie ; ils se rapprochent tout à fait de ces adultes, quelquefois cavitaires, qui circulent, peuvent travailler, ayant pendant des semaines des températures normales.

Comby, sur quarante-cinq malades de la seconde

Er es enfance atteints de tuberculoses diverses, mentionne onze fois l’apyrexie; il cite même le cas d’une fillette de neuf ans qui présentait, aux deux sommets, des craquements humides sans fièvre; elle est restée à l'hôpital plusieurs mois sans le moindre mouvement fébrile, quoique les signes physiques aient indiqué un ramollissement très étendu avec infiltration des deux poumons.

Dans notre observation XII, il s’agit également d’une malade ayant présenté de longues périodes d’apyrexie malgré des signes d’excavation très nets.

La température n’est donc pas toujours en rapport avec l'étendue des lésions, et dans les formes pulmopaires en particulier, on peut voir des malades ayant de fortes oscillations thermiques avec des lésions relativement minimes à l’auscultation, à côté de malades porteurs de grosses lésions et qui restent, pendant de longues périodes, apyrétiques.

A côté de ces formes localisées aux séreuses ou aux poumons, il existe des cas où la tuberculose semble s'être attaquée surtout au système lymphatique. Ces formes ganglionnaires sont fréquentes dans la seconde enfance; il s’agit, le plus souvent, d'enfants qui, avec un état général relativement bon, présentent des adénopathies multiples au cou, au creux axilaire et inguinal ; à côté de ces ganglions superficiels, on trouve des ganglions profonds mésentériques et trachéobronchiques que la radioscopie montre très nettement. L'apyrexie est la règle dans ces formes. Ces tuberculoses ganglionnaires sont, en effet, des formes torpides, elles sont souvent accompagnées où ont été

= AE — précédées de lésions viscérales très minimes; il semble que, d'emblée, la tuberculose ait trouvé un terrain de prédilection dans le ganglion lymphatique. Le contenu de ces ganglions est, la plupart du temps, caséeux ; inoculé au cobaye, il reproduit lentement, mais à coup sûr, une tuberculose ganglionnaire et viscérale. Nous avons pu nous en rendre compte au moyen de ganglions enlevés aseptiquement à deux malades du service de M. le professeur Weill; ces deux malades, dont nous reproduisons l’histoire dans les observationsIX et X, ont reproduit, par l’inoculation du cobaye, une tuberculose très nette, mais qui n’entrainent pas la mort des animaux au bout de deux mois, et qui évolue sans température; ce qui est une preuve du peu de virulence de ces formes lymphatiques.

L’apyrexie est aussi la règle dans les formes beaucoup plusrares de polyadénite tuberculeuse primitive, décrites par Pascal et Lesage, où l'affection tuberculeuse parait être la seule cause de la mort et où on assiste à une évolution anatomique un peu spéciale, qui ne ressemble pas à la caséification intense que l’on observe dans les autres formes de tuberculose secondaire avec lésions des viscères. |

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