‹ De L'Arrachement Complet Du Cuir CheveluChapitre 33 sur 48 · OBSERVATION XXVIII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXVIII

{Recueillie dans le service de M. le D' Reblaud, à l'hôpital de Rothschild.)

Mue J. W..., âgée de vingt et un ans, habitant Calais, travaillait dans un lavoir lorsque, le 25 octobre 1907, en se rapprochant trop des machines en mouvement, elle eut une mèche de ses cheveux qui, entraînée par le vent produit par les roues et les poulies, alla s’enrouler sur l’arbre de transmission ; toute sa chevelure fut ainsi enroulée ; la force de rotation de l’axe arracha entièrement le cuir chevelu. La malade n'a ressenti aucune douleur. L’hémorragie fut minime.

Conduite à l’hôpital de Calais, on put constater que sur le côté droit, la déchirure descendait jusqu’au niveau du tragus de l'oreille, dont la moitié supérieure avait été complètement

enlevée.

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En arrière, la ligne de déchirure suivait l'insertion du cuir chevelu, laissant seulement au-dessous d’elle, au niveau du cou, quelques cheveux plus courts.

Sur le côté gauche, l'oreille avait également été décollée, mais en avant de l'oreille, sur la tempe, la ligne de déchirure était descendue moins bas qu’à droite : il restait encore une

mèche de cheveux au niveau de la tempe.

Sur le front, la ligne de déchirure descend également moins bas à gauche qu'à droite, suivant à peu près la ligne d’implantation des cheveux ; et cependant la malade nous explique que ses cheveux ont été pris par le côté gauche. La peau du front, au moment de l'accident, avait été complètement décollée jusqu'aux sourcils.

On suture l'oreille droite, la peau du front, et sans essayer la réimplantation du lambeau on fait un pansement à la poudre de salol : l'oreille droite reprend très bien, ainsi que la peau du front. Pendant les huit jours suivants l’on continue les pansements au salol : et durant ce laps de temps la malade ne ressentit aucun malaise, et sa température resta normale.

Du 25 novembre au 7 décembre, la malade fut soignée par des pansements au vin aromatique. La vaste plaie bourgeonnait très bien. On continue par des pansements humides, des pansements au diachylon, mais sans obtenir grande cicatri-

satiori.

Janvier 1908. — La malade nous déclare avoir ressenti de violents maux de tête, à tel point, qu'elle fut soignée pour méningite; mais au bout de trois semaines environ et sous l'influence du pyramidon, à doses massives, tous ces

symptômes de méningisme disparurent.

Mai 1908. — On essaya des greffes épidermiques, mais sans obtenir de résultat.

C’est alors. le 7 juin 1908, que la malade voyant la guérison si lente à venir vint à Paris et fut admise dans le service du D' Reblaud, à l'hôpital de Rothschild.

Du 7 au 26 juin, on continue les pansements humidès et le 26 on pratique une greffe cutanée totale, avec un lambeau de peau pris sur la cuisse droite : on défait le pansement huit jours plus tard et on constate que la greffe n’a donné aucun résultat, on revient alors aux pansements humides. Puis durant quelques jours, on fait des pansements au pyroléol que l’on ne peut continuer longtemps. car la malade se plaint d’élancements très douloureux dans la tête, surtout vifs durant la nuit. On fait alors des pansements à la vaseline et poudre de bismuth sans obtenir la cicatrisation. Le r1 septembre, on essaie cinq greffes épidermiques, qui semblent avoir activé un peu l’épidermisation ; on continue alors les pansements à la vaseline, mais en ce moment, il se produit encore de la suppuration et les greffes s’éliminent. Le 16 octobre,on recommence les greffes épidermiques, on en place dix-huit, dont la plupart ne prennent pas. À partir de ce moment, on alternait les pansements humides et les pansements secs en faisant de temps en temps, des attouchements au nitrate d’argent jusqu’en juillet 1909, et à cette date on songe à faire de la fulguration. Une séance produisit une certaine amélioration, mais de courte durée. On fit alors de nouveau des pansements secs,avec quelques attouchements à la teinture d'iode, jusqu'à aujourd’hui ; et grâce à ce traitement, on a obtenu une amélioration sensible.

Actuellement la lésion est en voie d’épidermisation.

Observation incomplète.

LS Bu

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