OBSERVATION XXIX
(Recueillie dans le service de M. le D' Pojolat, chirurgien
de l’hôpital de Clermont-Ferrand.)
14 avril 1905. — Mie C..., vingt-cinq ans, travaillant dans un atelier de caoutchouc, s’approcha d'un arbre de transmission, situé à une hauteur assez élevée, au-dessus du sol; sa chevelure s'enroula sur l’axe et toute sa calotte cranienne fut arrachée.
La malade dit avoir ressenti une faible douleur, elle ne perdit pas connaissance et l'hémorragie fut peu abondante. Transportée à l'Hôtel-Dieu de la ville,on constata que la malade avaitété scalpée et que la ligne de déchirure passait, en avant, au nilieu de la peau du front, delà,se dirigeait horizontalement en arrière, à droite et à gauche, pour passer à environ: centimètre au-dessus des oreilles. De là. elle se dirigeait en arrière et en bas, suivant à peu près la ligne d'implantation des cheveux, jusqu’au niveau de la nuque, où les téguments étaient arrachés juste au point, où la peau du cou se continue avec le cuir chevelu. On fit alors à la malade des pansements aromatiques et il se produisit une suppuration abondante ; jusqu'en janvier 1906, on continue les pansements au vin aromatique et pendant ce temps il se produit un bourgeonnement intense de toute la surface cranienne. On fait alors des pansements à la vaseline stérilisée et la cicatrisation commence, se continuant lentement par l’épidermisation ; à ce moment,
fin janvier 1906, nous avons perdu de vue la malade.
Nous avons pu en avoir néanmoins des nouvelles et apprendre que deux ans après, c'est-à dire trois ans après l'accident, la cicatrisation commençait seulement à se produire et
que la malade continuait à venir se faire panser à l'hôpital.