‹ De L'Arrachement Complet Du Cuir CheveluChapitre 36 sur 48 · OBSERVATION XXXI · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXXI

(Recueillie dans le service de M. le professeur Pierre Delbet.)

Mre L..., âgée de quarante-six ans, entre le 18 septembre 1906, pour un arrachement complet du cuir chevelu.

Elle était accroupie, près d'une machine en mouvement, lorsque sa chevelure fut prise, dans les dents du rouleau de la cercleuse et complètement arrachée avec le cuir chevelu.

Cet accident se produisit le 6 octobre 1905. Depuis, la malade fut soignée à l'hôpital Boucicaut, pendant dix mois. On faisait des pansements secs ; les bords de la plaie étaient touchés à la teinture d’iode. Comme la peau de la paupière supérieure avait été arrachée et que le globe de l'œil était à nu, la malade vint consulter l’oculiste. Il y avait une perforation de la cornée, qui nécessita la suture des paupières du côté droit.

La blessée rentre ensuite salle Chassaignac le 18 septembre 1906.

Actuellement, on constate que l'ablation du cuir chevelu est totale. La ligne d'arrachement part d’une horizontale menée immédiatement au-dessus des sourcils, passant sur les côtés immédiatement au-dessus du pavillon de l'oreille et atteignant en arrière la protubérance occipitale externe. La table externe de tous les os de la voute cranienne est mise à nu. On ne peut voir les insertions du muscle temporal dans les mouvements de mastication. De plus, en avant et du

côté droit, au niveau du globe de l’œil, on aperçoit derrière

“Sen EP la paupière supérieure détachée, le globe oculaire qui se

met en mouvement chaque fois qu'on demande à la malade

de mouvoir ses yeux.

On fait des pansements antiseptiques, et de larges et min-

ces coquilles de la table externe s’éliminent.

Interpention le 17 octobre 1906.

Sur la face antérieure de la cuisse droite, on prend des greffes dermo-épidermiques, suivant la méthode de Thiersch et on les transplante sur le crâne qui a été soigneusement gratté et détergé de ses bourgeons charnus. On réserve le front et les régions pariétales. Pansement avec des lamelles

de plomb.

On fait les pansements quotidiens avec des lamelles d’étain.

23 octobre .— On remplace ces lamelles par des compresses sèches ; les greffes n’ont guère pris que dans la région pariétale gauche et par îlots à la région frontale.

30 octobre. — Pansement à la lanoline et au peroxyde de zinc.

Les os du crâne sont à nu par places.

Au commencement de décembre, les urines devenant un

peu albumineuses, on met la malade au régime déchloruré.

Les pansements sont continués jusqu'au 17 décembre. A ce moment, les greffes se sont considérablement étendues. Elles recouvrent la région pariétale gauche, sur une surface de 6 centimètres environ et la région frontale sur 2 centimètres de hauteur et 3 centimètres de longueur. Le crâne n’est dénudé qu’en un seul endroit, au milieu de la greffe pariétale.

17 décembre 1906. — Deuxième intervention.

Pansier 3

HS SU EE

Depuis le 17 décembre 1906, pansements tous les deux jours ; peu deprogrès.

10 janvier 1907. — On voit que plusieurs greffes de petite dimension sont tombées. Il y a un peu de suppuration malgré des pansements à l’eau alcoolisée.

A partir du 10 février 1907, à la suite de l'application de vaseline blonde, les greffes de la partie moyenne de la tête s'étendent avec une rapidité surprenante, de sorte que, en une quinzaine de jours, les régions pariétales sont recouvertes.

15 mars 1907. — Troisième intervention. — On refait des greftes de Thiersch à la partie postérieure de la tête que les anciennes greffes n'avaient pas tendance à recouvrir.

Elles ont très bien pris.

On a remarqué, que le régime déchloruré, que l’on avait institué à cause de la rétention chlorurée (commencement d'œdème des jambes} permettait aux greffes de progresser ; dès que la malade le cessait, les greffes s'arrêtaient et ne progressaient plus.

On a mis la malade au régime déchloruré du 25 décembre au 3 janvier, du 20 février au 28 février, du 7 mars au 28 mars, depuis le 1° avrilelle na pas cessé ce régime. De temps en temps. on essaie de laisser la tête quelque temps à l'air; mais les croûtes,qui couvrent certains points, semblent alors augmenter et empêcher l’épidermisation.

On cesse ce mode de traitement pour continuer les pansements à la vaseline blonde qui font merveille, surtout quand la malade est au régime déchloruré.

Au commencement de mai, la tête est presque complè tement épidermisée. À peine reste-il deux points, à droite et en arrière, dont la tendance à l’épidermisation se manifeste

déjà.

29 mai 1907.— La malade sort par passage dans le service de M. Rochon-Duvignaud.

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