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des travées conjonctives denses et résistantes qui unissent la peau et la couche musculo-aponévrotique, elles ne peuvent se rétracter dans les plaies ordinaires du cuir chevelu.
Les veines sont nombreuses et les ganglions lymphatiques forment un réseau très serré. On trouve aussi un grand nombre de filets nerveux. Au-dessous se trouve la couche musculo-aponévrotique comprenant : au centre, une lame fibreuse dense, très forte, que Cruveilhier compare au centre phrénique du diaphragme, car autour de cette aponévrose rayonnent des muscles : en avant, le frontal ; en arrière l’occipital : latéralement, les muscles temporaux.
Enfin, au-dessous de l’aponévrose, une couche celluleuse formée de tissu cellulaire lâche et lamelleux ne contenant jamais de graisse ; plus profondément, on trouve ie périoste, et enfin la table externe du crâne.
Tous les plans précédents : peau, tissu cellulaire sous-cutané, plan cellulo-aponévrotique,forment une couche unique, organe ayant ses vaisseaux et ses nerfs propres. organe relativement indépendant du plan sous-jacent. Il forme une couche de 4 à 9 millimètres d'épaisseur. (Testut et Jacob.)
Au point de vue pathologique,les parties molles de la région occipito-frontale peuvent être considérées, comme ne formant que deux couches : une superiicielle ; le cuir chevelu : une profonde, formée par le tissu lamelleux sous-épicranien et le périoste. C’est
ainsi que si une plaie reste limitée au plan su-
res perficiel, elle pourra se compliquer d'une légère inflammation avec retentissement ganglionnaire,mais rarement de suppuration, grâce à son énorme vascularisation.
Si, au contraire, la plaie a touché le tissu cellulo-lamelleux, il se produit de la suppuration et du décollement, phlegmon diffus péricranien de Chassaignac (A. Richet), car le tissu lamelleux lâche, peu résistant, comble un espace situé entre le plan musculoaponévrotique et,le périoste, c'est l'espace supra-périostique de Merckel. C’est grâce à cette couche lâche que se produit, chez certains sujets, le mouvement de va et vient du cuir chevelu, provoqué par la contraction des muscles occipital et frontal ; grâce à elle, que les téguments peuvent être facilement séparés du squelette dans les autopsies; grâce à elle que dans les traumatismes, on peut voir le cuir chevelu, détaché du crâne suivant une plus ou moins grande étendue.
Donc nous trouvons deux couches distinctes :
1° Le cuir chevelu ;
2° Le tissu cellulo-lamelleux et le périoste.
La première formant le lambeau dans tous les décollements des parties molles du crâne, la seconde étant le plan de décollement, le plan de clivage. Tels sont donc les plans que comprend le lambeau en épaisseur ; en surface son étendue est toujours sensiblement la même.
IL a la forme d’une vaste calotte : En avant, la ligne qui le circonserit passe le plus souvent au ni veau des sourcils, parfois elle descend jusqu’à la ra-
pe
cine du nez, parfois elle remonte jusqu’en haut du front. Mais, dans ce cas, le décollement s'étend souvent au-dessous de la peau du front jusqu’à la région sourcilière. Latéralement, la ligne d’arrachement va horizontalement de la ligne des sourcils au pavillon de l'oreille, qui est parfois décollée ainsi que la peau de la région malaire.
En arrière, l’arrachement se produit suivant une ligne presque contiguë à la ligne d'implantation des cheveux ; elle passe donc au-dessous de la protubérance Occipitale externe, épargnant parfois à ce niveau des cheveux ; parfois,au coniraire,empiétant sur la nuque, pour descendre jusqu’à l’apophyse épineuse de la septième vertèbre cervicale. La ligne de rupture est le plus souvent une ligne de section nette,ne présentant ni bavures, ni dentelures, il faut y voir là probablement une remarque de lintensité de la force de traction, cause du traumatisme.
Le lambeau, formé du cuir chevelu, laisse donc, au-dessous de lui, le périoste et le plan squelettique. Le périoste est, par endroits, recouvert encore à la région moyenne de débris de tissu lamelleux ; latéraiement, en avantet en arrière, restent le plus souvent» des fibres musculaires parfois assez nombreuses. Mais en d’autres cas, le périoste est arraché avec le cuir chevelu, laissant voir à nu la table externe du crâne, qui, dans quelques cas, a été usée par le frottement, qu’elle a subi sur l’axe de transmission, cause habituelle de l'accident.
Le diploé se trouve alors à nu.
EPA
On a signalé, dans ces cas de scalp, le décollement de la dure-mère de la face profonde de la voûte cranienne.
Cette énorme plaie saigne relativement peu, malgré la grande vascularisation du cuir chevelu. On a bien noté, dans un cas, une hémorragie de la temporale droite ayant nécessité la ligature, mais c’est là un fait exceptionnel. Dans les autres cas, les artères superficielles subissent,avant de se rompre,une forte élongation qui fait rompre les premières, les tuniques moyenne et interne plus fragiles. lesquelles se recro: quevillent à l’intérieur du vaisseau. La tunique externe s’allonge, se distend, finit par céder en s’eflilant et coiffe les extrémités rétractées des deux autres tuniques. Le sang venant se heurter contre cet obstacle se coagule et s'oppose d’une manière définitive à l’hémorragie.
Quant aux nerfs ils ont, comme dans les arrachements des membres, souvent été détachés à une assez grande hauteur au-dessus du plan de section.
ÉTIOLOGIE. — MÉCANISME
Le scalp est devenu une des lésions par arrachement, au moins aussi fréquente, que l’étaient autrefois les lésions par arrachement des membres.
Il se produit, le plus souvent, chez la femme dont les cheveux longs et bouffants constituent pour elle une cause prédisposante. Ce sont le plus souvent des ouvrières, appartenant à l’industrie mécanique, car le seul fait, qu'une ouvrière ait une mèche de cheveux saisie par une courroie, un axe de transmission, suffit pour que toute la chevelure soit entraînée autour de l’axe. Le scalp est donc un accident des ateliers de femmes.
Le scalp peut dépendre d’une cause banale, et M. le professeur Quénu cite le cas d’un enfant qui fut scalpé par un gros chien ; mais c’est là un fait exceptionnel et on peut établir en général que le scalp est un accident industriel de la femme.
C’est qu’en effet nous trouvons là réunies les deux causes efficientes du mécanisme du scalp : d’une part des machines, de l’autre des cheveux. Toutes les machines, animées d'une vitesse suffisante, peuvent produire des accidents de scalp et même il n’est
ses pas nécessaire que la vitesse soit de 1.800 à 2.000 tours à la minute ; nous citons en effet un cas, où une fillette fut scalpée par l'arbre de transmission d’une machine à coudre tournant à 450 tours.
Parfois c’est une roue, plus rarement un engrenage, plus rarement encore le volant d’une machine à vapeur, par exemple; ou une courroie detransmission, mais ce sont plutôt là, les pièces mécaniques qui causent les arrachements des membres, tandis que le scalp est produit le plus souvent par prise des cheveux dans un axe de lransmission, une mèche touchée par l’axe en mouvement s'enroule autour de celui-ci et aussitôt la chevelure tout entière devient un câble très résistant.
Les cheveux saisis se tendent graduellement, s’allongent de un cinquième à un quart de leur longueur (Sappey).
Pourquoi ne sont-ils pas arrachés pluiôt que la peau et tous les plans superficiels ? Faut-il y voir une conséquence de l'implantation généralement oblique des cheveux (Cazenave), ou une conséquence de la mobilité du cuir chevelu sur les plans sous- Jacents ? Nous pensons plutôt qu’il faut y voir une nouvelle preuve de l'intensité du traumatisme mettant en présence deux forces de sens opposé : d’une part, le poids du sujet et ses efforts pour ne pas se laisser emporter ; de l’autre, la puissance de rotation de la machine qui se transmet au corps par la vo.e solide des cheveux et du cuir chevelu, qui ne font qu’un avant le traumatisme.
La rupture se produit, au point de réunion de ces deux forces, au point de moindre résistance, là où cesse l’implantation des cheveux, au niveau de la nuque, des régions temporales, du front, des arcades orbitaires remplissant peut-être alors le rôle de lames coupantes. Îl y a, donc là, l'application en un même point de deux forces, de sens contraire, sensiblement égales et le scalp se produit, le plus souvent du moins, par le mécanisme de l’arrachement comme par le même mécanisme se produit l’'arrachement d’un doigt, d’un bras, d’un orteil ou plus rarement d’un membre inférieur. Sous l’action de la traction produite par la machine, le cuir chevelu commence par se décoller du squelette cranien, suivant le plan de clivage cellulo-lamelleux, de sorte que par suite de l’élasticité des téguments craniens il se produirait d’abord, au-dessous du futur lambeau, un espace vide; la traction continuant, ainsi que la résistance, il s’ensuivrait l’arrachemerit. De sorte que vers la fin de l'accident, un peu avant l’arrachement, la traction transmise par les cheveux, aurait eu son point d'application au sommet d’un cône de décollement, correspondant au sommet du crâne, c’est peut-être grâce à ce mécanisme que la ligne de rupture se montre sensiblement circulaire el régulière.
En résumé, nous croyons qu'on peut atiribuer la régularité du lambeau au mécanisme suivant : deux
temps.
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Premier temps. — Décollement et formation d’un cône de décollement, Deuxième temps. —- Arrachement suivant la base
du cône de décollement.