‹ De L'Arrachement Complet Du Cuir CheveluChapitre 42 sur 48 · HARDES · texte numérisé non relu

HARDES

sent des ulcéralions : sous l'influence des traumatismes les plus légers (frottements de la tête sur l’oreiller, port d’une perruque), la friable cicatrice néoformée se fendille et s’ulcère, laissant après elle de petites plaies qui tendent à s’agrandir sans cesse, soit qu’elles siègent sur le front, les bosses pariétales ou le vertex.

Une dernière complication fréquente de la cicatrisation de la plaie du scalp livrée à ses propres moyens est l’ectropion des paupières supérieures : en eflet, la rétraclion cicatricielle attire les téguments voisins en haut, de sorte que les paupières supérieures, elles, sont attirées en haut et en dehors, découvrant une partie de sclérotique normalement cachée et donnant ainsi à la blessée un facies de stupéfaction et d’hébétude. C'est une complication assez fréquente du scalp : on la note sept fois sur 35 cas signalés par Fouchard. Cet auteur considère l’ectropion comme inévitable surtout lorsque la déchirure passe au voisinage des paupières et intéresse Îles sourcils.

Dans les cas, où, cet ectropion a nécessité une intervention thérapeutique. les succès ont été pro blématiques (Fouchard).

Quant aux complications infectieuses, elles sont et les plus nombreuses et les plus graves.

La suppuration accompagne d’ordinaire la vaste plaie du scalp et elle ne devient réellement une complication que lorsque son abondance est énorme ou lorsque sa durée se prolonge.

Il est à remarquer que souvent une abondante suppuration n'empêche pas le bourgeonnement de se faire vigoureusement. La suppuration peut s’accompagner des plus graves complications et nous aurons à y insister tout au long de ce paragraphe.

Souvent, accompagnant la suppuration, se produir sent des hématomes qui crèvent bientôt, donnant lieu à une petite hémorragie ; donc, outre les hémorragies du bourgeonnement, nous trouvons ici des hémorragies que l’on pourrait nommer hémorragies de suppuration, par suite de l’ulcération des fines parois vasculaires, par le pus.

La suppuration banale se complique fréquemment d’érysipèle : nous le Lotons 4 fois sur 32 cas. L'érysipèle se produit à tous les moments de la cicatrisation.

N’accompagnant pas l’érysipèle, on peut avoir affaire à de l’&ædème de la face qui amène l’occlusion des paupières. Nous l’avons trouvé 1 fois sur 32 cas; il disparut très vile; peut-être était-ce un œdème albuminurique ?

La suppuration prolongée amène parfois le bloquage du rein ou sa dégénérescence amyloïde, ainsi que nous le trouvons dans une observation de M. le professeur Pierre Delbet. La maiade avait de l'œdème des jambes, de l'albumine. Sous l'influence du régime déchloruré la néphrile cessa rapidement.

L'action de la suppuration cranienne peut se manifester sur les os à nu.

La dénudation des os du crâne qui résulte parfois

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de plaies à lambeaux considérables, n’est pas nécessairement suivie de nécrose (Tenon). On considérait jadis, en effel, comme inévitable, l’exfoliation des os mis à nu et on les maintenait à découvert afin de pouvoir hâter la chute des portions nécrosées soit à l’aide de topiques irritants, soit à l’aide de perforations multiples à travers lesquelles se développaient les bourgeons charnus.

Cependant cette action du pus sur les os à nu amène l'élimination de portions d’os : nous avons noté 4 fois sur 32 cas l'élimination de séquestres. C’est la table externe qui se trouve nécrosée et éliminée sous forme de minces lamelles : il y a alors exfoliation des os de la voûte cranienne. Plus rarement, comme nous l'avons relevé dans un cas, ce sont les dents de la suture sagittale, par exemple, qui sont éliminées ; dans ce même cas, la supyuration avait creusé des trous jusque dans le diploé, trous analogues à ceux creusés jadis, dans un but thérapeutique dont nous parlions, au début de ce paragraphe.

Dans son rapport à l'Académie de médecine en 1842, Velpeau « s'étonne et trouve étrange que de larges exfoliations, qu’un travail de suppuration très étendu, puisse s'effectuer si près des méninges, sans faire naître aucune inflammation de ces organes et sans déterminer aucune perturbation de la masse encéphalique. » Il n’en est pas toujours ainsi et la méningite accompagne souvent larrachement complet du cuir chevelu. « A la suite de l’érysipèle, on

voit survenir des méningites,des épanchements intracraniens avec décollement de la dure-mère, soit que l’inflammation se soit propagée de dehors en dedans par les communications vasculaires nombreuses entre les téguments et la dure-mère, soit que cette propagation ait lieu par l'orbite, soit qu’enfin il n’y ait là qu'un simple phénomène de voisinage comme le désigne Gerdy. » (Nélaton.)

Sur 32 cas de scalp, nous avons trouvé un cas seulement de méningite nette, se terminant par la mort. Mais on peut rattacher à l’inflammation méningée beaucoup d’autres symptômes tenant àune légèreirritation des méninges, de sorte que cette clusse : inflammations méningées s'étend de la névralgie à caractères particuliers jusqu’à la méningite vraie.

Nous avons relaté, dans l’observation du service de M. le Dr Reblaud, les névralgies tenaces dont souffrait la jeune scalpée et par suite de la ténacité de ces douleurs, nous ne voudrions pas hasarder un pronostic trop optimiste.

Dans une autré-observation (obs. XX), la malade fut prise d’agitation générale, avec contractions douloureuses des membres supérieurs et inférieurs. Le pouls devint petit, filiforme ; lagitation et les contraclions augmentèrent pendant quatre jours, puis tous les symptômes s’amendèrent. Nous pensons qu'il y avait dans ce cas un peu d’inflammation méningée : du méningisme.

On trouvera, dans l’observation XVI], un cas de

méningite ayant entraîné la mort de la jeune fille.

Dans l’observation n° I, l’auteur rapporte un cas de mort par congestion cérébrale, dit-il ; mais il. est permis de supposer que dans ce cas on eut à faire à de la méningite : puisque cette congestion cérébrale fut immédiatement précédée de l’exfoliation de la table externe. Nous avons donné notre avis plus haut sur les conséquences des exfoliations craniennes.

Nous aurions ainsi à noter 2 cas de méningite vraie sur 32. Cas réunis.

Ces méningites sont tardives, c’est un de leurs caractères distinctifs ; dans 1 cas, la mort survint quinze mois après le scalp ; dans l’autre, onze mois et vingt-trois jours après l’accident. Nous n'avons pas trouvé d’abcès du cerveau.

Les microbes de la suppuration cranienne ne restent pas toujours cantonnés dans la région céphalique et souvent ils envahissent l’organisme entier, amenant une septicémie mortelle. L'observation XV, dans laquelle la malade fut prise de frissons multiples avec forte fièvre, en est un bel exemple; la morteut lieu sept mois après l’accident.

Nous avons relaté nombre d'observations publiées incomplètes ; dans quelques-unes d’entre elles les malades avaient subi de graves complications puis tout était rentré dans l’ordre ; c’est alors que brusquement ces observations s’arrêtent. Qu'il nous soit permis de faire des réserves sur la véritable fin de ces malades.

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