‹ De l'Arrachement des Insertions Phalangiennes des ExtenseursChapitre 20 sur 30 · OBSERVATION XV · texte numérisé non relu

OBSERVATION XV

(Archives générales de Médecine, 1891, p. 513.)

M. F..., industriel, âgé de trente-deux ans, vint en 1887 nous consulter pour l’accident que voici : étant à cheval et voulant maintenir sa monture, la main gauche lâche les rênes, le pêtit doigt seul reste pris et M. F...fait un violent effort pour le dégager sans pouvoir préciser exactement comment les choses se sont passées.

Toujours est-il que, depuis, la dernière phelange de l’auriculaire reste légèrement fléchie sur la seconde, il lui est impossible de la redresser tout à fait, mais il peut la fléchir: pas d’endolorissement de l'articulation, pas de gonflement.

L'accident est arrivé il y a quelques jours, lorsque nous le voyons. Nous constatons une très légère flexion de la phalangette que nous pouvons redresser complètement, mais qu'il est impossible au blessé de redresser volontairement ; il lui imprime néanmoins de petits mouvements d’extension. La flexion est possible, mais un peu douloureuse. Pas de point douloureux au niveau de l'articulation, ni du squelette. À cause de la difformité et de la possibilité d’un petit

mouvement d'extension, nous pensons qu'il s’agit non pas

d’une rupture proprement dite, mais d’une entorse, d’une élongation de l’extenseur au niveau de ses insertions phalangettiennes, et nous conseillons le port du petit appareil suivant qui est fait sur nos indications ; il consiste en une sorte de dé en métal coiffant le bout du petit doigt ; à ce dé est fixé en arrière un tube élastique qui vient passer dans un anneau à la racine du doigt et prendre insertion sur un bracelet qui entoure le poignet. De cette façon le doigt reste complètement redressé et se redresse aussi tout à fait lorsque le blessé l'a fléchi. M. F... a gardé cet appareil pendant quinze jours environ, et je l’ai revu quelques mois après complètement guéri, c'est-à-dire avec une extension complète de l’auriculeire et la possibilité de faire avec lui tous les

mouvements dans leurs limites physiologiques.

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