‹ De l'art chrétien (volume 4)Chapitre 27 sur 39 · Che poèendo cotainuare eon tanio eatore^ jo mancherei di · texte numérisé non relu

Che poèendo cotainuare eon tanio eatore^ jo mancherei di

ResUit encore une double ressource à Tadorateur, à la fois artiste et poète ; c'était d'édifier et d'im-* mortaliser Tobjet de son culte par des compositions qui fussent en rapport avec le principe et k but de leur amitié réciproque. L'histoire de Fart ne présente pu de spectacle plus touchant que celui de ce vieil athlète, réchauftint sa verve pittoresque presque éteinte, pour offrir à celle qui lui tenait lieu de Muse, rhommage d'une main débile, mais d'un eœur vivace qu'elle seule, avec l'aide de Dieu , avait eu la puissance de régénérer. Cet hommage, reproduit plusieurs fois, avi^c quelques variantes , était la représentation du grand mystère de la Croix, parce que l'artiste savait que c'était là , dans le dogme de la Rédemption par le Christ , que Yittoria Colonna puisait , depuis son veuvage , ses plus fermes consolations. Dans un de ces tableaux ^ on voyait le corps mort du Sauveur , soutenu par deux anges , et sa mère, abîmée par la douleur, les*yeux et les bras levés pathétiquement vers le ciel , comme si on entendait sortir de sa bouche ces paroles inscrites sur Tinstrument du supplice de son divin Fils :

Non pi si pensa quanto sangue cas ta * /

Et cet instrument était une copie exacte de la croix que les Pénitents blancs avaient portée en procession

store la sera con le suore nella capella di santa Caterina^ e vol di andare di huon'ora a lavorare^a San^Pietro; e cosiVuna mancherebbc aUe sp^e di Cristo^ e tàUro qJL vicario. i . On pe sait pas £(u prix de quel sang oq est racheté.

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pour désarmer la colère de Dieu , pendant la fameuse peste de 1348, comme si les prières que ce signe de salut avait provoquées jadis , eussent pu communiquer à sa simple image une sorte de vertu expia* toire.

Un autre tableau du même genre ^ et composé dans le même but, était celui où Ton voyait le Christ en croix , encore plein de vie , et tordant ses bras sanglants et lacérés^ au moment où l'excès de la souffrance lui fait pousser le cri déchirant qui est comme le point culminant de sa passion ; Eli^ Eli^ Lamma Sabactanil Pour juger ces deux compositions à leur véritable point de vue ^ il faut ne pas oublier dans quelles circonstances et dans quelle intention elles furent produites, et faire un effort d'imagination pour les apprécier avec les yeux et avec le cœur de celle qui les inspira. Il faut pardonner Tampleur excessive des formes , en faveur de l'intensité de l'expression, et savoir gré à l'artiste d'avoir enfin cherché à exciter la componction plutôt que la stupéfaction ^

A cet hommage, très -imparfait, de son pinceau, il joignait celui de son génie poétique qui, par une sorte d'afHnité mystérieuse avec son affection dominante^ semblait braver la décadence qui gagnait insensiblement^ sinon ses facultés intellectuelles, du moins ses facultés mécaniques. Con-

2. Il y a un exemplaire de ce tablean à Rome, dans le palais Doria, et un autre dans la galerie des Ullizi, à Florence.

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divi parle d'un grand nombre de sonnets que Michel-Ange composa pour elle, et qui ont eu, pour la plupart, le même sort que les lettres qu'il lui adressa ; mais il en reste assez pour constater l'essor que son âme avait pris sous Tinfluence de cette femme extraordinaire. A force d'envisager ses perfections , il en était venu à se laisser troubler par le sentiment de sa propre indignité, de la même manière que Fœil humain , bien que né pour jouir de la lumière, se trouble en regardant trop fixement le soleil'. II était encore plus troublé par le sentiment de sa responsabilité devant Dieu, et il se demandait avec effroi quel châtiment serait le sien, si ce moyen de régénération lui avait été envoyé en vain ; car il aimait à insister sur la vertu régénératrice de cette affection , pour lui sans pareille , et il se comparait à une œuvre plastique qui, après avoir été un simple modèle en terre y est devenue, sous la main habile qui Ta façonnée, un marbre vivant et immortel*.

Avec de telles obligations, si vivement senties, on comprend le désespoir du vieillard plus que septuagénaire, quand l'objet de ce culte tardif lui fut enlevé par la mort. Depuis qu'il avait connu Vittoria Colonna, la certitude de ne pas lui survivre avait

i . Voir le Madrigal S6 :

E coin'occhio nel sole Disgrega sua virtù^ etc.

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