PuDgiieoni, Fita di Raffaeilo, p. ikl
530 l'art chrétien.
de sa patrie, innamorato délia patria? et cet amour était chez lui inséparable de celui du prince dépossédé, envers qui sa fidélité fut vraiment héroïque j car il ne quitta son deuil, comme sujet et comme artiste, qu'après avoir été témoin de sa rentrée triomphale dans ses États.
A ce contraste, source d^angoisses, peut-être même de remords pour Raphaël, il faut joindre la double chaîne qui l'attachait au cardinal Bibbiena devenu commissaire pontifical dans le duché confisque. L'une de ces chaînes était celle du patronage qui^ au plus fort de ses tribulations patriotiques, le liait à une tâche qui ne pouvait être de son goût; car c'était précisément au printemps de 1516, pendant la triste ambassade de la duchesse Elisabeth, que Raphaël traçait, dans la chambre de bain de son patron, les peintures trop mythologiques qui devaient être terminées par Jules Romain; si cettechaine pouvait s'appeler une chaîne de fer, l'autre au contraire, était une chaîne d'or, puisque c'était la chaîne matrimoniale qui devait lier indissolublement son sort à celui de Marie Bibbiena, que le cardinal son oncle, par ses importunités jointes à la perspective d'une belle dot, avait fait accepter à celui qu'il appelait par anticipation son Raphaël ^ Pour se faire une idée des irradiations joyeuses qui illuminaient alors son âme, il faut lire la curieuse énumération de ses prospérités dans la lettre qu'il écrivait à son oncle