‹ De l'art en allemagneChapitre 10 sur 31 · CHE2 LES NATIONS CHRETIENNES · texte numérisé non relu

CHE2 LES NATIONS CHRETIENNES

d'après les tableaux

DES GALERIES DE COLOGNE, DE FRANCFORT , DE NUREMBERG, DE HUNIGH, DE DRESDE ET DE BERLIN.

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(^s iqarbreft d'Çgipp» qui sont conservés dans h Glyptothèqvi^ de Mupicb m'ont donné Top-» ç^sion de débattre le problème de lorigine de Tart grec; les tableau^ des anciens maîtres tudesque^ et italiens qv9e j'ai étudiés dans les galeries et dans les églises de l' Allemagne me serviront à éplaircir h question des commencements de l'art moderne et ^

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caractériser les diverses écoles de peinture qui onl dérivé d'une source commune chez les différentes nations de l'Europe. Cette nouvelle étude n'est rien moins que le plan d'une histoire entière de la peinture moderne.

Rien de semblable à ce que je voudrais faire n'a encore été essayé , que je sache. En écrivant , à la fin du dernier siècle , les annales de la peinture italienne, Lanzi a montré, dans la route frayée par Vasari , une vaste érudition , une sagacité peu ordinaire; mais il n'a pu tenir compte des

idées qui se sont fait jour depuis lors dans le monde.

Au même temps Seroux d'Agincourt réunissait, dans un but analogue , les planches qu'on a publiées sous le tifxe un peu ambitieux d'histoire de Tart, et qu'on a accompagnées d'un texte insuffisant sous tous les rapports. Les tentatives remarquables qu'on vient d'entreprendre en Italie pour enrichir le même sujet des découvertes récentes de la critique allemande, ne m'ont point paru se donner un champ assez étendu; animées sans doute par un esprit plus moderne, elles ont encore exclu de leur cadre, comme toutes celles qui avaient été faites antérieurement , les temps mystérieux et les idées essentielles où se trouve l'explication de la solidarité et tout ensemble de la diversité de l'art des nations chrétiennes. Quant à l'histoire de la peinture allemande , non seulement

IDÉE GinrifikLE. 0^

elle est presque entièrement ignorée de nos compalriotes , mais* elle présente aux Allemands euxmêmes une foule de problèmes encore irrésolus et d'obscurités peut<étre impénétrables. Chez nous^ sous le règne de Louis XV, après les guerres qui avaient fait pénétrer nos soldats jusqu'en Autriche et en Bohême , Descanjps entreprit d'écrire les vies des peintres flamands, allemands et hollandais. Comme la foule des écrivains de son siècle , il prit la fin des choses pour leur splendeur, ne parla guère que de celles qui étaient sues , en méconnut les principes, et manquant dès lors des moyens de former aucune distinction et aucun groupe, n'employa d'autre classification que celle de la chronologie. Cependant , au-delà du Rhin , critiques et artistes , oublieux des anciennes gloires de leur patrie , s'en allaient , comme les nôtres qui n'avaient pas d'ancêtres, s'enthousiasmer pour les chefsd'œuvre de l'Italie. Les Schlégel furent les premiers qui parlèrent de l'art germanique. Mais loin de pouvoir retracer les phases de son développement, ils en étaient encore à chercher les preuves matérielles de son existence. Ils essayèrent pourtant d'appliquer une sorte de classification aux tableaux recueillis par les frères Boissérée dans les monuments qui tombaient en ruine devant les armées françaises; de toutes ces oeuvres si diverses, ils firent deux parts : ils nommèrent byzantines celles II. 7

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qui étaient particulière» aux provinces du Bas» Rhin et antérieures au xvi^ siècle; ils appelèrent allemandes celles que les écoles de la Haute-Allemagne produisirent duns ce siècle. Néanmoins quel* ques années après, lorsque M. Sulpice Boissérée puUia son grand ouvrage sur la cathédrale de Cologne f il soutint que cet édiûce était le berceau de l'architecture et de la peinture des peuples germaniques. Le style byzantin et le style tudesque sont*ils donc une même chose? Est-ce dans la cathédrale de Cologne qu'on peut les confondre? U me semble que l'érudition allemande s'est jusqu'à ce jour méprise sur ces graves questions. Dénuée de l'appui des théories , ayant perdu de vue les principes essentiels et successifs qui président au développement éternel de l'art ^ elle n'a abordé avec avantage que des points isolés ou positifs du sujet qui nous occupe. Madame Jobanna Schopenhauer^de Berlin y a fait paraître deux volumes intéressants sur les Yan-Eyck et sur leurs successeurs ; d'autres monographies ont été composées çà et là dans les provinces qui ont autrefois produit d'illustres artistes. Le Pinacothèque de Munich et le Musée de Berlin ont inspiré dans ces dernières années deux ouvrages plus importants ; le premier, encore inachevé , est le Dictionnaire ( Neues allgemeines kûnstler lexicon) que M. Nagler a consacré aux artistes de tous les pays, et dans lequel il

mis GIÉITÉBAUI. 99

donne une place considérable h ceux qui ont illn»* tré le sien ; la second t peinture moderne (//«/ Ma/erei), dont M- Kug un essai où l'on trouve Ifs ouvrages et les ar remis en honneur par h perce déjà le principe d la foie sur la réalité et s!

Mon projet est de co magne à celles de l'Ital

de tous les usages , le taoïeau aes premierri avant celui des secondes. Que peut-il y avoir de comqiuii entre la terre où la nature et la poésie fleurissent sous la lumière d'un ciel toujours riant, et le climat dont nous nous représentons les vallées et les hommes enveloppés d'un brouillard étemel ? Les habitants de ces deux régions se sont pourtant cherchés avec ardeur, à travers les guerres séculaires du Moyen-Age, comme s'ils avaient quelque chose à partager entre eux, ou à redemander les uns aux autres. C'est , à ce qu'il me semble » un des principaux devoirs du siècle présent de comprendre leur fraternité, et de con6rmer par là cette loi de l'unité du monde k laquelle chaque jour apporte une preuve et une garantie nou^ velles. Déjà de grandes intelligences ont renversé la barrière des préjugés vulgaires : la femme

lOO DE l'aBT KN ALIiEMAGlfE.

célèbre qui a tracé dans Corinne des peintures si vives de Tltalie et qui a écrit un si beau livre sur rAllemagne, n'a-t-elle point prouvé qu'il appartenait à notre époque de confondre dans une juste admiration Tesprit du Midi et celui du Nord ? Il y a des gens qui ne voient partout que différences ; il y en a d'autres qui ne voient que ressemblances. Les uns s'arrêtent aux formes superficielles, en font valoir avec finesse les contrastes et les accidents; les autres perçoivent des rapports plus cachés, plus essentiels, moins propres aux jeux de l'esprit , mais destinés à rendre à la création la conscience de Dieu qui Fanime. On se plaint , on se loue aussi que les premiers deviennent rares ; on commence à s'honorer d'être compté parmi les seconds, malgré la raillerie qui trouve ample matière dans leurs excè8<

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