‹ De l'art en allemagneChapitre 25 sur 31 · II · texte numérisé non relu

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386 PE l'art en ALLBHAGinS.

terrasses préparées poilr recevoir les cités des hommes ; le long de leurs pentes fécondes , sous un ciel lumineux ^ en face des flots, l'industrie trouve des issues commodes, l'art un cadre propice: aussi l'histoire, qui n'a point laissé de traces sur la robe sans tache des glaciers de la Suisse, a-t-elle répandu dans l'archipel grec et sur'les côtes italiques d'impérissables monuments.

Les rives du Rhin sont une de ces {constructions heureuses > où le divin ouvrier a ménagé une place aux grandeurs de la civilisation au milieu tle celles delà nature. Les montagnes volcaniques', au milieu desquelles le fleuve s'est ouvert un passage, ont été contraintes de donner une large voiede communication aux sociétés qu'elles paraissaient devoir diviser à jamais et qui les ont peuplées des entrepôt^ àe leur commerce. Aujourd'hui, du haut des bateaux, qu'entraîne à travers ces roches le même principe qui les a soulevée^^ on voit se déployer, durant plusieurs jours, un des plus magnifiques rassemblements humains qui aient orné la surface delà terre ; groupées à l'ombre des montagne!, dispersées sur leurs flancs, égarées sur leurs cimes, endormies sous les pampres, cachées dans les vergers^ trempant leurs pieds dans l'eau , se regardant d'ftn bord à l'autre, les villes passent, passent toujours; et l'admiration est déjà lassée qu'elles continuent encore à dérouler leur chœur infini.

Au-dessus des viUes y des chàtesujt te dreMtiff sur des roe» aigu». Les» seigneurs féodeftus jf épiaient les convois des marchands ^^ et y tnfet^ inaient leur» pillage» et leur» Victimes. Le temp^ à exercé de justes représailles sui^ ce» ào^^oM mniSh» tre»; il a brisé la couronne de leurs tour»; suif leurs trônes sauvages ^ où l'orgueil et le meurtre défislient autrefois les hommes et Dieu même , il tfâ laissé que des spectres livides et édenté». Au miliecf des ruines habitent les vautour» j brigand» mcnm altérés |uie ceux dont ifô ont envahi lé nid. ànn nuage» de l'air qui retentissait autrefois de leur» blasph^es; aux herbeft de» vallée» ipjiih cotb^ vraient de sang , ce» châteaux dés^ts demandent aujourd'hui un manteau pour voiler leut misère €t pour couviîr leur nudité. Le peuple â oublié te* fléaux dont il» l'ont accablé; en échange de tant àê maux ^ il répand s]ar leur mémoire les fleur» de son inépuisable poésie ; mieux que le flo4 du fleuve , il lave leurs souillure», et dan» ses eréduks bai* lade»^ il célèbre l'honneur et le» amovr» de» tymoê dont il n'a éprouvé que l'infamie et la haine.

Ces 4égenUe» embra»sent tous les temp» , et se rapportent à toute» le» mythologie» qui. ont régné dans le monde. Ne trouverons-nous point dam» le» débris qui en sont Tobjet les vestiges des époque» qu'elles retracent et des croyance» qui le» ont in»^ pirées? Si T Allemagne a produit une forme archî^

tecturale particulière, peut-être en serons-nous instruits en étudiant les monuments consacrés par elle à la féodalité, qui n'a été nuiie part plus fortement enracinée et plus long-temps florissante. Un^ art entier, vivement caractérisé, se révèle dans ces

demeures aristocratiques du Moyen- Age, qui, aux yeux du vulgaire , ne semblent dessinées que pour satisfaire la capricieuse jfantaisie des fées ou la sombre humeur des géants. L'immense tour qui s'élève au milieu de ces édifices en ^t la partie essentielle. Dans l'origine /elle servait d'habitation au seigneur et portait comme lui , au-dessus de tout le pays , sa tête souveraine et unique ; elle était le lieu le plus élevé d'où l'on pût guetter une prise en temps de paix et surveiller l'ennemi en temps de guerre; ordinairement détachée du reste des constructions, et livrant la largeur entière de ses flancs à une seule pièce , elle n'avait pour tou^; escalier

qu'uneéchellequ'on pouvait rompredesalleen salle; en sorte qu'elle devenait , en ca^ d'assau^^ lin dernier et inexpugnable asile , doiit il aurait fallu emporter les étages l'un après'l'autre , alore même qu'on serait parvenu à en forcer l'entrée. Autour de ciB bâtiment, qua la résidence du maître (dâminus) a fait surnommer donjon, dut se développer une enceinte crénelée qui n'était faite primitivement que pour en défendre l'abord , et qui , bientôt , pour abriter la famille, les serviteurs , les hommes d'armes , se

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