‹ De l'art en allemagneChapitre 3 sur 31 · LA GLTPTOTHEQTTE DE MUNICH · texte numérisé non relu

LA GLTPTOTHEQTTE DE MUNICH

les examiner sommairement de façon à indiquer avec clarté la place que les statues d'Egine occupent parmi eux et dans l'histoire de Part grec.

Douze salles composent le seul étage dont la Glyptothèque est formée. La première est consacrée aux objets de l'art égyptien ; on y voit deux sortes de monuments^ ceux qui appartiennent à l'art antique de l'Egypte , et ceux qui ont été imités par les Grecs et par les Romains , après la conquête de ce pays. Parmi les premiers on remarque plusieurs de ces urnes en albâtre oriental , appelées canopes , une statue en basalte noir, représentant Hermès Trismégiste , avec la clef du Nil à la main , une statue de Sésostris sous forme de momie , un bomme et sa femme , assis sur un double siège à pieds de lion : ce groupe , d'une grande naïveté , donne des indications importantes sur le rôle joué par le naturalisme dans l'art égyptien , que Winckelmann et la plupart de ses successeurs ont presque toujours présenté comme un art de pure convention. Parmi les fragments de la seconde série, qui sont beaucoup moins curieux , on distingue une statue colossale en rosso antico d'Antinous , une statue d'Horus , fils d'Isis , et un petit obélisque , qui ont été imités, par les Romains , d'après l'ancien style indigène. On a joint à ces objets plusieurs figures apportées de l'île de Java , et considérées comme des produits de l'art indien ; deux

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d'entre elles ont été désignées sous les xiQxns d& Brahma et de Budha.

La salJe des Incunables , qui est la seconde^ a reçvi ce nom parce qu'on y rangé quelques rares morceaux de l'époque qui est regardée comme le berceau de l'art grec I^enom d'étrusque qu onadonpé aussi à cette époque , a été sérieusement conteste ; mais il est plus généralement connu. Toutefois ce ne sont pas des vases étrusques qu'on trouve dan^ cette salle ; on y voit les fragments d'un ch^r de broy^ze découverts en Italie aux environs de Pérouse, un candélabre antique du même n^étal et de la même époque, avec l'image d'Hercule et celle de Jupon , et des bas-reliefs en terre cuite, représentant plusieurs divinités ; ceux-ci pourraient bieçi n'être que des imitations postérieures.

C'est dans la troisième salle qu'on a placé le3 marbres d'Égine, qui forment la transition entre l'art appelé étrusque et l'art des époques piqs connues. Comme ils sont le principal sujet sur lequel je veux insister, je me contenterai d'ajouter ici qu'ils représentent en quelque sorte le gothique de la Grèce \ puis , pour ne pas laisser oublier le point de vue historique d'après lequel toute la galerie a été classée, je me hâte de passer à la quatrième salle, à la-: quelle on a donné le nom d'Apollon , parce que son plus bel ornement est une statue de ce dieu. Ce célèbre Apollon Cjtharœdus est souvent désigf^é

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dans Fouvrage de Winckelmann cous le nom de Muse du palais Barberini. Ce n'est pas le seul morceau que la Glyptothèque ait enlevé à ce palais ; si Ton joint à ceux qu'elle en a tirés la magnifique collection romaine du palais Bévilacqua de Vérone, et les dépouilles du palais Broschi et Ruspoli de Home^on aura à peu près l'ensemble des monuments qu'il nous reste à signaler dans la Glyptothèque. L'Apollon Cytharsedus est antérieur à la grande époque athénienne; c'est néanmoins un des marbres qui ont le plus frappé Winckelmann. Dans les Monuments inédits et dans Y Histoire de Vart^ il est cité comme un ouvrage sublimé^ doué d'une grâce aua?tère bien préférable , aux yeux 'de l'auteur, à cette grâce attrayante qui fut l'objet de l'émulation des successeurs de Phidias. Il porte évidemment les signes du temps fixé pour son exécution; ses formes soi^t allongées et d'une maigreur adorable qui semble être la dernière expression de l'archaïsme. Ainsi Pérugin a résumé ^ par le gracieux élancementde son dessiq, la manière roide et sèche de^ maîtres antérieurs, à laquelle Baphaël allait substituer un style plus large et plus animé. Winckelmann s'était trompé sur la désignation de cette statue, parce qu'il avait oublié de lui faire l'application d'un principe qu'il avait proclamé luimême. Les (Jrecs , voulant personnifier la jeunesse dans Apollon et dans Bacchus» avaient donné à ces

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deux divinités y qu'ils invoquaient souvent dans la même statue, les formes délicates du sexe féminin ; ils les représentaient même avecla coiffure des femmes , ce qui avait déjà fait faire aux archéologues plusieurs confusions que Winckelmann a relevées avec soin. Une épigramme grecque d'Antipater, qui attribuait à Âgéladas, maître de Polyclète, une muse portant un barbiton, avait-confirmé Terreur du critique allemand. On a retrouvé dans les peintures d'Herculanum y dans d'autres monuments , dans les convenances même de la figure qui est une statue de temple, assez de preuves pour justifier le changement de nom qu'on lui a fait subir; mais ce que j'ai de la peine à comprendre , c'est que l'on continue à désigner Agéladas comme Fauteur de ce morceau, après avoir nié la signification qui a seule autorisé Winckelmann à le rapporter à ce maître. Ce point est fort important à éclaircir. Comme je le montrerai plus tard, l'époque à laquelle appartiennent l'Apollon Cy tharaedus et Agéladas est celle que l'esthétique moderne a le plus d'intérêt à étudier. Une urne sépulcrale athénienne en marbre pentelique , un vase en marbre de Paros , une statue de Gérés, de date assez incertaine, complètent l'ensemble des fragments remarquables de la salle d'Apollon. La salle de Bacchus, qui est la suivante, est presque entièrement réservée aux représentations de la vie ou de l'empire de ce dieu ; et la salle des

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Niobides, qui vient immédiatement après celle-là , emprunte son nom à deux statues qu'on regarde comme des enfants deNiobé, et qui sont parmi les plus belles choses de la Glyptothèque. Les ouvrages classés dans ces deux salles sont, pour la plupart, de la période où le génie grec réalisa les formes les plus parfaites qui soient sorties des mains de l'homme. Le satyre ivre, que Winckelmann appelle le /aune endormi du palais Barberini , est l'œuvre capitale de la salle de Bacchus. Les antiquaires bavarois l'attribuent, je ne sais sur quel fondement, à Scopàs ou à Praxitèle, dont les manières bien différentes ne me paraissent pas prêter matière à confusion. Ce qu'il y a de certain , c'est que ce morceau fut trouvé à Rome, lorsqu'on déblaya les fossés du château Saint-Ange. L'histoire même de ce château^ que l'empereur Adrien avait fait décorer de figures et de colonnades pour lui servir de tombeau , et du haut duquel Bélisaire se défendit plus tard contre les Goths en jetant des statues sur leurs têtes, donne lieu de penser que le faune Barberini est , en effet, de quelqu'un des grands maîtres de la Grèce ; la grâce de. ses formes, la beauté de son exécution sont de plus BÛrs garants de son origine. Des faunes, des silènes , Ino élevant Bacchus , un sarcophage orné d'une bacchanale , un relief représentant les noces de Neptune et d'Amphitrite , se font encore remarquer dans cette salle. Les deux Niobides qui'

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occupent le centre de la suivante fourniraient matière à de longues observations. Le' groupe qui porte le nom de Niobé est . Un des plus enviables trésors de Florence ; c'était le seul monument complet du style sublime que connût Winckelmann. Il fut attribué par lui et par sou époque à Scopas , l'un des plus illustres contemporains de Phidias. Cependant une épigramme de l'anthologie grecque désigne comme l'auteur de ce groupe ^ Praxitèle, qui est postérieur à Scopas par sa date et par son style , et qui 5 en substituant le travail gracieux des détails à la majesté de l'ensemble , donna le signal d'une ère toute nouvelle. Les JViobides de Florence sont si évidemment exempts des recherches minutieuses de l'analyse , que Winckelmann a pu dire que leur beauté ressemble à une idée qui naîtrait y sans le concours des sens , dans un esprit supérieur. Mais déjà il avait remarqué à Rome une tête de Kiobé , et plusieurs figures de ses enfants , où les saillies étaient plus arrondies que dans le groupe de Scopas , et qui dénotaient une période subséquente* Praxitèle n'élait-il pas l'auteur d'un second groupe de Niobides? voilà le problème que Winckelmann a posé. Les Niobides de la Glyptothèque n'appartiennent-ils pas à ce groupe ? c'est une question qu'il faut adresser aux antiquaires de Munich. De beaux bustes d'hommes et de femmes , un torse superbe i un philosophedont la te te est malheureusement mo«

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derne , une Vénus de Gnide , qu'on croit être une imitation antique de la célèbre Vénus de Praxitèle , telles sont les principales figures qui accompagnent les deUK Niobides. ""

Quand on a traversé la septième et la huitième salle, qui 9 en attendant de nouveaux chefs-d'œuvre^ sont décorées des peintures de M. Pierre de Corné* lius, on entre dans la salle des Héros, qui est la neuvième. Les statues et les bustes des grands personnages de la Grèce et de Rome , qu'on suppose avoir été exécutés par les artistes grecs , y ont été mis à part. Au milieu de cette salle se trouve une figure qui doit être une imitation antique de notre beauJason, connu autrefois sous le nom de Cincin^ natus. Auprès d'elle on admire lia fameuse statue d'Alexandre ^ celle qui appartenait à la famille Rondini de Rome, et la seule que Winckelmann jugeât authentique. Une statue de l'empereur Néron, dont le mai4)re pentélique a peut-être été cause qu'on i'a regardée cotome une oeuvre grecque, de beaux bustes de Démosthène , de Socrate , d'Annlbal , ornent encore cette salle.

La suivante , qui est la dixième , et qui porte le nom de salle Romaine, offre une immense multitude de statues et de bustes , qui sont presque tous consacrés aux grandes familles impériales. Il doit y avoir beaucoup de copies dans cette galerie; parmi les originaux ^ je n'ai rien remarqué de comparable

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: d'Auguste que notre musée possède, il y a de vraimeut intéressant dans la ne de la Glyptothèque , c'est l'assemblée grands personnages de l'antiquité qui du sort du monde, et sur la physionomie desquels on suit la trace des passions dont les écrivains nous ont appris tes secrets et les résultats.

L'onzième salle , qui est très petite , est consacrée aux sculptures colorées , qui signalent principalement l'invasion de l'art égyptien dans l'art grec et dans l'art romain , au temps de leur décadence. Elle contient , outre quelques morceaux de bronze, des statues en marbres variés, parmi lesquels le noir izième salle , qui est la der- •\ fort restreinte, renferme Dire époque ; l'Italie et l'Alleit fait les frais de ce cabinet.

'a , Vénus et Paris , des pororwaldsen, par Ranch, par Kodolphe Schadow, représentent dans cet étroit sanctuaire les deux périodes que la sculpture a déjà parcourues sous l'influence des doctrines de Winckelmann. Quant aux chefs-d'œuvre que la statuaire a produits depuis le siècle des Antonins jusqu'à la publication de V Histoire de fart, on n'en trouve pas même la trace dans les salles de la Glyptothèque. Il ne faut i>as s'étonner trop vivement de

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