OUVELLB THEORIE DE L A.HT GK£C. J
était obligé d'employer les ^èves dans ses travaux; ihais j'aperçois priocipalanent ces traces dans le» âgures des fembies et des vieillards qui ferment le cortège dés pAnathéaées, et dont l'attitude et les draperies ftuiveat une ligite verticale , à peine troublée par (Quelque rtire ihflexion angidaire du genou) dans les cavaliers au contraire j'admire le style nouveau de Phidias^ plein de vie et de souplesse, mais toujours fidèle, même dahs la disposition deses mouvements, à l'antique régularité du génie athénien;, les métopes t dans lesquelles M. Olfried Mueller signale surtnul les vestiges de l'ancietine école attiqiie I, më paraissent au cotiti^ire attester llnAuenee de l'école et arte-
Aait Agélada»! et don lelon
totifé apparence, appel ir de
lui; les métopes étant ei lârti-
eulier aux ten)}^» de 1' l pas
nahirel de conclure que ^ [iens
qui ont réglé la forme des figures qu'il convenait d'y tvprésenter, et que ce sont des artistes de cette race qui ont exécuté \é combat des Centaures et des Lapithes dans le» intei titénonPÂinsij'expliqu se rapprtichentdes tna de leura mouvt^ments rude da leurs physioi du» ja m^teie iDonject
8d de l'abt kn allehagre.
sible de rendre raison du style à la fois auiméet archaïque de cette fameuse frise de Phigatte, dé> couverte aussi par MM. Haller,Stake1bei^, Cockerell et Linck, dans les montagnes de l'Arcadie, et dont il me semble que le caractère a été jusqu'à ce jour méconnu. Seul, M. Quatremère de Quincy a remarqué que les tètes en étaient grossières et les proportions courtes; mais nommant incorrection ce qui me parait être le cachet d'une école particulière , il a supposé que les dessins conçus par quelque artiste éminent n'avaient été exécutés que par des mains inhabiles. Le temple de Phigalie aya ' i grande peste de la 87*
olymp plus vraisemblable de le
faire ci in des sculpteurs doriens
que d* s> au milieu des hostilités
de la { ;se, une colonie d'artistes
athéni cette œuvre où l'on ne
saurait retrouver ni la sûreté de leur goût, ni le calme de leur manière?
Les débris qu'on a conservés des deux, frontons du Parthénon rae représentent toute la grandeur du vie divine anime ces marbres > attitudes , qui en est sans irincipaux, n'y dégénère jabrusques et multipliés; dés , mais solennelles et rares, arfaitemeiit le nom d'angit-
NOUVELLE THÉORIE DK l'aKT GREC. 8l
laire, que Winckelmann a donné à cette forme majestueuse. L'imitation delà nature est sans doute le principe nouveau que Phidias a reçu de son maître dorien Ageladas, et qu'il développe de préférence dans ses œuvres; mais en traduisant la nature, il la soumet encore à certaines habitudes de adme et d'unité qui constituent la véritable tradition léguée par rÉgypte à TAttique.
Pour appuyer cette théorie, il n'est pas besoin ^p révoquer en doute ce que les Athéniens nous ont appris siir leur Dédale , auquel ils ont attribué l'honneur d'avoir le premier introduit plus de mouvement dans \e$ anciennes statues religieu* ses apportées d'Egypte et de Phénicie. Le contemporain de Smilis peut avoir séparé des flancs de ses statues les bras qui y étaient attachés avant lui ; il a pu faire avancer leui^ pieds hors de la ligne droite, et cependant conserver dans l'attitude cette simpli^ cité et dans les formes distinctes .ce type conven-^ tionnel qui étaient les caractères intérieurs , si je puis parler ainsi , de l'art égyptien. Prenez , au contraire, un exemple dans la plus haute époque de lart étrusque; choisissez une statue dont les bras et les pieds soient liés moins peut-être par le respect d'une tradition étrangère que par la grossièreté et l'ignorance d'un art au début. Ne sentez-vous point déjàdans cette immobilité je ne sais quel principe latent d'activité qui perce à tous les angles^ et
8a DE l'art BJ!C A^LtEHAGRE.
qui fait que cette figure , ne pouvant encore marcher, aime mieux se tordre , pour aiqsi dire , sur el^e-n^éme qye de rester oisive ? bientôt le temps et le génie vont )a délivrer des chaînes qui lui paraissent si difficiles à supporter ; alors vous pe vQys étpnnerez plus de son agitation ; quand elle était ea* chaînée I vous prévoyiez déjà qu'elle allait ^^ mouvoir. Chose plus étonnante encore! Copsme on lisait sa force daqs eia cpqtrainte, oq lira la roiddur 4e sa captivité dai^s la vigueur de se^ allures nouvelles , de manière qu'elle sera , à travers ses transforpaatiops , tpqjqurs semblable à elle-même par quelque point important. Où pn peuple énergique a posé son empreinte ^ soyez sûr que voqs la verrez ^^ perpétuer e^ sqrvivre à ses révolutions. C'est Winckelqoann Iqi-méme qui a dit le premier qqe , dans les peintures sans riepos de Michel- AQge, il retrouvait encore les immobiles statues des Étrus* que^ S€îs ancêtres.
Après ayqir établi | coptrairement à Topiqion dp M* Mueller, quQ la convention et l'unité sont la loi de l'art attique , et que l'imitation et le mouvement sont celle de )a plupart des autres écoles grecques, il faut essayer d^ montrer d'où dérive la similitude de celles-pi. Les Poriens étaient une race rude;; leur dialecte, que Pindare avait assoupli à toutes les n^pdi^lations du rhythme, conserve, mémP dans le^ strophes d^ p0 poète , un acçept âpre e(
WOUVELLK ïH^Q^tlE DE L ABT GREC 83
robuste 9 particulier aux peuples qui se sont formés sur les plateaux des inoptagnes. L'Hercule thébain , qui devjnt )a personntfication du génie dcMTÎen, est le symbole de la fqrce laborieuse , de r^ctiyité pratique. L'industrie qu'exercèrent les Éginètes, la guerre^ qui semble avoir été l'état nor« in^^l de Lacédémone, montrent quelle tendance ces peuples avaient pour la vie positive et militante. Ce qu'il pouvait même y avoir d'épais et de lourd dans leur sang leur dc^nait une action plus in« tei^se et plus immédiate sur la matière. Aussi le tarent 4es artistes de cette race dut-il se tour* ner vers les représentations réelles et animées. C^st ainsi qu'au xv" et au xv*® siècle on trouve plus de vérité dans l'art des Allemands que dans celui des Italiens y quoique le génie des premiers fut moii)s vif que celui des seconds* Cette lenteur était ca^e qu'au lieu d'aspirer à la beauté , les hommes du Nord observaient la nature avep plus de 9pin^ et en exprimaient la variété plus littéra* lefuent.
Les Étrusques furent incontestablement comme le^ peuples du Péloponèse, formés du mélange d'une couche pélasgique et 4e plusieurs couches helléniques. Chez eux aussi le génie grec sortit radieux et vainqueur du sein 4'une civilisation mystërieuse dont les racines plongeaient sans d^tQ daps le^ profol>d§ur« de l'antique Orient-
84 BE l'art en ALLEMAGNE.
Les Doriens, qui avaient conservé au fond de laNThessalie la rudesse des Grecs primitifs , rendirent lePéloponèse égal à l'Étrurie , en y étouffant les germes étrangers. Ainsi la nature dorienne, non plus que la nature étrusque, ne fut autre chose que la nature grecque elle-même dans son originalité propre et dans sa substance essentielle. Cette démonstration nous conduit à un résultat qui n'est pas dénué de grandeur; elle nous permet de ramener tous les arts grecs à une seule loi.
Déjà l'architecture avait constaté que le dorique était non seulement le plus ancien de tous les ordres, mais encore le fondement des ordres subséquents , et que son principe était l'imitation des constructions en bois sous lesquelles les Grecs avaient, dans les commencements, cherché leurs demeures. Quant à l'ordre toscan, tout le monde convient qu'il n'est pas , comme les autres, uu ajustement postérieur de l'ordre dorique,! mais le développement parallèle de la même^donnée. Quoique la plus grande obscurité règne sur la musique grecque , nous savons que le mode dorien , le plus grave de tous , fut le premier consacré. Les modes suivants, avant de recevoir le nom des Ioniens, portaient ceux de phrygien et de lydien , ce qui prouverait qu'ils étaient originairement étrangers à la musique hellénique. Nous pouvons aujourd'hui ranger la sculpture dans la même formule. C'est aux
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Dorieiis que revient rhonneur d'avoir mis la Grèce en possession d'une statuaire qui lui fut propre ; partout où ils s'arrêtèrent , ils imposèrent à cet art des principes et des types analogues ; trois îles où leur génie prit un développement précoce, Égine, Rhodes et la Sicile, deux villes de la terre-ferme que leur séjour féconda, Sicyone et Corinthe, devinrent les ateliers principaux de cette sculpture, marquée de leur sceau , et que l'antiquité connut sous le nom d'éginétique ; mais l'Étrurie , qui conserva, comme eux , le primitif esprit grec dans sa pureté, produisit un art qui se confond avec le leur. Nous ne voudrions pas cependant faire croire, comme M. Mueller l'a pensé, que l'Orient n'a absolument laissé aucune trace dans l'art éginétique. Sans parler de l'origine orientale des Pelasges , je pense que les colonies de l'Egypte, de la Phénicie, de la Phrygie, n'auront pas vainement passé sur le sol de la Grèce, et j'imagine volontiers que c'est aux traditions qui remontent à cette source qu'il faut attribuer les têtes des statues du Panhellénion ; sans elles, je m'expliquerais difficilement non seulement la persévérance des artistes à placer des figures convenues sur des corps imités , mais encore l'air bestial de ces visages. Winckelmann a reconnu dans plusieurs statues grecques Timitation de certaines formes animales ; il a surtout remarqué que le taureau semble avoir servi de modèle à l'Hercule^'
86 jDE l'art EW ALLëMAGNB.
Les animaux jouent clans riiibtoire de ce personnage un rôle considérable^ dont Tastronomie toute seule ne rend pas raison; ils apparaissent^ comme nous 1 avons vu, dans les motinaies et dans les poteries d'Ëgine; ils sont aussi un des principaux ob» jets d'étude du sculpteur dorien Myron. On sait que chez les Étrusques la tête d'un Jupiter était formée par une mouche. Tous ces faits ne[^font-iis pas involontairement penser aux sphinx et aux anubis ? La nature animale avait^une haute valeur sym« bolique dans tout l'Orient | l'Egypte lui accorda une telle importance^ qu'elle mit le plus souvent des têtes d'animaux 6ur les épaules de ses dieux. Il est naturel decroire que le fondateur de l'écjole d'Égine^ Smilis^ qui était antérieur à l'arrivée des Doriens dans le Péloponèse, aura commencé par se cion» formera ces exemples; c'est d'après les télés hes^ tiales façonnées par lui, que les artistes de ladet'-t nière époque de l'art éginétique auront sculpté ceâ visages, où il n'y a presque rien d'humain. Telle était leur manière de se rattacher aux traditions hiératiques de leur art.
Mais les corps des statues de la Glyptothèque f qui en sont évidemment la partie principale, attestent une autre origine; ils sont le côté nouveau^ indéflendant, national de l'art éginétique. Les têtes sont un ressouvenir de l'époque où la statuaire ^ entièrement bornée aux objets religieux, ne taillait
WOUVBLtr TIÎKORIE UT. x! knt r.REC. 8^
(]Ue des idoles i les corps font penser à itn teitips où l'esprit grec, s'affranbhissant deschattlés saeët^ dotdleSy tourha toutes ses idées vers les luttes guer^ Hi'rëAy et créa ces jeux retioititiiés doht Tàrl^ de^ ▼etiu dès lors politique, hit chargé d'itutnortaliset les tàinqueurs; Ainsi ^ dans lès'iharbresd'£gine,dtl lit toute l'histoire des soUrees de l'art antique; la période des dieux et belle des athlètes y sont écH^ tes, l'une à côté de l'autre, de la manière la plus écJà* tante; Mais c'est évidemment la dernière qui est l'etpression la plus nette du génie grec; les artistes doriens, qui sont les fidèles interprètes de ce ëys« tème^ et qui eurent la mission spéciale de copier les figures et les attitudes des lutteurs , firent del'i-^ iiiitation et du mouvenlentles deut conditions foii^J dan^entales de la statuaire ; les marbres de la Glyp^ thèque nous la montrent parvenue à ce point. La physionomie des corps, leur animation, leur réalité , y sont admirables : voilà tout ce que le génie dorien, dans son époque extrême pouvait faire pour l'avancement de l'art. Dans les statues du Panhelléhioii brillé, il est vrai , une certaine grâce particulière; elle n'a rien d'efféminé , comme celle que les successeurs de Phidias poursuivirent. Dans sa maigreur, elle conserve quelque chose de sévère qui plaît comme la rigidité nâélancolique des peinturée duxtv%etdu XV® siècle; mais cette grâce dorienne ne constitue point la véritable beauté.
88 DE rA\RT EN A.LLi:MAGlf£.
Il était réservé à un sculpteur athénien • à Phidias j de faire subir à Fart réaliste des Doriens la transformation qui devait enfin produire le type complet de Fart grec. Athènes avait plus qu Égine le sentiment du beau, parce qu'elle avait un plus juste sentiment de Finfini,c'est-à"-dire une tradition plus entière de FOrient et de FÉgypte ; aussi futelle destinée à ajouter à Fimitation qui distinguait les ouvrages de sa rivale l'Idéal qui leur manquait, et à rappeler leurs mouvements divergents à une plus harmonieuse unité. C'est Phidias qui opéra cette grande révolution, semblable . sous bien des rapports, à cell^ que Raphaël accomplit parmi les modernes. Il fit descendre l'infini de FOrient dans le fini du monde grec. Prêtre, au nom de son génie personnel , dans un temps où la religion était défaillante, il ne vécut que pour créer de nouveaux types divins^ dans lesquels il mêla au naturalisme des athlètes doriens une majesté qui le consacra ; il fondit ainsi en un seul résultat les deux éléments qui avaient jusqu'alors coexisté dans la sculpture. Il ne fit, on le sait , qu'une seule figure individuelle, celle de cet enfant dontil écrivit le nom (navTapxnïç %cikoç) sur le petit doigt du Jupiter olympien, comme pour profaner lui-même le dieu qu'il avait su rendre sublime sans croire à sa divinité. Ayant modelé les plus belles images religieuses que le polythéisme ait connues , il put passer aux yeux de ses contem-
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porains et de la postérité pour un contempteur de la religion dont il ne respectait sans doute ni la sainteté ni les anciens symboles ; mais sa mission s'étendait au-delà du cercle borné d'une mythologie transitoire, et s'il le franchissait sans tremblement, c'était pour dérober au ciel une notion plus parfaite de l'Idéal. Aussi l'époque qui le suivit , et qu'il entraîna par son exemple , fut-elle l'époque des types, comme l'époque qui l'avait précédé, et dans laquelle il avait pris sa base, était celle de l'imitation. Alors les Doriens eux-mêmes , qui ne s'étaient appliqués jusque là qu'à copier la nature, voulurent l'idéaliser; mais, fidèles au caractère de leur race, tandis que Phidias réformait les types des dieux , ils composaient ceux des lutteurs qui leur avaient donné le sujet de leurs pre mières études. Ainsi, Polyclèteet Myron, qui partagèrent avec Phidias les leçons d'Ageladas , et qui ressemblèrent plus que lui à leur maître , passent pour les créateurs de l'Idéal des cycles gymnastiques et athlétiques.
Jj'Idéal perfectionna l'art grec , mais il ne changea point ses conditions essentielles. Le corps humain qui avait fourni aux Éginètes l'occasion de développer le germe de la sculpture , épuisa aussi presque tout entier le génie des A théniens. L'homme ne fut pour les artistes des grandes époques qu'un animal plus beau que les autres , et la tête qu'une
9b DE i/aRT KN àLLËntAGNK.
des parties de cet animal ; elle fut traitée j non pas cbtnme le miroir des passions , maiâ comnle ud membre accessoire semblable aux autreâ,et destiné seulement à cdmplétei* arec eui: rhdrmonië de l'edsetitble* Quand Wirtckelitiahn vante la liiajesté de Phidias t la grandeur de ses attitudes^ la beauté hardie de ses lignes^ ma raison est d'accord avèe sdn génie ; mais lorsqu'il parle de l'expression de ce sculpteur sublime^ je Crains qu'il n'attache à ces itiots un autre sens que celui qu'on leur donne ordinairement. Il me paraît beaucoup plus trai de dirci avec Mi Mueller, que le contemporain dô^Périclès donna à ses statues ce que les Grecs appe« làient yjSoç 4 le caractère , c'est-à-dire la manifesta^» tioii des habitudes générales de l'esprit ) itiais c'était bien plus dans le cor{)ft que sur le visage qu'il ex*" primait cette cjualitë. QUant au pathétique (irâ8ii« Tueov ) , qile M. Mueller nous présente comme le signe des époques postérieures ^ le Laoctidn ^ qui eii est 9 de l'dveu de tout le nionde ^ TexemJ^le le plus frappant nous servirait au besoin à montrer ee qu'il faut ôlitendre par les {^assion^ que l'art ahtlque pouvait exprimer; C'était à l'art moderne qu'il était réservé daccordei* au visage humaiii toute sa va* leur^ d'eb faire l'objet spécial et suprême des étudéë^ et d'en altérer la tranquille surface pour y peindre les désirs 9 les pensées et les résolutions de l'àme. Ainsi l'examen des marbres d'Égine nbiis a