NOUVELLE THEORIE DE L*ART GREC
rappelle Geladas; le scholiaste d'Aristophane le nomme Élidas. Il y avait un Ageladas d'Argos, artiste célèbre, comme nous avons eu déjà l'occasion de le dire, maître de Polyclète, que les Grecs ont préféré à Phidias, et de Myron qui partagea avec ces deux grands sculpteurs l'admiration de l'Antiquité. M. Dtfried Mueller ne douté pas que ce ne soit cet Ageladas qui ait achevé l'éducation de Phi* dias; ainsi Phidias, Polyclète et Myron seraient les élèves du même artiste et de la même discipline. On n'a pas encore tiré de ce rapprochement les conséquences que je vais présenter, et qui me paraissent décisives non seulement pour la question spéciale qui nous occupe,, mais encore pour la théorie générale de l'art antique.
Ageladas était Argien, c'est-à-dire d'une contrée où la vieille tradition achéenne avait été ravivée par les Dorieiis. Polyclète était de Sicyone , ville qui , après avoir reçu la race docienne, avait encore conservé le nom des Achéens. Celui-ci eut lui-même pour élève Canachus de Sicyone que Cicéron nous représente comme faisant des statues roides : Ca« nachi signa rigidiora esse^ quant ut imitentur ve* ritatem. Pausanias dit positivement, comme Winckelmann l'a entrevu, que Canachus imitait la dureté des anciens maîtres. Voilà donc l'élève de l'artiste le plus gracieux de la Grèce, qui dans la plus belle époque de l'art, sans que sa réputation en ait souf-
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4ert, g affact^, on ne dit pas riqamf^ibili^ » mais , ce ij^i est l>ien différent, la rp^dem^ dpç fOifmfs nrphal* ques. Comment expliquer cette qontr^diotlQA? Pmir ne dispenser de le Êiire, ]a plupart de^ ftrcbéolaguâs .pipderpQs oi^t reculé l'époque de Te^iiîteppe de Qar j)aehi)s, Nou^ ii'imiterons paq ce facile eipédient.
l^ condisciple de Palyclète et d^ Phidias ^ My^ rqn, «PUS offre des signes encore pins swguU^rs et en apparepce plus inexplicables, Il était né à ^Icuy tbère, ville de Béptie, l'un des pays où le génie dor rien avait le plus puissamment marqué sqn empreinte; Pausapias l'appelle l'Athénien , pap6<» qu'Athèfies lui avait donné le drqit de boungeoisie* l^e même auteur racpnte qu'il a vu h $gine un« statue en bois, del^ fpain de Myron , représentant 1^ déesse Hécate, pour laquelle les habitants industrieux de cette Ue avaient un culte tPUt particu)i0P« La préférence ^cpordée par em à Myrpn , le chpiiç que Myron ^vait fs^it d\i bois pour façonnât ppttA statue dans un ten^ps où les métaux les plus prp^ cipux étaient prpdigués parla statuaire^ indiqOWl évidemment uneaffinité très grande entr^ la nianlèr4 de cet artiste et celle des maitrps éginètes. IVlyrQii avgit du fréquenter beaucoup Égipei npus savppa qu il faisait foudre ses statues de bronze dans Pettfl île, dont les fourneaux étaiient renon^niés dans tPHtfi la Grèce prapter temperaturç.rny dit piiu^ l'anoi^^ Il sephle donc que Myrpu dpiy^ étr« quelque 4|r-
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tiste sacerdotal fortement attaché aux croyance^ et ^\i^^ traditions d'une écql^ relîgieqse. Gep6nc|$iii| QQU4 apprenons par tpns las auteurs que Myroa s'illustra en Msant d^s statues d'animaux ; les re» çn^ls des poésies fintiques ^ont pleins des élog^ donnés aux vaches, aux bœufs , et même aux ciga-r les et anx sauterelles que cet artiste avait scnlptés, imminent accorder cette assertion avec la précéf* dente ? L^tiste qui fait une statue archaïque de déesse a^t*il pu descendre jusqu'à pétrir les formes inférieures de la nature animale? Ici j'invpque un Pf^ssage d^Pausanias, qui a été peu remarqué. En parlant des béliers sauvages de la Sardaigne , il dit qu'ils rcsseniblent à ceux qu'on voit dans les ouyr^r gefi çle t^rre dç fabrique éginète, I^es Éginètes i ces artistes n^ligieux par excellence, faisaient donc aussi i)ps poteries recherchées qui portaient des iigure^ 4'amm^ux. Quand on a vu leurs n^é^ailles , on ne p§Ut douter de la perfection de leurs travaux d^n^ f^ genre. Nous avons déjà parlé de la tortue frxipT pée sur la plupart d'entre elles, et qui est d'un PPW mf^gniûque. Les plus anciennes sont niarquées d'une fête de bélier ou de deux poissons. Pourquoi ontt elles toujours choisi des animaux pour leurs enir
blêmes ?
Mais nous ne somn^^s pas av) bout des contr^y dictions que présente le talent de Myron; voici cpUç
qui a arrêté les émdits et les antiquaires i et qui est
restée également incompréhensible pour Scaliger et pour Winckelmann ; elle se trouve dans un passage de Pline que je m'efforcerai de traduire aussi littéralement que possible : • Myron , le premier, paraît avoir prodigué la variété. Plus nombreux dans son faire quePolyclète, et plus soigneux des proportions ; et cependant, amoureux seulement des corps, il n'exprima point les sentiments de l'âme, et ne travailla pas non plus les cheveux et la barbe avec plus de scrupule que les rudes artistes de l'antiquité n'avaient coutume d'en user. Vrimus hic mulliplicasse varietatem videtur^ nu-merosior in arte quant Polycletus , et in symme* tria diligentior; etipse tamen corportim tenus euriosus y aninti sensus non expressisse^ capillum quoque et puhem non emendatius fecisse quant Tudis antiquitasi nstituisset. » Cette phrase qui a été une énigme jusqu'ici, a échappé aux critiques qui ont traité la question des marbres d'Égine. Jugez cependant du rapport qu il y a entre ces marbres et la définition que Pline donne du talent de Myron. Les statues d'Egine offrent une grande diversité de lignes et de mouvements; je pense que c'est là ce qu'il faut entendre parle varietatem de Pline. Mais, à cette multiplicité, nos modèles joignent le rapport qui lie les nombres dontelle se compose, c'està-dire l'harmonie qui unit toutes les inflexions par ticu lières [mimemsior in arte) ; quoiqu'on ait re-
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marqué qu'ils ont les bras un peu courts, ils présentent des proportions habilement mesurées (m symmelria diligentior)\ ils ont des corps d'une beauté voisine de la perfection , et des figures où les plus grossiers linéaments sont rendus à peine mobiles par l'imperceptible effort d'un sourire stupide {corporum tenus curiosus^ animi sensus non exprès^ sissé) ; enfin ils portent les cheveux et la barbe traités dans la manière archaïque ^ qui , d'après Winckelmann, consistait à faire les cheveux par petites boucles crêpées et symétriquement étagées , et la barbe par masse confuse et aiguë {capillum quo^ que et pubem non emendatius fecisse quant rudis antiquitas instituissei). La similitude est tellement frappante^ que je suis étonné que personne n'ait encore attribué à Myron les statues de la Glyptothèque. Il est vrai que Myron était tellement célèbre, que Pausanias n'aurait pas manqué de citer son nom à propos du Panhellénion ^ si cet artiste y avait en effet travaillé.
Dans notre explication du fragment de Pline., nous avons oublié un mot , celui par lequel il commence : Prinius. Que veut dire ce mot? Signifiet-il que Myron est le premier d'entre tous les Grecs qui ait substitué à l'unité des lignes de la statuaire primitive une variété et un nombre inconnus avant lui ? Mais les auteurs des frontons du Panhellénion avaient donné l'exemple du mouvement bien avant
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là guerre du Péloponèse^ au c^oiilttieneetnent dèlà^ quielie vécut Myron. Aussi tel ne me paraît pas être le âens réel de Tassertion d(s Plitie* N^oubliôns pan que pour lui et pour Rome éiitiète^ eommë pôUt* leA tûodernes bieti loug-teHips , Athènes était le centré d'une espèce de monarchie imaginaifé de la Grèee^ N'oublions pas que^ né dans un pays dtstlm et fof mé par des maîtres de cette l^ée, Mjfon Vint bercer «on art à Athènes^ et qu'il y reçut le droit de bourgeoisie. Ces faits né condiiisent^ilè pas à penSët* qu'il faut interpréter la phrase de Pline de la fha«tiière suivante : Myron est le premier qui ait mon^ tré à Athènes l'exemple d'une variété d'attitudes et de lignes qu'on n'y connaissait pas auparavant ?
Mais alors comment expliquera rt^tlh le rôle dé Phidias , qui , bien qu'il fût le eokltempôràiti de •Myfon , dut fleurir quelques années avant lui? Les HCulptures du Parthénon % qu'on attribue à Téeote <Ie Phidias , se divisent en trois parties distint>tëâ , la frise, les métopes et les frontons; Oh a t^àiaf*- <}Ué dans chaeuné dé ces parties dés diversités de tfiatiière> dont on n'a peut^tre point encore dt^hné tine explication suffisante. Lètt frontôUs et les métopes me paraissent appârtènii' à deux styles enHétement différents, dont il mé semble aUsl&i qu'on peut retrouver le contrasté dans la frisé. Je recbttttâîfe Volontiers dans cette frise , avec M. Otfriéd Mudler^ des traces de l'antienne école ftttique dnnl Phidias