RÉSUMÉ ET CONCLUSION
seroit l'union parfaite avec Dieu, ou Dieu reproduit selon tout ce qu'il est : de sorte que la tendance et la fin particulière de l'homme sont identiques avec la tendance et la fm générale de la Création. Le monde qu'il habite, résumé en lui, s'élève avec lui, et concourt, par les forces qu'il lui prête, à l'accomplissement de ses hautes fonctions, coordonnées à celles qu'exercent, en vertu des mêmes lois, d'autres êtres dans les autres mondes; car rien n'est isolé, tout gravite vers un centre commun et coopère à l'unité perpétuellement croissante. En notre état présent, nous n'en apercevons qu'une ombre. Confinés en un point de l'univers, à peine connoissons-nous quelques-unes des relations qui nous lient à l'ensemble des choses; mais nous savons que ces relations harmoniques existent, nous en concevons la nécessité ; et, dans le développement indéfini qu'implique notre nature, elles se découvriront à nos regards selon les invariables lois de l'ordre universel, à mesure que s'étendra, sous d'autres conditions organiques ou d'autres conditions d'espace et de temps, la sphère de nos fonctions, et par conséquent celle de notre puissance, de notre intelligence et de ûotre amour. Dieu n'a mis de bornes à ses dons que les bornes mêmes qui les rendent possibles, la limite inhérente à ce qui est fini et ne seroit point s'il n'étolt fini. Mais celte
limite éternelle éternellement fuira devant nous, semblable aux ombres qui se replient devant l'astre du jour, lorsque, émergeant à l'horizon, il monte et monte encore ; et notre grandeur est de sentir que, si l'expansion de notre être, au sein de l'Être de qui tout émane, est et sera toujours finie, elle n'a de terme que l'infini même.