OBSERVATION XVI
Thrombose de l'artère humérale consécutive à l'influenza. (Leyden, Société de médecine-interne, Berlin, avril 1892).
OBsERvATION X VIL (résumée)
Broncho-pneumonie grippale. — Oblitération de la pédieuse du côté droit qui fait craindre un moment la gangrène
(Boisramé Th., Paris, 1899)
G... Louis, entre à l'Hôtel-Dieu le 23 mars 1899.
Cet homme, grand alcoolique mais n'ayant pas d’antécédents personnels, est pris d'une grippe vulgaire.
Il est âgé de b1 ans.
A son entrée à l'hôpital, il se plaint de céphalalgie et douleurs
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musculâires. Anorexie. Un peu de constipation, T. M. 3802, T. V. 390,
Au cœur, rien de particulier.
Les artères radiales sont dures, les artères temporales flexueuses,
Le 26 mars, agitation extrème qui force l’interne de service à donner du chloral. C'est bientôt du délire véritable et cette période d’agitation dure 4 jours, tellement prononcée qu'on a dû lui mettre aux pieds et aux mains des entraves.
Le 30 mars, tous ces symptômes disparaissent et on considérait le malade comme convalescent, lorsque le 2 avril (17 jours) apparaissent des douleurs au niveau de son pied droit. L'examen de ce pied fit constater : 1° un abaissement notable de température ; 2° une diminution considérable des battements de la pédieuse de ce côté.
Le soir, sensation d’engourdissement et de fourmillements très désagréables, le gros orteil devient bleuâtre.
Le 5 avril, se dessine sur la face dorsale du pied, une tache rougeàtre, les battements artériels persistent encore, mais très faibles. On craint le sphacéle.
Peu à peu ces symptômes évoluent moins vers la guérison, à aucun moment, les battemenis de l'artère n’ont complètemént cessé.
Au moment de sa sortie le 16 avril, le pied est revenu à une coloration normäle.
Ce qu’il y a d’intéressant dans cette observation, c’est la marche même des phénomènes. En la relisant, il est facile de comprendre le processus probable, nous dirons même presque certain de l'affection.
Nous ne pouvons pas avoir eu affaire à une embolie, mais à un commencement d’inflammation de l'artère, pas assez forte pour provoquer la thrombose, mais assez cependant pour en diminuer lé calibre dans de grandes proportions, et diminuer ainsi la force des battements artériels.
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OBservaTION XVIII (Personnelle)
Grippe, — Broncho-pneumonie. — Artérite du pied gauche et gangrène consécutive
(Observation recueillie dans le service du Docteur Thoinot, Hôpital Saint-Antoine.)
L... B.., veuve T..., âgée de 55 ans, concierge, entre dans le service du Docteur Thoinot pour courbature, malaise, toux et fièvre.
Il y a déjà six semaines qu'elle se trouve souffrante ; pas d’antécédents héréditaires.
Comme antécédents personnels, elle a eu à 32 ans la fièvre typhoide, mais une fièvre bénigne.
A 42 ans, ménopause sans troubles et est restée depuis toujours bien portante.
Il y a six semaines, la malade a eu froid, et depuis cette époque tousse un peu, dans la semaine qui précède son entrée, elle a été atteinte par la grippe qui l’a forcée à s’aliter.
Le 12 février 1900, la malade a ressenti, dans le côté gauche, une violente douleur que quelques ventouses ordonnées par le médecin traitant ont réussi à calmer.
A son entrée à l'hôpital le 16 février, le diagnostic porté fut: grippe et bronc£o-pneumonie,
Dans la nuit du 21 février, la malade ressentit dans son pied gauche des fourmillements, des élancements et une sensation d’engourdissement très marquée et le lendemain matin son pied présenta des taches bleuâtres et noirâtres. |
On prescrivit l’enveloppement ouaté, et tandis que la chaleur céapparaissait au niveau des chevilles du pied, les téguments repreuaient leur coloration normale, le mal se localisait en s'accentuant au niveau des deux premiers orteils et de la face dorsale inter-métatarsienne.
À ce niveau, la malade ressent des douleurs atroces, lancinantes, que le moindre mouvement exaspère et qui n’ont pu être calmées que par dés injections de morphine,
nf LL,
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« À ce moment l’analyse des urines décèle la présence du sucre et de l’albumine. Mais la malade n'a rien qui puisse faire soupçonner ses antécédents au point de vue du diabète, elle accuse tout au plus un peu de polydipsie et de la polliakurie, Mais ce qui nous. porte à n'envisager que les phénomènes d'artérite c’est le caractère tout à fait passager de cette glycosurie puisque on n’a. trouvé du sucre qu’une fois.
Le 5 mars. — Etat général meilleur.
A l’auscultation. — Râles sibilants et muqueux dans le tiers moyen du poumon gauche. Rien au sommet.
Cœur normal. Pouls régulier.
Urines pâles et ne contenant plus d’albumine.
Les membres inférieurs qui sont variqueux présentent sur la face dorsale du t+° métatanien au niveau du 1°" espace une large plaque violacée.
Bientôt sur la face externe du 1°r espace intermétatarsien se montre une tache semblable.
Le gros orteil en entier et la face interne du deuxième orteil sont de coloration brunâtre. ; |
Les téguments du gros orteil sont. ratatinés, durs comme du: parchemin et légèrement translucides. Ces parties mortifiées sont limitées par un sillon rouge, finement frangé; la bande sphacélée, au niveau du premier espace se recourbe sur le bord interne du premier orteil à peu près au niveau de l’interligne métatarso-phalangien, sur la face plantaire à quelques millimètres ‘au-dessus du pli digital jusqu'au deuxième orteil elle détache toute la partie interne.
Ces parties mortifiées (1) sont froides, insensibles, par contre, il
(1) Ïl est à remarquer que le territoire mortifié répond exactement au territoire irrigué par l'artère interosseuse doïsale du premier espace qui d’après M. Poirier fournirait : 4° le tronc commun des collatérales dorsales du premier orteil et la collatérale dorsale interne du deuxième ; 2° le tronc commun des collatérales plantaires du gros orteil et la collatérale plantaire interne du deuxièmes
existe très nettement au-dessus d'elle une zone d'hypersethésie très marquée.
9 mars. Le sillon d'élimination se creuse de plus en plus, la malade qui n’a toujours pas de sucre est remise au régime ordinaire. Cette glycosurie transitoire semble bien devoir être rattachée à l'infection grippale.
45 mars. — Apparition de deux phlyctènes sur la bande mortifiée qui devient tout à fait noire. Pansement humide.
Le 25 mars. — Le sillon de plus en plus large est entouré d'une zone de bourgeons charnus. L’ongle commence à être atteint.
6 avril. — La malade souffre moins et à ce moment on cesse les piqüres. |
Sur une couche de bourgeons charnus, il ne reste plus au niveau du premier espace qu'un lambeau sphacélé se soulevant par places, brunâtre dessus, blanc dessous, que l’on détache et enlève avec des ciseaux. Le tendon extenseur du gros orteil est en partie découvert.
20 avril. — Tout le premier espace inter-métatarsien a l'aspect d'une plaie couverte de bourgeons charnus. Le gros orteil ne. tient plus que par les os. La face interne du deuxième montre aussi l’os à nu, jaunâtre, nécrosé.
. Tout le pied est œdématié et la périphérie de la plaie, tuméfiée reste très douloureuse à la pression.
- La malade accuse de nouvelles douleurs.
23 avril, — Sur la face interne du gros orteil on perçoit de la fluctuation et une incision donne issue à une petite quantité de pus.
24 avril. — Même état, la malade esi un peu soulagée.
Mai. — Pendant tout le mois de mai l’état des parties reste à peu près stationnaire, le deuxième orteil cependant tend peu à peu vers la guérison. Quant au premier il est tout à fait mobile, prèt à se détacher.
Juin. — Au commencement de juin la malade passe dans le service du docteur Moisan et là on pratique la résection de la tète du métatarsien en même temps que l’ablation de toutes les parties mortifiées du gros orteil.
Cette opération fut d'après la mal
ade suivie de f{rès violentes douleurs.
.15 juin. — La plaie marche lentement vers la
guérison et le pronostic que l’on peut poser est favorable.