‹ De L'Arthrotomie Dans Les Hydarthroses Du Genou (Dites Essentielles): Sa Valeur Diagnostique et ThérapeutiqueChapitre 37 sur 42 · OBSERVATION XV · texte numérisé non relu

OBSERVATION XV

Monsieur Fav... Claude, âgé de 46 ans, entre à l’hôpital Tenon, le 4 octobre 1935, pour une hydarthrose du genou gauche avec douleurs dans cette articulation.

Le début de ces accidents est assez ancien.

Il y a 10 ans, en 1925, crise de rhumatisme articulaire subaiguë, généralisée aux jambes et aux bras. Traitée par du salicylate de soude, elle dure environ 3 mois, très peu fébrile n’arrêtant le malade dans son travail que par moments. Puis la crise semble se localiser au genou dont le malade se plaint depuis cette première crise. Il souffre au moins 3 mois par an de son genou gauche qui présente des poussées d’hydarthrose à ces moments-là ; mais jamais ces crises ne sont violentes au point d'arrêter le malade dans son travail.

En 1925, il consulte son médecin : un B.-W. est pratiqué : négatif.

En 1927 nouveau B.-W. également négatif. On lui suppose une syphilis sur la vue d’une cicatrice siégeant au niveau du 1/3 supérieur de la face antéro-externe de la jambe droite. Le médecin consulté à cette période aurait découvert alors une Aortite Syphilitique jamais retrouvée depuis.

En 1929, nouvelle crise légère étiquetée rhumatisme, au cours de laquelle il présente une paralysie légère des doigts de la main droite. Paralysie des fléchisseurs (?).

Traitement : Salicylate de soude.

En 1931, comme il souffre toujours de son genou gauche, douleur légère à la marche, parfois sensation de faiblesse dans la jambe, il vient consulter à Tenon où après réactivation, on pratique uh B.-W. qui se montre à nouveau négatif. Une radiographie de l’Aorte infirme le diagnostic précédemment posé d’Aortite,

Pierre Derieux. | k

SRE

À partir de 1932, il souffre de plus en plus de son genou gauche.

En 1934, deux radiographies du genou ne montrent absolument rien d’anormal. Un traitement anti-syphilitique institué à ce moment n’amène aucune amélioration.

C’est l’accentuation des phénomènes douloureux et la persistance de l’Hydarthrose du genou qui décident Île maladie à se faire hospitaliser à T'enon le 4 octobre 1935.

En résumé : Ce malade après une première crise à type de rhumatisme articulaire subaigu s’est mis à souffrir de son genou gauche à la marche, mais pas assez pour l'arrêter jamais dans son travail.

Examen : Genou à peu près normal à l’inspection avec, cependant, une lécère Hydarthrose à la palpation. Grosse atrophie du quadriceps. La palpation révèle un point douloureux au niveau du plateau tibial externe avec légère sensation de fongosités synoviales. L'étude des mouvements montre un très léger mouvement de tiroir, pas de mouvements de latéralité. L’hyperextension n’est pas douloureuse, mais l’hyperflexion réveille une douleur au niveau du plateau Tibial externe.

Le reste de l’examen de ce malade est entièrement négatif.

Opération le 10 octobre — Schleich.

Incision de Gernez. Synoviale très exubérante, villeuse, avec des points blancs au sommet des franges (?) Synovectomie presque totale. Il n’y a pas de lésion des Épines Tibiales ; les ligaments croisés tiennent bien, mais toute la région est rouge. Petite trépanation de la surface préspinale antérieure du Tibia : Ostéoporose. Prélèvement. Suture aux catguts de la Synoviale. Crins sur la capsule. Plâtre. Suites excellentes.

Examen histologique de la synoviale : Grosse hyperplasie tenant surtout à un état œdémateux du stroma sans hyper-

plasie notable du revêtement endothélial. Presque pas de lésions inflammatoires ; très nombreux vaisseaux.

Examen histologique de la trépanation osseuse : Os à peu près normal. Cependant quelques petits nodules inflammatoires.

Un cobaye fut inoculé le 10 octobre avec un broiement de synoviale : le 5 mars, cobaye bien portant ; remis en circulation.

En janvier 1936 : pas de limitation des mouvements, atrophie musculaire diminuée.

Étant local et général parfait ; le malade est très content.

Et pourtant quelques mois après, le malade revient porteur d’une hydarthrose du genou droit, tendue et douloureuse, apparue trois semaines auparavant. [l n’y a pas d’atrophie musculaire ; pas de dislocation articulaire. L’étiologie de ces épanchements est toujours aussi mystérieuse. Une ponction du genou est pratiquée : présence de nombreux polynucléaires et de quelques lymphocytes. (100 Poly. pour 15 Lymphocytes).

Absence de microbes.

Du côté opposé à gauche, c’est parfait. Tous les mouvements du genou sont possibles, pas d’atrophie musculaire, pas de douleurs, genou parfaitement sec.

Intervention : le 7 octobre 1936 :

Anesthésie générale au Schleich.

Incision de Gernez, interne.

Arthrite villeuse avec des points blancs chondroïdes au sommet des franges (comme en 1935). Épanchement séreux assez abondant. Les ligaments paraissent intacts. Sur Ja face postérieure de la rotule, chondromalacie très marquée. Synovectomie facile aussi complète que possible. Curettage énergique de la face postérieure de la rotule.

Suture. Plâtre.

Des ensemencements sur milieu divers des fragments

LE RRE,

de la synoviale n’ont pas poussé : même sur milieu de Lowenstein.

. En 1938 : Récidive d’Hydarthrose du côté gauche sans épaississement synovial notable. Traitement anti-syphihtique comme ces dernières années, n’a donné aucun résultat. ,

Revu en décembre 1938 pour un kyste poplité à la face postérieure de la cuisse ; on voit là la cause de la récidive de l’hydarthrose gauche.

Le 15 décembre : Anesthésie générale au Schleich.

Incision longue postérieure médiane, tout de suite le Kyste poplité apparaît entre les muscles ischio-jambiers, internes et externes. Il est séparé avec soin du tronc du Sciatique qui est en dehors. Poursuivi, ce kyste se termine sans communiquer apparemment avec la bourse du demimembraneux. Ponctionné il ne donne presque rien. Il est cloisonné.

On passe alors à la dissection de la poche profonde ; elle est située en dedans du jumeau interne. Elle est collée à la coque condylienne à travers laquelle elle communique avec l'articulation sous le tendon réfléchi du demi-membraneux. Il s’agit d’un kyste à parois minces Lobulé.

Pièces : Kystes cloisonnés à parois minces ici, épaisses là.

Examen histologique : Inoculation au Cobaye du liquide de ponction, du broiement de la Synoviale.

Cobayes bien portants au bout de 2 mois.

Ensemencement négatif.

Histologie : Mêmes lésions sur la bourse séreuse qu’au niveau de la synoviale lors des précédents examens.

Page 1