OBSERVATION XIX
Monsieur D..., âgé de 42 ans, vient consulter le Dr Mou- LONGUET, le 13 Janvier 1930 pour une Hydarthrose du genou droit datant de 1925, sans cause étiologique connue, Cette Hydarthrose qui avait subi des poussées et des rémissions jusqu’en 1927 devient alors presque continue, mais surtout. réveillée par la marche.
ss
Vie
Pas de phénomènes douloureux brusques, sauf aux semaines dernières, mais précisément après cette crise aucune poussée d’hydarthrose.
. Examen : Hydarthrose peu tendue.
Culs de sac synoviaux non indurés non épaissis.
Atrophie musculaire. faible.
Pas de ganglions inguinaux.
Mouvements de flexion légèrement limités.
Au palper du genou : saillie très nette du rebord fémoral interne contre l’interligne ; on se demande s’il ne s agit pas d’un enchondrome où d’un ménisque ossifié.
À la radiographie : Arthrite chronique débutante.
Le 20 janvier 1930 : Mème état ; un Bordet- Wassermann est pratiqué dans le sang, la réaction est négative.
Aucune trace de spécificité viscérale.
Le 4 février 1930 : Arthrotomie interne assez longue pour permettre la luxation rotulienne, mais non son retournement. :
Épanchement séreux abondant. Synoviale un peu rouge, pas très végétante. Lésions d’arthrite sèche très nette chémosis synovial, destruction parcellaire du cartilage, enchondrome du rebord interne de la trochlée. Il ne paraît pas possible de traiter ces lésions. Il n’y a ni corps étranger, ni lésion méniscale, n1 frange synoviale exubérante.
Pas de lavage . Prélèvement du liquide et des fragments synoviaux pour examen. On compte sur la vaso-dilatation post-opératoire pour améliorer la trophicité osseuse. Fermeture sans drainage.
Suites opératoires : Réaction fébrile avec chute: en lysis depuis 3895.
Les examens de laboratoire ont tous été négatifs.
Le 3 mars 1930 : Genou sec. Atrophie musculaire moins nette. Mouvements encore limités.
Le 2 juin 1930 : Excellent état local ; genou absolument
PEY- prurs
sec. Mobilité parfaite. Atrophie musculaire résiduelle : 2 cm. 1/2. Sohdité parfaite sur le genou.
Le 28 octobre 1930 : Fait du saut en longueur, ne ressent rien. Atrophie : { cm. 1/2.
Le 20 décembre 1930 : Articulation absolument normale ; marche, court, saute comme s’il n’avait jamais présenté aucune atteinte du genou.
Huit ans après, le malade, à une demande écrite de nouvelles, répond une lettre enthousiaste.
«€ Depuis huit ans, dit-il, que j’ai été opéré, je n’ai plus € jamais présenté d’hydarthrose du genou, jamais plus je « n'ai souffert. Mon genou est actuellement aussi fort que « l’autre. Je fais chaque matin une vingtaine de kilomètres « à bicyclette sans aucune fatigue. »