‹ De l'Arthrotomie et de la Réduction à Ciel Ouvert dans les Luxations Non Réduites du CoudeChapitre 15 sur 23 · CHA Â TES · texte numérisé non relu

CHA Â TES

laquelle le choc porta sur la paume de la main; immédiatement après, douleur vive avec impossibilité de fléchir l’avant-bras sur le bras, et bientôt suivie d’une tuméfaction considérable. Le mem bre fut immobilisé en quart de flexion, et le malade fut maintenu en appareil pendant trente jours. Au moment où l'appareil fut enlevé, tout gonflement avait disparu, mais les mouvements de flexion de l’avant-bras étaient absolument impossibles.

L'examen du coude, quarante-deux jours après l’accident, me permit de constater les lésions suivantes :

L'olécrâne faisait en arrière une saillie très prononcée; il se trouvait à 2 centimètres au-dessus de la ligne menée de l’épitrochlée à l'épicondyle. De plus, on pouvait très nettement sentir avec le pouce une portion de la cupule radiale, qui avait abandonné le condyle huméral, et qui roulait sous le doigt dans les mouvements de pronation et de supination. Une luxation du coude en arrière et en dehors paraissait donc évidente, et, vu l’ancienneté de la lésion, je conseillais l'intervention sanglante et la réduction à ciel ouvert après arthrotomie.

Désirant que cette opinion fût contrôlée, je priais le blessé de prendre l’avis du professeur Ollier, qui confirma le diagnostic et approuva l'opération. Celle-ci fut pratiquée le 20 mai 1892,

Après avoir anesthésié le malade à l'éther, je pratiquai sur la face externe du inembre l’incision en baïonnette d'Ollier, et pus ainsi parvenir aisément sur les extrémités osseuses, après section des tissus fibreux profonds.

À ce moment apparut, entre les lèvres de la plaie, une portion de la cupule du radius (le quart environ) qui avait été arrachée. Avec la pince et les ciseaux, il fut facile de l'enlever; de même, les tissus fibreux de nouvelle formation sont excisés.

Des traclions exercées alors sur l'avant-bras restèrent sans résultats pour obtenir la réduction; on ne parvenait pas à ramener l'apophyse coronoïde au-dessous de la surface articulaire de l'humérus, probablement par suile d’une rétraction du triceps exerçant son action sur l’olécrâne.

Un levier métallique fut alors insinué entre l'extrémité inférieure de l’humérus et l’apophyse coronoïde, et, en abaissant forte-

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