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les bandes, on ne se servira en oculistique que d'objets de pansement vierges, n'ayant jamais servi. On ne concevrait pas une économie de bouts de chandelles de cette espèce.
Le bacille de la tuberculose, quoique plus résistant que les coques, succombe infailliblement à une action un peu prolongée de la vapeur d'eau à 100". Et pour ce qui est d'autres bacilles (à sporulation?) pouvant produire une infection, ils n'entrent guère en ligne de compte.
D'autre part, l'expérience acquise dans les services de chirurgie, et surtout en chirurgie oculaire, démontre que la stérilisation par la chaleur humide à 100°, continuée pendant un quart d'heure à une demi-heure, suffit pour aseptiser suffisamment nos pièces de pansement. Il suffit d'avoir conscience des limites mises à nos procédés de désinfection, et d'employer des précautions spéciales dans les cas exceptionnels oii l'on aurait à craindre par exemple le microbe de la gangrène gazeuse. Des précautions un peu plus spéciales, mais moins radicales (désinfection pendant trois quarts d'heure à une heure), seront également de mise lorsqu'on doit craindre les germes de la tuberculose.
La stérilisation par la vapeur d'eau saturée à 100° environ, s'obtient en faisant bouillir de l'eau de façon à ce que la vapeur passe dans l'espace clos d'une étuve, d'oii elle chasse l'air par une ouverture qui constitue également une sortie pour la vapeur d'eau. La vapeur d'eau est de cette manière en mouvement continu, elle est fluente, ce qui favorise énormément sa pénétration dans les tissus, et rend inutile notamment Véclusage, la chasse, qu'on obtient en interrompant l'écoulement de la vapeur, et qui est nécessaire avec la vapeur saturée à haute pression. Les étuves qui réalisent cette désinfection ont sur les autoclaves (qui désinfectent par la vapeur saturée sous tension) de nombreux et importants avantages pratiques. Ce sont des instruments peu chers, dont le maniement, très simple, peut être confié en quelque sorte au premier venu, alors que le maniement de l'autoclave demande une surveillance très intelligente. L'acquisition et le maniement de ces étuves est à la portée du praticien le plus modeste, ce qu'on ne pourrait pas dire de l'autoclave.
D'après de nombreuses expériences et l'observation clini-
que, une demi-heure de stérilisation à l'aide d'un tel appareil à bon fonctionnement est suffisant pour désinfecter les pièces de pansement, y compris les bandes roulées et môme les objets plus gros, tels que des essuie-mains et des sarraux en toile.
Seulement, l'appareil doit, à cet effet, réaliser certaines conditions.
11 faut surtout que la vapeur pénètre dans l'étuve par le haut. 11 s'entend de soi-même que l'eau bouillante doit ne pas se trouver dans l'espace stérilisateur: lors de l'ébuUition elle serait projetée sm-les pièces à stériliser et les mouillerait tout à fait.
L'espace générateur de la vapeur ne doit donc communiquer avec l'espace stérilisateur que par l'intermédiaire d'une tubulure, et celle-ci doit y pénétrer par le haut. L'air est plus lourd que la vapeur d'eau, et lorsque celle-ci pénètre par le bas, elle s'élève immédiatement à travers les couches d'air refoulées latéralement, et apparaît d'emblée à une ouverture d'échappement ménagée dans le couvercle. Dans ces circonstances, l'air tarde beaucoup avant d'être chassé de l'espace, et c'est de ce moment seulement que la stérilisation commence dans tous les recoins. Au lieu que si la vapeur arrive par le haut et s'échappe parle bas, toute la masse d'air baisse progressivement, et dans son ensemble, à peu près comme une masse liquide qui s'écoulerait par le bas. La vapeur n'apparaît à l'ouverture d'écoulement que lorsque tout l'air s'est échappé.
Il faut éviter de mouiller réellement les objets de pansement. Il ne suffit pas, à cet effet, de séparer l'espace générateur de la vapeur avec l'espace stérilisateur. Si la vapeur arrive en contact avec les objets à stériliser se trouvant aune basse température, elle se liquéfie et se précipite sur ceux-ci jusqu'à ce que leur température soit élevée à 100° ; et cela suffit souvent pour les tremper tout à fait. On y remédie en chauffant ces objets avant de les exposer à la vapeur. Il reste cependant toujours une certaine moiteur des objets désinfectés, qu'on fait disparaître en exposant les pièces à un courant d'air sec et chauffé.
L'industrie offre aujourd'hui plusieurs appareils réalisant ces desiderata, réunissant notamment en un seul la désinfection et la dessiccation, suivant la recommandation de Four-
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nie (1). Nous nous servons d'une étuve d'Ostwalt F. (2), dont la forme est un parallélipipède, à double parois. Une porte latérale donne accès à son intérieur, ce qui est préférable à l'ouverture par en haut. Un jeu de vis très simple fait arriver sur les pièces à désinfecter à volonté, soit de l'air chaud, soit de la vapeur saturée à 100» environ. La vapeur qui s'échappe est absorbée par de l'eau froide, et ne se répand pas dans l'appa.rtement. Nous faisons passer la vapeur pendant une demi-heure, puis l'air sec et chaud pendant un quart d'heure.
Les objets sont poussés dans l'étuve dans des corbeilles de fil de laiton. On attend pour les enlever que le tout soit refroidi, pour éviter les courants d'air (entraînant éventuellement des germes) dans l'espace clos, par suite du refroidissement brusque. Rien ne s'oppose du reste à laisser dans l'étuve les objets désinfectés. Pour les conserver, on peut porter ces objets par exemple dans un<îristallisoir préalablement désinfecté par un agent chimique. Une excellente précaution à prendre, c'est de mettre, suivant la recommandation de M. Landolt, dans des sachets de papier buvard des plumasseaux d'ouate et de gaze, et de désinfecter le tout. On ouvre les sachets au moment de se servir de leur contenu. On est ainsi à l'abri de toute contamination résultant du transport. Une bonne précaution à prendre aussi, sur le conseil de Fournie, c'est de mettre les pièces à stériliser dans des récipients en métal avec ouvertures en haut et en bas : on ferme les ouvertures après la désinfection du tout, et on conserve ces récipients pour ne les ouvrir qu'au moment de se servir de leur contenu. Us sont notamment très transportables. L'expérience a prouvé qu'avec ces récipients, la désinfection est complète au bout de trois quarts d'heure.
Pour ce qui est de la désinfection des fils, des mains de l'opérateur, des éponges (usitées pour certaines opérations seulement) etc., pour tout ce qui est relatif à la salle d'opérations, nous renvoyons aux traités chirurgicaux.
Nous croyons devoir ajouter quelques mots encore relatifs à l'eau stérilisée, et surtout aux collyres aseptiques.
Dans les opérations de tout genre, et surtout dans celles
(1) Fournie, Lyon médical, 1888, 15 avril.
(2) OsTWALT F. .Berlin. Klin. Wochenschr., 1888, n° 55.
où l'on ouvre largement le globe oculaire pour toucher au système cristallinien et au corps vitré, on ne devra se servir, pour les lavages, que d'' eau stérilisée ^ ou au moins d'eau aseptique. A cet effet, Pébullition est un moyen trop efficace et trop facile à mettre en pratique pour qu'on puisse se dispenser de s'en servir. L'eau distillée, telle qu'on nous la livre, n'est jamais stérile ; souvent elle n'est pas même aseptique. Une eau stérilisée s'infecte d'ailleurs aisément, de sorte que. les opérations graves surtout imposent l'obligation de désinfecter chaque fois à nouveau. Les traités généraux donnent tous les renseignements voulus sur la manière d'y procéder, et sur la désinfection des réservoirs destinés à contenir l'eau stérilisée. — Nous saisissons l'occasion pour relever à nouveau les avantages que la solution physiologique de chlorure de sodium (6 à 7: iOOO) présente sur l'eau pure, et qui doivent la faire préférer chaque fois qu'il s'agit d'inonder ou de laver un œil largement ouvert par un acte opératoire.
La question de l'asepsie des collyres (de cocaïne, d'atropine, d'ésérine), que pour divers motifs on instille dans le sac conjonctival avant, pendant et surtout après l'opération (de cataracte notamment), cette question mérite une attention spéciale. Fraîchement préparés avec de l'eau distillée, ces collyres sont loin d'être stériles ; ils peuvent même renfermer des microbes produisant de la suppuration. Ceux-ci y seront introduits infailliblement par l'usage (mains de l'opérateur, contact de la pipette avec les cils, les larmes, la conjonctive etc.), et s'y multiplieront, malgré le faible pouvoir antibactéridien dont paraissent jouir certains des alcaloïdes dissous dans ces collyres. Il faut donc compter sérieusement avec une infection de la plaie avant, pendant, et surtout après l'opération, par l'intermédiaire du collyre instillé. Depuis quelques années déjà, on a essayé de tarir cette source d'infection, en ajoutant aux collyres des substances antiseptiques en quantité assez faible pour ne pas irriter l'œil. Le sublimé corrosif, dans la concentration de 1 sur 5.000 à 10.000, est souvent employé à cet effet. Le cyanure de mercure (1 sur 2000 à 3000) se recommande également, malgré ses propriétés toxiques extrêmes.
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Nous n'avons qu'à renvoyer aux pages précédentes pour faire voir qu'il ne faut pas avoir une confiance absolue clans l'efficacité de ce moyen, et surtout dans son efficacité rapide. Dans la concentration de 1 sur 5000 à 10.000, le sublimé empêche certainement la multiplication des microbes pathogènes, ce qui est déjà un grand avantage. Mais il ne saurait guère les tuer sûrement, ni surtout les tuer rapidement. M. Francke (1), qui a fait des recherches très consciencieuses sur la stérilisation des collyres, a trouvé qu'il faut au sublimé ainsi dilué un et même plusieurs jours pour aseptiser quelque peu les collyres. Pour réaliser rapidement et sûrement l'asepsie d'un collyre, il faut combiner l'action de la chaleur avec celle des substances antiseptiques, ajouter ces derniers au collyre préalablement bouilli. Lors des opérations qui nécessitent l'ouverture de l'œil, il faut en quelque sorte bouillir le collyre chaque fois à nouveau, pour peu qu'on ait des raisons de soupçonner qu'il soit venu en contact (par l'intermédiaire d'une pipette p. ex.) avec un corps contaminé. Le réservoir (en verre) et la pipette ou le compte-gouttes devront eux aussi être soumis à une désinfection radicale, le mieux dans l'eau bouillante. Si on se sert d'une pipette avec un chapeau de caoutchouc, elle devra être construite de manière que ce dernier n'arrive pas en contact avec le liquide, puisque le caoutchouc ne supporte pas la désinfection radicale parla chaleur. — Pour tous ces motifs, on a recommandé de conserver les collyres dans de petites bouteilles ou ballons en verre soufflé, ce qui permet de chauffer àl'ébullition le collyre dans son réservoir. M. Michel emploie de ces bouteilles permettant d'aseptisèr du môme coup, par une seule ébullition, et le réservoir, et la pipette, et le collyre.
Certes, dans bon nombre de circonstances, on pourra sans inconvénient relâcher quelque peu la rigueur de ces préceptes ; mais cela n'est pas permis à propos des opérations pratiquées sur le système cristallinien et sur levilreum. En général, on ne perdra pas de vue que l'addition de substances antiseptiques aux collyres, en quantités assez faibles pour ne
(1) Francke, loc. citât.
pas irriter l'œil, ne produit pas d'effet microbicide bien énergique, ni rapide surtout, mais que c'est là un excellent moyen pour empêcher la puUulation des microbes dans les collyres, et pour maintenir l'asepsie des collyres réalisée par d'autres moyens, l'ébullition étant à cet elTet le moyen pratique par excellence.
Imp. G. Saint-Aubin et Ttievenol, Saint-Dlzler (Haute-Marne) 30, passage Verdoau, Paris.